Ankara étend sa zone de recherche gazière en Méditerranée

©REUTERS

Erdogan fait fi des remontrances européennes et annonce ce dimanche l’extension de ses zones de recherches de gaz, crispant encore davantage ses relations avec L’UE.

Passant outre les demandes répétées de l’Union européenne à la « désescalade », la Turquie a annoncé ce 16 août qu'elle allait prolonger ses recherches de gisements gaziers dans une zone disputée de la Méditerranée orientale.

Dans une notice maritime (Navtex) publiée dans la nuit de samedi à dimanche, la marine turque indique que le navire de forage Yavuz, déployé au large de Chypre depuis plusieurs mois, mènera des recherches au sud-ouest de l'île du 18 août au 15 septembre.

« Nous déconseillons fermement de se rendre dans la zone de recherche", met en garde la marine turque dans ce message.

L'annonce de l'extension de ces opérations intervient dans un contexte de tensions croissantes en Méditerranée orientale, où la découverte ces dernières années d'importants gisements gaziers a aiguisé l'appétit de la Turquie.

Le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell a appelé dimanche Ankara à cesser "immédiatement" ses recherches en Méditerranée. L'annonce d'Ankara accroît "regrettablement les tensions et l'insécurité", souligne Josep Borrell dans un communiqué publié par ses services.

Sur fond de tensions en Méditerranée orientale, cette annonce "sape les efforts pour reprendre le dialogue et les négociations" et s'oppose à la désescalade qui est "la seule voie vers la stabilité et des solutions durables comme l'ont redit les ministres des Affaires étrangères vendredi", lors d'une réunion à distance des chefs de la diplomatie des Etats membres.

Josep Borrell "appelle les autorités turques à cesser ces activités immédiatement et à s'engager de bonne foi et totalement dans un large dialogue avec l'Union européenne".

Navires de guerre

La semaine dernière, Ankara a déployé le navire de recherche sismique Oruç Reis, escorté par des bâtiments de guerre, dans une zone revendiquée par la Grèce, suscitant la colère d'Athènes et la préoccupation de l'UE.

L'Oruç Reis, qui a été déployé entre Chypre et l'île grecque de Crète, doit mener ses opérations jusqu'au 23 août.

Vendredi 14 août, les ministres des Affaires étrangères des pays européens ont affiché leur solidarité avec la Grèce, appelant à la désescalade.

La France, dont les rapports avec la Turquie se sont tendus ces derniers mois, a renforcé jeudi sa présence militaire en Méditerranée orientale pour soutenir Athènes.

Dans ce contexte de crispations, le président Recep Tayyip Erdogan s'est dit samedi prêt à dialoguer, tout en soulignant que son pays ne reculerait "pas devant les sanctions et menaces".

Dimanche, le ministère turc de la Défense a par ailleurs publié des photos de manoeuvres navales en Méditerranée orientale. Ces images montrent des navires de guerre en train d'escorter un autre navire de recherche sismique turc, le Barbaros Hayrettin Pasa.

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