A Vilnius, les dossiers chauds de l'Europe

La Grèce va avoir besoin d'une nouvelle aide pour combler un trou de financement d'environ 11 milliards d'euros jusqu'en 2015. ©AFP ©AFP

Les ministres des Finances de la zone euro font leur rentrée ce vendredi à Vilnius dans un climat apaisé. Mais ils vont devoir très vite s'atteler à des dossiers sensibles mis jusqu'ici entre parenthèses, comme le nouveau plan d'aide à la Grèce.

Pour leur première réunion depuis l'été, les ministres vont prendre le pouls de la situation des pays de l'Union monétaire mais ne prévoient pas de grande annonce, a prévenu jeudi un responsable européen sous couvert d'anonymat.

En cause: l'imminence des élections législatives du 22 septembre en Allemagne où les dossiers liés à la gestion de la crise sont politiquement sensibles, le pays ayant été le premier contributeur aux différents plans de sauvetage de pays de la zone euro depuis quatre ans.

→ Pourtant, les dossiers chauds ne manquent pas.

•  La Grèce.
Le pays, qui a bénéficié d'environ 240 milliards d'euros grâce à deux programmes de prêts, va avoir besoin d'une nouvelle aide pour combler un trou de financement d'environ 11 milliards d'euros jusqu'en 2015.

A terme, il va également falloir trouver un moyen de réduire la gigantesque dette grecque, qui devrait atteindre 176% du Produit intérieur brut en 2013, alors qu'un effacement de dette est fermement rejetée par Berlin notamment.

•  L'Irlande et le Portugal.
La zone euro va devoir par ailleurs se pencher sur le sort de l'Irlande et du Portugal dont les programmes d'assistance financière touchent à leur fin. Avant de revenir sur les marchés, Dublin espère bénéficier de mesures d'accompagnement, a affirmé son ministre des Finances, Michael Noonan. Cela pourrait se traduire par une ligne de crédit de plusieurs milliards d'euros ou par un recours au programme de rachat d'obligations de la Banque centrale européenne, encore jamais utilisé.

Pour le Portugal qui connaît une reprise fragile et des soubresauts politiques, l'horizon est moins dégagé et il est plus difficile d'envisager un retour complet sur les marchés dès mi-2014. Sous pression, Lisbonne a d'ailleurs demandé jeudi à ses créanciers de lui desserrer la bride en revoyant l'objectif de réduction de déficit pour 2014.

Mais "il va falloir que Lisbonne soit très convaincant", a estimé une source européenne. "Je ne suis pas sûr qu'il y ait des circonstances nouvelles hormis les remaniements au sein du gouvernement", a-t-elle souligné.

•  La Slovénie.
Les ministres devraient également prendre le pouls de la Slovénie, en difficulté à cause de son secteur bancaire qui croule sous les mauvaises créances, s'élevant à 7 milliards d'euros selon le Fonds monétaire international (FMI).

Le pays a récemment dû venir en aide à deux petites banques privées en leur fournissant des garanties publiques, faisant monter les spéculations sur un besoin d'assistance financière.

• Chypre.
Sauf surprise, les ministres des Finances devraient enfin donner leur feu vert ce vendredi au déblocage d'une nouvelle tranche d'aide pour Chypre, de 1,5 milliard d'euros sur les 10 milliards promis au pays. "Tous les signaux sont au vert", a indiqué un responsable européen, se fondant sur l'examen de la troïka qui rassemble les bailleurs de fonds de l'île.

Et aussi l'Union bancaire

Dans l'après-midi puis samedi, les ministres des Finances discuteront, cette fois-ci à 28, de l'union bancaire après le feu vert jeudi du Parlement européen permettant à l'automne 2014 l'entrée en vigueur du superviseur bancaire unique, placé sous l'égide de la BCE.

L'institut monétaire devrait apporter vendredi des informations sur l'état d'avancement de ce projet, qui doit casser le lien entre crise bancaire et crise de la dette. Avant qu'il ne voie le jour, une évaluation complète des actifs de quelque 130 banques européennes devrait avoir lieu début 2014.

Les ministres tenteront d'avancer également sur un autre pilier de l'union bancaire: le mécanisme de "résolution", pour régler le sort des banques en difficultés de la zone euro.

Ce projet fait grincer les dents des Allemands qui le jugent, en l'état, incompatible avec les traités européens. Sur le fond, Berlin n'est pas favorable à un fonds de résolution commun, qui contraindrait les banques allemandes à financer les faillites ou les sauvetages de celles d'autres pays.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect