50 semaines de prison pour Julian Assange

©AFP

Accusé de violation de ses conditions de liberté provisoire et délogé de l'ambassade équatorienne, Julian Assange risquait de 3 mois à 1 an ferme.

Julian Assange a été condamné à 50 semaines de prison par un tribunal londonien. L'Australien de 47 ans est accusé de violation de ses conditions de liberté provisoire, après s'être réfugié pendant sept ans dans l'ambassade d'Équateur à Londres.

"J'ai fait ce que je pensais être le mieux à l'époque, et peut-être l'unique chose à faire".
Julian Assange

"Je m'excuse sans réserve auprès de ceux qui estiment que je leur ai manqué de respect", a déclaré Julian Assange dans une lettre lue au tribunal par l'avocat avant le verdict, expliquant "regretter" la tournure qu'ont pris les événements. "Je me suis retrouvé aux prises avec des circonstances terrifiantes pour lesquelles ni moi ni ceux auprès de qui j'avais demandé conseil ne pouvions trouver de solution. J'ai fait ce que je pensais être le mieux à l'époque, et peut-être l'unique chose à faire".

Son avocat Mark Summers a déclaré qu'il avait agi par "peur" d'être extradé vers les Etats-Unis, réclamant des circonstances atténuantes pour son client à la situation "différente et inhabituelle".

Mais pour la juge Deborah Taylor, en se "cachant délibérément dans l'ambassade" d'Equateur, Assange a "exploité (sa) position privilégiée pour faire fi de la loi". Quant à la demande d'extradition américaine doit être examinée jeudi par le tribunal de Westminster.

Assange est arrivé poing levé, barbe rasée, dans un fourgon de police sous les cris de "Honte au Royaume-Uni" ou "Honte à l'Equateur qui a vendu Assange pour de l'argent" lancés par ses soutiens.

Après sa condamnation, une vingtaine de ses partisans, présents dans la salle d'audience, ont crié "Honte à vous" aux juges. "Libérez Assange", scandaient d'autres partisans à l'extérieur de la salle.

©REUTERS

 

L'affaire Assange

Julian Assange avait obtenu l'asile dans l'ambassade d'Équateur en 2012. Objectif: éviter de devoir se présenter à la justice britannique et d'être extradé vers la Suède où il est accusé de viol, un dossier depuis classé. Il a été délogé le 11 avril de l'ambassade par la police britannique et présenté le jour même à la justice qui l'avait reconnu coupable.

Le fondateur de WikiLeaks s'est fait connaître du grand public en 2010 avec la publication des centaines de milliers de documents secrets américains. L'homme est inculpé aux États-Unis "d'association de malfaiteurs en vue de commettre un piratage informatique". Il affirmait craindre une condamnation à mort pour la publication de ces documents secrets. C'est ce qui lui avait valu la protection de l'Équateur qui avait accepté de l'héberger au sein de son ambassade à Londres.

En Suède, il fait l'objet d'un mandat d'arrêt européen pour viol et agression sexuelle.

Mi-avril, Assange avait donc été arrêté dans l'ambassade équatorienne. Sa naturalisation équatorienne lui avait aussi été enlevée. La Justice britannique lui reprochait le non-respect des conditions d'une liberté conditionnelle, dans le cadre d'une demande d'extradition formulée par la Suède pour les accusations de viol.

Il risquait de trois mois de prison à un an ferme, en attendant que la Justice suédoise décide, ou non, de rouvrir les deux enquêtes.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés