L'Europe appelle le régime biélorusse à trouver la voie de sortie de crise.

La géopolitique peut-elle rester en dehors de la crise biélorusse? La question n’est qu’entrouverte. Le mouvement démocratique en cours ne semble pas menacer la sphère d'influence de Moscou de la même manière que le soulèvement ukrainien de Maïdan, qui était mû par une aspiration pro-européenne. Il n'en reste pas moins que de par sa géographie, entre la Pologne et la Russie, le pays est bordé des rivalités qui animent le contient depuis des décennies. Et le fait que la principale figure de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaïa, ait choisi la Lituanie – donc l’Union européenne – pour se protéger de la répression d’un régime proche du Kremlin n’a que souligné cette tension. Pour l'heure pourtant, les voisins de la Biélorussie se gardent d’intervenir trop directement. La Russie attend de voir, l’Europe appelle au dialogue et se garde bien de prendre l'opposition sous son aile.

"Dialogue inclusif"

Réunis par visioconférence ce mercredi, ses dirigeants ont refusé d’une seule voix – encore heureux – le résultat du scrutin inique du 9 août. Ils ont aussi marqué leur "solidarité" avec le peuple biélorusse dans son aspiration démocratique. Mais ils ont pris soin de ne pas appeler clairement le Président en place à se retirer.

Ce n’est pas exactement une reprise en chœur du "Pars!" scandé par les ouvriers de Minsk au président qui ne voulait pas se laisser déchoir.

Ni d’ailleurs, à ce stade, de le viser directement. L’Europe a annoncé des sanctions ciblées contre un nombre "significatif" de responsables du régime, pour avoir falsifié les résultats électoraux et pour les violences à l’égard de manifestants pacifiques. Mais elle n'est pas en mesure de dire si le président lui-même apparaîtra dans cette liste.

Face à cet obligé de Moscou, les Européens entretiennent donc pour l'heure une certaine ambiguïté. L’autocrate pourrait-il encore sauver la face dans une transition politique? Les Vingt-Sept appellent en tout cas "les autorités biélorusses" à "trouver une voie de sortie de crise" en mettant fin aux violences et en ouvrant un grand dialogue national. Ce n’est pas exactement une reprise en chœur du "Pars!" scandé par les ouvriers de Minsk au Président qui ne voulait pas se laisser déchoir.

L’Europe joue comme toujours de son "soft power" à l’efficacité très variable, mais c'est vers la Russie que les regards restent tournés: interviendra, interviendra pas?

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