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reportage

À la frontière biélorusse, des migrants utilisés comme armes contre l'Europe

Des migrants venus d'Irak et d'Afrique, dans le camp lituanien de Rudninkai, à environ 30 km au sud de la capitale, Vilnius. ©BELGAIMAGE

En Lituanie, près de la frontière biélorusse, des milliers de migrants représentent, malgré eux, une arme brandie par le président biélorusse Loukachenko à la face de l'Europe: déverser ce flux humain vers l'Occident.

Une cigogne survole le camp, un tracteur soulève de la poussière et un chien fatigué se promène entre les pittoresques maisons en bois. Dans les jardins fleuris, quelques femmes bavardent, tandis qu'un vieil homme passe lentement à vélo. Ici, à Rudninkai, un village lituanien oublié, situé à un jet de pierre de la frontière biélorusse, le temps semble s'être arrêté.

Deux kilomètres plus loin, au bout d'une route remplie de nids de poules menant à un bois de sapins et des champs abandonnés, la dure réalité nous frappe en plein visage. Derrière une énorme barrière en métal, nous apercevons des dizaines de tentes où des hommes regardent fixement devant eux, les yeux vides. Autour de la clôture, des policiers se promènent avec des chiens, des sprays au poivre et des Tasers.

C'est ici, dans le plus grand camp de réfugiés de Lituanie, que sont enfermés plus de 800 migrants, originaires pour la plupart d'Irak, mais aussi de Syrie, d'Afghanistan et de plusieurs pays africains. Lorsque nous nous approchons, une dizaine d'entre eux se rassemblent immédiatement à côté de la clôture pour nous raconter leur histoire. "Je viens de Goma, où j'ai fui l'éruption volcanique il y a quelques mois", raconte Ced-Zelo, âgé de 23 ans. "Je suis enfermé ici depuis que j'ai passé la frontière le mois dernier et que j'ai été arrêté par la police. Je n'ai pas encore reçu de papiers pour demander l'asile."

Pression organisée

Ced-Zelo fait partie des milliers de migrants devenus, selon le gouvernement lituanien, les victimes d'un jeu politique cynique de la part du président biélorusse Loukachenko. Ces derniers mois, il semble délibérément vouloir attirer des demandeurs d'asile pour les laisser entrer dans l'Union européenne à partir de son pays et provoquer ainsi une nouvelle "crise des réfugiés" en Europe.

Le président autocratique biélorusse Loukachenko souhaite mettre l'Europe sous pression, en réaction aux sanctions imposées par l'UE après les élections truquées de l'an dernier et sa répression contre ses opposants.

"Des amis m'ont dit que je pouvais entrer en Europe via la Biélorussie. Je n'avais pas besoin de visa et j'ai pu sans problème arriver à la frontière via la capitale, Minsk", explique Ced-Zelo. Il raconte qu'il a dû payer 3.000 dollars, mais qu'il n'a jamais revu cet argent lorsqu'il est arrivé à Minsk. "J'ai dormi plusieurs jours dans la rue, et j'ai eu finalement la possibilité de traverser la frontière pour 800 euros supplémentaires. J'ai vendu pour cela le reste de mes biens, y compris mon iPhone."

Il a été débarqué dans une forêt à trois heures du matin. "Mes accompagnateurs m'ont indiqué le chemin: d'abord tout droit pendant un kilomètre, et ensuite à gauche. J'ai dû franchir deux clôtures et j'ai continué à marcher. J'ai finalement été arrêté par des gardes-frontière lituaniens, qui m'ont amené dans ce camp. Cela fait un mois que je suis ici, mais je n'ai pas encore pu introduire de demande d'asile."

Il ne peut poursuivre son récit, car deux agents armés nous demandent fermement de partir. La nervosité est à son comble. Les curieux ne sont pas les bienvenus. Ce camp est le résultat d'un conflit géopolitique qui met les nerfs de toute l'Europe à fleur de peau.

4.100
Alors que la Lituanie, avec ses 3 millions d'habitants, n'a accueilli l'an dernier que 80 migrants, plus de 4.100 candidats à l'accueil sont arrivés dans le pays cette année.

Alors que la Lituanie, avec ses 3 millions d'habitants, n'a accueilli l'an dernier que 80 migrants, plus de 4.100 candidats à l'accueil sont arrivés dans le pays cette année. La quasi-totalité d'entre eux a traversé la frontière de 500 km qui sépare la Lituanie de la Biélorussie. Apparemment, le président autocratique Loukachenko souhaite mettre l'Europe sous pression, en réaction aux sanctions imposées par l'UE après les élections truquées de l'an dernier, sa répression contre ses opposants et le détournement d'un avion de Ryanair dans le but d'arrêter un journaliste critique envers son gouvernement.

Selon des témoins oculaires, les autorités biélorusses aideraient activement les migrants à franchir la frontière. Une vidéo publiée par les gardes-frontière lituaniens montre des agents biélorusses encourageant les migrants à traverser. Ils sont en tenue de combat, ce qui permet de penser qu'ils font usage de la force pour pousser les migrants hésitants à franchir le pas.

Cet afflux de migrants a également fait retentir la sonnette d'alarme à Bruxelles. La semaine prochaine, les ministres européens en charge de la migration et des affaires étrangères se réuniront en urgence pour décider de la façon de réagir.

D'après d'autres témoins, les gardes-frontière en uniforme, mais sans badge, prennent les papiers des migrants et effacent les données de leurs téléphones. D'autres images publiées par le ministère des Affaires étrangères lituanien montrent des véhicules de patrouille biélorusses en train d'escorter des migrants en direction de la frontière.

Sonnette d'alarme

Cet afflux de migrants a également fait retentir la sonnette d'alarme à Bruxelles. La semaine prochaine, les ministres européens en charge de la migration et des affaires étrangères se réuniront en urgence pour décider de la façon de réagir. Entre-temps, il semblerait que la Biélorussie envoie également de plus en plus de migrants vers sa frontière avec la Pologne et la Lettonie, où le nombre de nouveaux arrivants a fortement augmenté ces derniers jours. Cette semaine, la Lettonie a déclaré l'état d'urgence pour pouvoir faire face à la crise.

Sous la pression de l'Europe, le gouvernement irakien a annoncé qu'il suspendait jusqu'à nouvel ordre les vols entre Bagdad et Minsk. La Biélorussie a laissé entrer des centaines de migrants via ces vols. Tout d'un coup, des vols sont apparus entre des villes de moindre importance comme Erbil, mais ceux-ci semblent également suspendus.

Lorsque nous obtenons enfin l'autorisation de pénétrer dans le camp après plusieurs appels téléphoniques avec le ministère de l'Intérieur, le jeune migrant Kadhim Mazin, de Bagdad, nous raconte comment il a réussi, fin juillet, à rejoindre Minsk via un vol direct bondé. "Vous me demandez si ce vol était rempli de migrants? Pensez-vous que tous ces jeunes Irakiens sont venus en Biélorussie pour y passer des vacances?"

"Cette guerre hybride est loin d'être terminée, car Loukachenko a également menacé d'inonder l'Europe de drogue ou de faire entrer clandestinement des déchets radioactifs."
Gabrielius Landsbergis
Ministre lituanien des Affaires étrangères

Mazin n'a pas reçu l'aide des gardes-frontière biélorusses, mais il affirme que d'autres réfugiés ont été orientés dans la bonne direction. Avec quelques compagnons, il a pris un taxi vers la frontière qu'il a traversée au petit matin. "Nous voulions nous rendre à pied à Vilnius, pour trouver un bus vers ailleurs en Europe, mais après plus de dix heures de marche, nous étions totalement épuisés et nous avons appelé nous-mêmes la police pour qu'elle nous arrête."

Dans une interview téléphonique avec la rédaction, le ministre lituanien des Affaires étrangères, Gabrielius Landsbergis, explique que Loukachenko réfléchit à de nouvelles routes. "Il existe encore 28 vols par semaine entre Istanbul et Minsk. Nous savons que des compagnies d'autres pays préparent des vols vers Minsk avec l'aide de Loukachenko. Il essaie d'organiser des vols à partir de la capitale pakistanaise, Islamabad. Et il menace ainsi de faire venir directement des Afghans par avion. Cette guerre hybride est loin d'être terminée, car il a également menacé d'inonder l'Europe de drogue ou de faire entrer clandestinement des déchets radioactifs."

Tensions à la frontière

À la frontière, la situation est de plus en plus tendue. La semaine dernière, lorsque nous avons demandé l'autorisation de suivre une patrouille de gardes-frontière, un porte-parole du ministère de l'Intérieur nous a répondu que les médias ne seraient plus les bienvenus dans les dix prochains jours.

"Nous sommes très préoccupés par la situation à la frontière. La possibilité d'entrer dans un pays pour y demander l'asile est un droit fondamental, même si la frontière a été franchie illégalement. Les demandeurs d'asile ne devraient jamais être utilisés comme monnaie d'échange d'enjeux géopolitiques."
Renata Kules
Représentante à Vilnius de l'UNHCR, le haut-commissariat aux réfugiés des Nations Unies

Au début, les équipes de tournage étaient autorisées à filmer, peut-être pour attirer l'attention de la communauté internationale sur cette nouvelle crise des réfugiés. Selon des organisations de réfugiés, le refus d'accès aux médias semble indiquer que les gardes-frontière lituaniens rejettent activement les migrants, ce qui équivaut à organiser des refoulements controversés au regard du droit international.

Une nouvelle loi, promulguée la semaine dernière, permet aux gardes-frontière de bloquer activement les frontières et d'utiliser la violence physique et psychologique. Dans la pratique, la nouvelle politique semble fonctionner: depuis le week-end dernier, le nombre de migrants a soudainement baissé, passant de plusieurs dizaines par jour à pratiquement zéro.

Selon un médiateur lituanien qui s'est rendu à la frontière vendredi dernier, les migrants n'ont plus le droit de demander l'asile. Il a pu constater comment un groupe de migrants, dont des femmes et des enfants, se sont vu refuser l'entrée sur le territoire.

En réponse à la nouvelle politique lituanienne, la Biélorussie a annoncé la semaine dernière qu'elle surveillerait ses frontières pour empêcher tout migrant de revenir de Lituanie.

Les autorités biélorusses ont prétendu qu'elles avaient vu revenir des migrants avec des morsures de chiens et qu'il y avait eu un décès à la frontière. La Lituanie considère ces affirmations comme de la propagande. Vu que les journalistes ne sont plus autorisés à se rendre à la frontière, il est difficile de connaître le sort réservé aux dizaines de migrants qui pouvaient entrer en Europe, mais qui en sont désormais empêchés.

"Nous sommes très préoccupés par la situation à la frontière", a déclaré Renata Kules, représentante à Vilnius de l'UNHCR, le haut-commissariat aux réfugiés des Nations Unies. "Nous exhortons toutes les parties prenantes à respecter les droits humains. La possibilité d'entrer dans un pays pour y demander l'asile est un droit fondamental, même si la frontière a été franchie illégalement. Les demandeurs d'asile ne devraient jamais être utilisés comme monnaie d'échange d'enjeux géopolitiques."

Fils barbelés

Lorsque nous essayons de nous rendre à la frontière, nous voyons des militaires et des policiers partout. Nos passeports sont contrôlés avant notre arrivée à la frontière, on nous demande d'ouvrir le coffre de la voiture. Et lorsque nous empruntons un chemin forestier pour nous rapprocher de la frontière, nous sommes immédiatement interceptés par une brigade de la police militaire. Un peu plus tard, nous voyons un hélicoptère de l'armée survoler la zone.

Certaines sections situées à proximité des chemins publics sont bordées d'une clôture de deux mètres de haut, qu'un migrant sportif pourrait franchir, mais la majeure partie de la frontière traverse des forêts et des champs et n'est pas protégée. C'est pourquoi la Lituanie a commencé à construire une clôture en fil de fer barbelé de quatre mètres de haut. Elle devrait être longue de plus de 500 km et coûter 150 millions d'euros. Cette semaine, le Parlement lituanien a approuvé ce projet.

"Il est de la responsabilité de la Lituanie de sécuriser les frontières de l'espace Schengen. Les circonstances sont particulières: ces migrants sont utilisés comme des armes contre nous. Il ne s'agit pas d'une migration naturelle où les réfugiés fuient une guerre."
Gabrielius Landsbergis
Ministre lituanien des Affaires étrangères

À Bruxelles, personne n'ose s'opposer à ces projets. Lorsque la Hongrie a construit une clôture similaire à la frontière serbe pendant la crise des migrants, de nombreuses voix se sont élevées pour protester contre le fait que les migrants se voyaient ainsi privés du droit de demander l'asile en Europe.

La Lituanie a également annoncé avoir réduit drastiquement le nombre de sites où les migrants pouvaient demander l'asile. "Nous avons bouclé la frontière. Seules les personnes vulnérables sont autorisées à passer", a indiqué le ministre des Affaires étrangères Landsbergis au téléphone. "Et d'autres peuvent demander l'asile dans nos ambassades et aux postes-frontière."

36,7
millions d'euros
La Commission européenne a débloqué 36,7 millions d'euros pour aider la Lituanie en matière d'accueil, d'assistance médicale et de mise en place de la procédure d'asile.

Landsbergis se défend contre les critiques émanant des organisations de réfugiés selon lesquelles les migrants seraient privés de leurs droits fondamentaux. "N'oubliez pas qu'il est de notre responsabilité de sécuriser les frontières de l'espace Schengen. Les circonstances sont particulières: ces migrants sont utilisés comme des armes contre nous. Il ne s'agit pas d'une migration naturelle où les réfugiés fuient une guerre."

Il souligne que les conditions de vie des migrants en Biélorussie sont particulièrement précaires. "Nous n'avons aucune indication que des gens soient bloqués entre les deux frontières, mais à l'intérieur du pays, de nombreuses voix s'élèvent contre cet afflux de migrants. Certains essaient même de fuir en Russie. Les autorités les empêchent de prendre l'avion pour rentrer en Irak."

Circonstances

Entre-temps, la Commission européenne a débloqué 36,7 millions d'euros pour aider la Lituanie en matière d'accueil, d'assistance médicale et de mise en place de la procédure d'asile. Dans le camp de migrants de Rudninkai, il est clair que les besoins humanitaires sont importants. Mercredi soir, des échauffourées ont éclaté dans le camp. Plusieurs migrants ont détruit la clôture et se sont enfuis dans les bois. Ils ont été repérés par un hélicoptère et à nouveau arrêtés.

"Certains migrants sont ici depuis deux mois et n'ont toujours pas pu entamer la moindre démarche de demande d'asile"
Ced-Zelo
Réfugié dans le camp de Rudninkai

"Certains migrants sont ici depuis deux mois et n'ont toujours pas pu entamer la moindre démarche de demande d'asile", explique Ced-Zelo. "Je suis tombé gravement malade et j'ai dû attendre trois jours avant de voir un médecin."

Dans le camp, il y a des détritus partout, les toilettes sont insalubres et les malades atteints par le coronavirus ne sont pas mis en quarantaine, raconte Ced-Zelo. Il se rend dans sa tente et revient avec un sac en plastique qui contient des galettes de riz, du chocolat, une boîte de thon et une boîte de haricots. "Nous recevons un sac par jour. Nous devons nous débrouiller avec cela." Il nous montre plusieurs de ses compagnons d'infortune en train d'essayer d'allumer un feu à l'aide de déchets en plastique. "C'est la seule façon de faire du thé ou du café."

Contre-réaction

"Nous devons protéger notre communauté. La commune compte 500 habitants et les autorités voulaient en installer au moins autant dans le camp. Les gens n'en ont pas voulu."
Czeslawa Marcinkiewicz
Responsable du district de Dieveniskes, petit village frontalier

Ces dernières semaines, l'afflux de migrants a provoqué des protestations parmi la population lituanienne. Certains habitants considèrent les nouveaux arrivants comme des terroristes et s'opposent à leur venue. C'est, entre autres, le cas à Dieveniskes, un petit village frontalier situé à une heure de route de Vilnius. Lorsque le gouvernement a décidé d'y installer un camp, les habitants ont occupé le site pendant plusieurs jours et ont marché sur la capitale Vilnius pour protester.

"Bien entendu, certains d'entre eux méritent d'obtenir l'asile", explique la responsable du district, Czeslawa Marcinkiewicz, dans son petit bureau installé dans la maison communale. "Mais nous devons protéger notre communauté. Des voisins à la frontière nous ont raconté comment des familles entières se sont retrouvées dans leur jardin au milieu de la nuit, en train de frapper aux fenêtres. La commune compte 500 habitants et les autorités voulaient en installer au moins autant dans le camp. Les gens n'en ont pas voulu."

Elle estime qu'il vaudrait mieux renvoyer ces migrants dans leur pays d'origine. "La plupart d'entre eux n'ont pas fait d'études et leur présence pourrait faire augmenter le taux de criminalité. C'est une situation tragique, j'en suis convaincue, mais la responsabilité incombe à la Biélorussie. Ce n'est pas à nous de payer pour ce gâchis."

"Le gouvernement pense que nous sommes des terroristes ou que nous sommes membres de gangs. Je ne suis qu'un étudiant en archéologie et j'ai fui parce que je faisais partie de l'opposition contre le gouvernement irakien."
Kadhim Mazin
Réfugié dans le camp de Rudninkai

Dans le camp de Rudninkai, Kadhim Mazin hausse les épaules avec résignation. "Le gouvernement pense que nous sommes des terroristes ou que nous sommes membres de gangs. Je ne suis qu'un étudiant en archéologie et j'ai fui parce que je faisais partie de l'opposition contre le gouvernement irakien. Nous recherchons la sécurité et la protection, et nous voulons avoir la possibilité de commencer une nouvelle vie. Je joue de la guitare et mon rêve est d'aller étudier la musique en Allemagne. Mais aujourd'hui, la situation est totalement désespérée: nous ne savons pas du tout si et quand nous aurons l'occasion d'introduire une demande d'asile."

Trois questions à Gabrielius Landsbergis, ministre lituanien des Affaires étrangères

La Lituanie est critiquée pour la façon dont elle traite les migrants. Comptez-vous y changer quelque chose?

Jusqu'il y a dix jours, c'est comme si nous tentions d'arrêter une chute d'eau avec un seau. Trois cents personnes pénétraient chaque jour sur notre territoire. Nous avons acheté des milliers de tentes, mais après trois jours, cela ne suffisait plus. Aujourd'hui que le flux s'est réduit, nous pouvons commencer à nous attaquer véritablement à la situation. Les migrants sont enregistrés et peuvent demander l'asile. Malheureusement, les choses n'avancent pas suffisamment vite, mais nous comprenons notre responsabilité humanitaire.

Ces derniers jours, l'afflux de migrants s'est réduit. Le pire de la crise est-il derrière vous?

J'ai appris à ne pas me montrer trop optimiste face à une telle crise. Si les vols au départ de l'Irak n'avaient pas été supprimés sous la pression de l'Europe, nous aurions sans doute vu arriver 18.000 migrants. Nous avons certaines indications qui nous disent que Loukachenko souhaite organiser des vols à partir d'autres pays, comme le Pakistan. Il a aussi menacé de faire venir en avion des migrants d'Afghanistan.

Vous avez commencé à construire un mur de 500 km de long à la frontière avec la Biélorussie, une opération qui devrait coûter 150 millions d'euros. N'est-ce pas une solution trop drastique?

Nous ne pouvons pas autoriser cette forme de guerre – pour rappel, le président Loukachenko utilise les migrants comme des armes – en gardant les frontières ouvertes. Je ne vous donnerai aucun indice, mais ce type pourrait utiliser bien d'autres options pour nous mettre sous pression. Nous devons rester vigilants. C'est pourquoi l'Europe doit se montrer encore plus sévère envers la Biélorussie. Sinon, ce type d'attaque hybride – comme le détournement d'avions, la manipulation des élections ou l'utilisation de citoyens pour ses petits jeux politiques – sera de plus en plus utilisé contre les démocraties.

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