A Dresde, la mobilisation têtue d'une extrême droite en colère

©REUTERS

Après deux nuits de débordements et de ratonnade à Chemnitz, c’était au tour de Dresde, ce mardi, de mobiliser son extrême droite contre l’immigration. Angela Merkel dénonce.

La tension ne retombe pas en Allemagne après la mort samedi d’un Allemand de 35 ans, poignardé lors de la fête locale de Chemnitz, en ex-RDA, par deux réfugiés irakien et syrien, selon les premiers éléments de l’enquête. Après deux nuits de débordements et de ratonnade à Chemnitz, c’est au tour de Dresde de mobiliser son extrême droite, en soutien de la victime de Chemnitz.

"Cette presse mensongère qui diabolise l’extrême droite et encourage Merkel à ramener toujours plus de réfugiés dans le pays!"
Heiko Müller
membre de l’AfD

Ils sont peu nombreux, une centaine tout au plus, à s’être réunis à partir de 15h au pied du parlement régional de Dresde. Là même où le parti d’extrême droite AfD "doit arriver au pouvoir l’an prochain, à l’issue des prochaines élections régionales", selon les vœux de Roland. Ce comptable de 54 ans, cheveux plaqués, t-shirt blanc et lunettes de soleil sur le nez, est présent à toutes les manifestations de l’AfD depuis deux ans et demi, "excédé par tous les avantages dont bénéficient les réfugiés, quand nous n’avons rien. Un Allemand qui a travaillé toute sa vie doit se contenter de 400 euros par mois pour vivre. C’est ce qu’eux reçoivent comme argent de poche", assure-t-il. "Prenez une famille de Syriens: le père, la mère et deux enfants. Lui touche 400 euros par mois, elle aussi, les enfants 200 euros chacun, plus un logement gratuit, chauffage, cuisine intégrée, et assurances compris. C’est de la folie, de la folie!"

Devant le parlement régional, Roland est rejoint par une vieille connaissance, Heiko Müller, 52 ans, lui aussi membre de l’AfD. Il était la veille à Chemnitz. "Je sais donc de quoi je parle. La presse a parlé de saluts nazis dans la manifestation. Ce sont des mensonges. Comme par hasard, partout où la chaîne de télévision ZDF se déplace, on retrouve le même provocateur qui fait le salut hitlérien…" Et d’enchaîner sur "cette presse mensongère qui diabolise l’extrême droite et encourage Merkel à ramener toujours plus de réfugiés dans le pays!"

©AFP

La police surveille la scène à distance. Sur l’Elbe, le fleuve qui s’étire paisiblement face à la coulisse saisissante qu’offre la ville reconstruite après la Seconde guerre mondiale, patrouille un bateau des services de sécurité. À l’autre bout de la place, l’université de Dresde a mobilisé quantité d’étudiants et d’activistes de gauche. L’ambiance est plutôt bon enfant, contrairement à ce qui s’est passé à Chemnitz au cours des derniers jours. À Dresde, la ville où le mouvement anti-islam continue de mobiliser tous les lundis soirs depuis 2014, le regroupement d’extrême droite s’est déroulé dans le calme.

À Berlin, la classe politique s’est enfin saisie, ce mardi, du dossier de l’extrême droite. Angela Merkel, qui avait fait condamner les ratonnades de samedi par son porte-parole, a cette fois pris personnellement la parole pour dénoncer "des actes odieux".

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