reportage

À Ischgl, seuls les canons à neige troublent le silence

©© Thomas Kakalik

Foyer important du virus, l’Ibiza des Alpes a été stigmatisé en Wuhan européen. Ce village, qui vend chaque année pour 300 millions d’euros de schnaps et de forfaits de ski, attend aujourd’hui l’ouverture des stations. Impatiemment.

Au Kitzloch, les murs sont encore imprégnés de l’odeur du café et d’un mélange de sueur et de fumée, comme si, la nuit précédente, on avait encore fêté et dansé sur les tables en bois. Mais le dernier verre de bière à avoir été servi ici et le dernier "schlager" (style de musique populaire, NDLR) datent d’un an, lors de cette semaine fatale qui a fait de ce temple de l’après-ski, avec ses auvents rouges et blancs, le bar le plus célèbre d’Europe. Depuis lors, les haut-parleurs se sont tus et les pompes à bière se sont taries. Les tabourets sont posés à l'envers sur le comptoir, et derrière, une étagère avec des bouteilles de schnaps nous rappelle le bon temps.

Début mars 2020, les choses ont mal tourné. Alors qu’Ischgl (Prononcez Ichgul) regorgeait de passionnés de sports d’hiver étrangers, et que ce curieux coronavirus sévissait dans l’Italie du Nord voisine, un barman du Kitzloch – qui a sans nul doute servi des centaines de personnes – s’est retrouvé contaminé. Le bar a été fermé, mais le village a continué à faire la fête pendant plusieurs jours. Lorsque la gravité de la situation est devenue évidente, toute la vallée de Paznaun a fermé ses portes, paniquée, et des milliers de touristes ont ramené le virus chez eux. Dans les semaines qui ont suivi, des clusters ont éclaté dans toute l’Europe et au-delà – de la Norvège à la Belgique en passant par les États-Unis – et ont pu être attribués à des skieurs de retour du village tyrolien.

"Sommes-nous le Ground Zero de la crise du coronavirus en Europe? Je trouve que c’est une mauvaise comparaison. Nous avons simplement joué de malchance."
Bernhard Zangerl
Propriétaire du bar Kitzloch où tout a commencé.

De nombreux doigts accusateurs se sont pointés vers Ischgl et le bar Kitzloch, considérés comme le berceau de la catastrophe qui a bouleversé nos vies, mais Bernhard Zangerl n’en a pas perdu son sourire enfantin. Âgé de 26 ans à peine, le propriétaire du bar – et héritier d’une des grandes familles de l’horeca du village – ne se laisse pas abattre. "Sommes-nous le Ground Zero de la crise du coronavirus en Europe? Je trouve que c’est une mauvaise comparaison. Nous avons simplement joué de malchance. Toute personne sensée sait aujourd’hui qu’il s’agit d’une pandémie. Nous avons joué le rôle de super contaminateurs, mais Ischgl ne peut être tenue comme responsable de chaque infection."

Bernhard Zangerl ©Jan Hetfleisch / Isgchl

Je discute avec Zangerl. À l’extérieur, le ciel est bleu, la vallée et la montagne sont recouvertes d’une épaisse couche de neige fraîche. C’est le type de condition que les skieurs adorent, mais à cause d’un strict confinement, Ischgl est un paradis oublié qui ressemble davantage à un village fantôme après une attaque de zombies qu’à l’Ibiza des Alpes. En temps normal, le Kitzloch, situé au pied du Pardatschgratbahn qui amène les skieurs au sommet de la montagne, devrait être noir de touristes en tenue de sports d’hiver, bercés au son d’une musique habituellement insupportable, mais qui devient miraculeusement tolérable au-dessus de 1.000 mètres d’altitude et après de nombreuses Grossen Bier et Jägermeister qui dominent la carte du Kitzloch. "L’après-ski est une atmosphère particulière", sourit Zangerl. "Tout le monde semble l’apprécier, je ne sais pas vraiment pourquoi."

700.000
belges
Viennent chaque année dévaler les pentes de la station de ski autrichienne.

Les fous de ski, dont plus de 700.000 Belges qui partent chaque année à la montagne, ont dû ronger leur frein cet hiver. Tout le monde ici craint un nouveau déraillement et aujourd’hui, la prudence l’emporte sur l’hospitalité tyrolienne.

Après le fiasco de mars 2020, Ischgl souhaite reprendre ses activités au plus vite. Les intérêts financiers sont très importants pour les 4.000 domaines skiables des Alpes, mais surtout pour l’Autriche, de loin le numéro un mondial du ski, avec 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Dévaler les pentes sur des lattes n’est pas uniquement une question de plaisir, mais aussi un pilier économique important. Pour situer le poids du secteur, le magazine The Economist a fait la comparaison suivante: l’industrie du ski est à l’Autriche ce que le secteur automobile est à l’Allemagne – le pays des BMW, Daimler et Volkswagen – à savoir qu’ils représentent entre 4 et 5% du PIB de ces deux pays.

"Nous n'allons tout de même pas dire à la France si elle peut ou non rouvrir le Louvre, n'est-ce pas ?"
Elisabeth Köstingern
Ministre autrichienne du Tourisme, mécontente des directives européennes de fermeture des stations de ski

Il ne faut donc pas s’étonner que l’Autriche se soit opposée avec virulence – mais en vain – à la demande des autres pays alpins de maintenir les remontées mécaniques fermées jusqu’à nouvel ordre. Lorsque la France, l’Allemagne et l’Italie ont mis la pression, Elisabeth Köstingern, la ministre autrichienne du Tourisme a rétorqué: "Nous n’allons tout de même pas dire à la France si elle peut ou non rouvrir le Louvre, n’est-ce pas ?" La solidarité entre les pays concernés en a pris un coup. La Suisse n’a rien voulu savoir et est le seul pays à avoir ouvert ses pistes. Avec les règles de quarantaine très strictes pour les touristes de retour au pays et des contrôles aux frontières, la plupart des pays européens, dont la Belgique, déconseillent fortement les vacances de ski.

Ischgl était l'endroit parfait pour la propagation d’un virus: un village compact d’à peine 1.500 habitants, qui accueille au pic de la saison de 15.000 à 20.000 touristes originaires de 45 pays.

Pauvre hameau agricole

Ischgl – dont la devise est "Relax. If you can…" – fut toujours un endroit parfait pour la propagation d’un virus. Il s’agit d’un village compact d’à peine 1.500 résidents permanents, qui accueille au pic de la saison d’hiver pas moins de 15.000 à 20.000 touristes originaires de 45 pays. Ils viennent pour les sports de plein air, mais passent aussi beaucoup de temps à l’intérieur, entassés dans les télécabines, les bars et les restaurants. Après quelques jours, tout au plus une semaine, ils se dispersent à nouveau sur la planète. Cela ne vaut pas uniquement pour Ischgl, mais aussi pour les autres stations de ski dans les Alpes et aux États-Unis.

Il y a deux générations, la célèbre station n’était encore qu’un pauvre hameau agricole. Aujourd’hui, Ischgl est un des lieux les plus recherchés du tourisme mondial. Grâce aux vols à bas prix, les amateurs de ski viennent de contrées de plus en plus éloignées pour s’adonner à leur passion et profiter des 240 km de pistes enneigées et des divertissements offerts. Le village est heureux de les accueillir, car chaque client dépense en moyenne 350 euros par jour sous forme de forfaits de ski et d’horeca, pour un chiffre d’affaires annuel de 300 millions d’euros.

Au pic de la saison, de 15 à 20.000 touristes amateurs de ski viennent faire la fête à Ischgl. Pour le moment, la population est de 1.500 âmes, les résidents habituels. ©Jan Hetfleisch / Isgchl

Au cours des dernières décennies, Ischgl s’est fait connaître comme destination ultime des sports d’hiver festifs, avec ses concerts "Top of the Mountain" à 2.300 m d’altitude et des artistes comme Rihanna ou Lenny Kravitz. "Tous les jours, il y a à cette table des Sud-Africains, là des Israéliens, et plus loin des Ukrainiens, et partout des Allemands, des Néerlandais et des Belges. C’est formidable quand le monde entier se retrouve dans notre village, mais un virus trouve cela tout aussi naturel", explique Zangerl en présentant l’intérieur de son bar. L’histoire de sa famille est indissociable de celle de son village natal. Les Zangerl possèdent encore leur vieille ferme qui date de 1930, mais aussi un hôtel, trois restaurants et deux bars avec, en plus du Kitzloch, le Kuhstall, un bar d’après-ski similaire situé sur la Silvrettaseilbahn, au centre du village.

Réaction trop lente

Le dimanche 8 mars 2020, Jasper Goffin, un architecte paysagiste limbourgeois de 35 ans, faisait partie des milliers de touristes qui viennent passer une semaine à Ischgl pour skier. Après un long voyage en voiture avec quatre amis, six autres membres du groupe, arrivés un jour plus tôt, leur annoncent une nouvelle plutôt inquiétante: dans l’appartement voisin, un groupe de Norvégiens est en quarantaine parce que l’un d’eux a été testé positif au coronavirus. Tous sont des saisonniers et travaillent dans un bar d’après-ski, le Kitzloch.

Ce fut le signe avant-coureur de vacances bizarres, d’autant que Goffin et quelques-uns de ses amis développent rapidement de légers symptômes grippaux. "Mais en vacances de ski, ce n’est pas ça qui vous arrête." Pendant la semaine, le groupe d’amis a fréquenté plusieurs bars d’après-ski comme le Schatzi Bar et le Trofaner Alm, la plupart du temps à l’extérieur parce qu’il y avait trop de monde à l’intérieur. "Ischgl est en réalité un grand bar à ciel ouvert. Pour nous, l’atmosphère fut dès le début un peu déprimante, mais on ne remarquait rien dans le village."

"Nous avons toujours agi au mieux selon notre connaissance de l'avancement du virus. Aucun pays et aucun endroit dans le monde n’était préparé à une pandémie virale d’une telle intensité."
Werner Kurz
Bourgmestre d'Ischgl

Finalement, le groupe décide de rentrer le vendredi 13 mars, soit un jour plus tôt que prévu. À ce moment-là, ils ne le savent pas encore, mais ils ont échappé au chaos qui s’est déclaré quelques jours plus tard lorsque les touristes ont voulu s’échapper de la vallée en catastrophe. De retour chez eux, la Belgique était confinée. Goffin et trois de ses amis ont décidé spontanément de se mettre en quarantaine dans la maison de ses parents. Dans le groupe de dix, personne n’a été testé, mais ils sont certains d’avoir été contaminés à Ischgl, notamment parce qu’ils ont perdu temporairement le goût et l’odorat.

Le déroulement de cette semaine fatidique a entretemps fait l’objet d’une enquête et est devenu le sujet de plusieurs incidents diplomatiques et d’une plainte collective de la Verbrauchershutzverein (Association de protection des consommateurs, NDLR) autrichienne, à laquelle des dizaines de Belges se sont associés. Dès le 4 mars, Reykjavik avait lancé l’alerte après que huit Islandais aient été contaminés à Ischgl. Le 7 mars, le barman du Kitzloch a été testé positif, le premier cas confirmé à Ischgl. Le 9 mars, il est apparu que 15 autres personnes au moins avaient été contaminées. Le fait que les autres cafés soient encore ouverts le 11 mars et qu’il ait fallu attendre le 13 mars pour que les remontées mécaniques soient fermées est, selon les critiques, la preuve que les autorités locales et les commerçants ont trop longtemps fait primer les intérêts économiques sur la santé publique.

Un bar d'après-ski photographié le 13 mars 2020, juste après l'annonce de la fermeture totale des lieux publics et de la station. ©AFP

Le bourgmestre Werner Kurz (qui n’a aucun lien familial avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz) rejette ces critiques lorsque nous lui posons la question. "Nous avons toujours agi au mieux selon notre connaissance de l'avancement du virus. Personne – aucun pays et aucun endroit dans le monde – n’était préparé à une pandémie virale d’une telle intensité. Nous avons dû nous fier aux informations fournies par les experts dont les connaissances se sont améliorées au fil des jours et dont les recommandations ont évolué avec le temps", répond Kurz par e-mail. "Je regrette que de nombreuses personnes soient tombées malades et que certaines d’entre elles aient perdu la vie. Je présente mes plus sincères condoléances à leurs familles et à leurs amis."

42%
En juin, 42% des habitants d’Ischgl avaient développé des anticorps. Seules quelques personnes sont tombées gravement malades.

Une commission d’enquête a cependant conclu en octobre que le monde politique local et national avait mis trop de temps pour réagir suite à l’éclatement de la crise sanitaire dans la station de ski, et a mis en évidence l’échec de la stratégie de coordination. Mais pour Bernhard Zangerl, le rapport confirme ce qu’il a toujours affirmé: qu’il n’y a aucune raison de se sentir coupable. "Nous avons suivi à 100% les recommandations des autorités", explique le patron du café, qui a été contaminé en mars, mais n’a pas développé de symptômes graves. Plus encore: en juin, il est apparu que 42% des habitants d’Ischgl avaient développé des anticorps, mais que seules quelques personnes étaient tombées gravement malades.

Réputation ternie

Un hiver plus tard, le village de montagne panse ses plaies. Ischgl ressemble à un parc d’attractions fantôme. Le seul bruit qui rompt le silence est le bourdonnement des canons à neige qui continuent à épaissir la couche de poudreuse. Les escaliers et tapis roulants qui transportent les skieurs entre les grandes remontées mécaniques au centre du village sont à l’arrêt. "Shots, shots, shots !" peut-on lire sur la façade du Schatzi Bar, fermé. "Wir schaffen magic moments", promet un autre message affiché dans l’étalage du magasin de sport Bründl. Tous les hôtels, qui représentent au total 12.000 lits, sont temporairement fermés, à une exception près.

Andreas Steibl, directeur de l'Office du tourisme, coordonne la communication de crise. ©Jan Hetfleisch / Isgchl

Dans la Dorfstrasse se trouve le bâtiment moderne de l’Office du tourisme, avec devant l’entrée un petit "walk of fame" des artistes venus dans le village (Bob Dylan, Mariah Carey), un des seuls endroits où l’on peut observer un peu de vie derrière les vitres. Le directeur, Andreas Steibl, me salue chaleureusement avec le poing et porte un masque de protection au logo d’Ischgl. Steibl, qui arbore de longues mèches blondes et une chemise au col grand ouvert, représente la "marque" Ischgl, et veille à la coordination de la communication de crise.

"Lorsqu’une marque connue s’effondre, elle bénéficie de beaucoup d’attention. Si c’était arrivé dans une station de ski moins populaire, l’histoire aurait probablement été moins médiatisée."
Andreas Steibl
Directeur de l’Office du tourisme d'Ischgl.

Il compare la situation du village avec le malheureux incident qu’a connu le constructeur automobile Mercedes lorsque sa Classe A – annoncée en fanfare en 1997 – s’est retournée lors d’un test crucial. "Lorsqu’une des marques les plus connues s’effondre, elle bénéficie de beaucoup d’attention. Si c’était arrivé dans une station de ski moins populaire, l’histoire aurait probablement été moins médiatisée", poursuit Steibl. Il suggère qu’il y a beaucoup de "schadenfreude" (plaisir malveillant, NDLR) dans le fait de désigner Ischgl comme bouc émissaire parce que la station bénéficie d’un nom et d’une bonne réputation.

Pour le patron du tourisme, le silence dans les rues fait mal. "Nous ne vivons pas du tourisme à 100%, mais à 110%. Sans les touristes, nous ne sommes rien. Regardez dehors: ciel bleu, neige à profusion. Normalement, ici, les pistes grouilleraient de monde. Mais la santé est prioritaire."

"Nous ne vivons pas du tourisme à 100%, mais à 110%. Sans les touristes, nous ne sommes rien."
Andreas Steibl
Directeur de l’Office du tourisme d'Ischgl.

Il préfère s’abstenir de faire des prévisions. Même si ce sera le premier hiver en 20 ans où le chiffre d’affaires n’augmentera pas. La saison dernière, Ischgl aurait probablement enregistré un chiffre d’affaires record si la saison n’avait pas été interrompue. 2021 sera une année de transition, mais Steibl est convaincu que les touristes reviendront à Ischgl. "Nous avons mené des enquêtes sur nos principaux marchés, dont la Belgique. Nous savons que les gens ont envie de skier."

Quid des dommages réputationnels ? Ischgl s’est retrouvé à la une des journaux du monde entier comme étant "le" village du virus. Les sports d’hiver sont également stigmatisés. "Une chose est sûre: nous ne sommes pas moins connus qu’avant", rétorque Steibl en souriant. "Nous devrons sans doute regagner la confiance de nos clients, mais je suis convaincu que nous y arriverons." C’est ce qui explique que cet hiver, la priorité sera accordée à la sécurité, souligne-t-il. "Nous avons appris la leçon."

Des lendemains qui chanteront, mais moins fort

Pour éviter une nouvelle catastrophe sanitaire, la station a investi 700.000 euros dans des mesures de sécurité et de nouvelles infrastructures, dans l’attente de la réouverture de la station. Un système de caméras prévient automatiquement lorsque la distance de sécurité n’est pas respectée entre les skieurs au bas des remontées mécaniques. Les télécabines seront désinfectées après chaque trajet. Une appli a été créée pour informer les skieurs en temps réel du temps d’attente aux remontées mécaniques, dans l’espoir qu’ils se dispersent spontanément dans tout le domaine. Tout le monde recevra avec son forfait de ski un masque de protection multifonctionnel au logo de la station. En collaboration avec l’Université d’Innsbruck, la présence du virus dans les eaux usées sera contrôlée en permanence. Tous les habitants et les 3.500 travailleurs saisonniers seront testés chaque semaine.

15
milliards d'euros
C'est le chiffre d'affaires annuel que représentent les sports d'hiver pour l'Autriche.

Et les touristes qui le souhaitent pourront faire un test rapide à leur arrivée et avant leur départ. "Ces mesures sont surtout là pour rassurer. Nous devons compter sur le sens des responsabilités des clients, mais ce n’est pas toujours simple lorsqu’on est en vacances", poursuit Steibl. "Nous leur demandons de s’amuser de manière contrôlée." Cela devra cependant se faire sans la "wahnsinn" (folie, NDLR) des célèbres après-skis. Car s’il demeure un espoir que le ski soit autorisé plus tard cet hiver, les fêtes et les méga concerts seront exclus.

©Jan Hetfleisch / Isgchl

Même si la pandémie a entraîné un changement de mentalité auprès des entrepreneurs locaux. Ces derniers estiment que l’image d’Ischgl en tant que village où la bière coule à flots 24 h sur 24 est exagérée, et ils l’attribuent à une minorité de noctambules qui se promènent en chantant dans le village. À l’avenir, les soirées à Ischgl devraient moins ressembler à des bacchanales. Désormais, les bus de fêtards qui ne viennent dans la vallée que pour boire et qui ne voient pas l’ombre d’une piste de ski seront refusés. L’alcool sera interdit dans la rue. "Dans les médias, nous avons l’image d’un village de fêtards, mais ce n’est qu’une partie de notre offre. Les gens viennent chez nous parce que nous sommes considérés – à raison – comme une des stations de ski les plus belles et les plus qualitatives", ajoute le bourgmestre Kurz.

"Nous devrions pouvoir survivre à cet hiver, mais nous espérons qu’il passera vite", ajoute Zangerl pendant notre discussion autour d’une grande table, dans le désormais sombre Kitzloch. Il a déjà investi dans l’agrandissement de sa terrasse. Deux ouvriers travaillent aux brûleurs et aux installations de pompes à bière. Malgré tout, il a enregistré la saison dernière 90% des revenus attendus. Cette année, il sera content s’il atteint 50%. Mais il ne craint pas l’avenir. "Pour les Européens et les clients d’autres pays riches, les vacances sont devenues un besoin de base comme se nourrir, boire et dormir. Et les gens aiment aller là où il y a du monde, comme dans les cafés fréquentés. Ils veulent faire des choses qui leur font oublier leurs soucis. Ischgl offre tout cela."

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