Après la défaite de la droite, Sarkozy remanie le gouvernement

Le président français Nicolas Sarkozy s'apprêtait lundi à remanier son gouvernement au lendemain d'une très sévère défaite de la droite aux élections régionales, en ajustant sa stratégie sans remettre en cause le cap des réformes, selon ses proches.

(AFP)Le président français Nicolas Sarkozy s'apprêtait lundi à remanier son gouvernement au lendemain d'une très sévère défaite de la droite aux élections régionales, en ajustant sa stratégie sans remettre en cause le cap des réformes, selon ses proches.


Le Premier ministre François Fillon s'est entretenu dans la matinée avec le président pour "faire le point" sur les conséquences de ces dernières élections intermédiaires avant la présidentielle de 2012.


Le chef du gouvernement devait conserver ses fonctions et les changements au sein de son cabinet être "modestes", selon le principal collaborateur du président, Claude Guéant.

Ce remaniement devait être marqué par le départ du ministre du Travail, Xavier Darcos, un proche de Nicolas Sarkozy, largement battu dimanche et en position de faiblesse pour négocier une impopulaire réforme des retraites, selon son entourage.
Selon la presse, ce réaménagement ministériel devrait surtout consacrer l'entrée au gouvernement de représentants de la droite non sarkozyste et le gel de l'ouverture à gauche, comme l'ont demandé des barons de la majorité au Parlement.


Le second tour des régionales a nettement confirmé le vote sanction à l'égard de M. Sarkozy: la gauche a recueilli 54% des voix, loin devant la droite à 35,4%, selon les derniers résultats, tandis que le parti d'extrême droite du Front national enregistrait une remontée avec près de 18% des voix dans 12 régions.


Claude Guéant a indiqué que le président était "décidé à entendre" le message des électeurs. Mais ses lieutenants ont prévenu qu'il n'y aurait pas de changement de cap de sa politique: "Les Français n'ont pas dit non aux réformes", a déclaré le patron du parti présidentiel UMP, Xavier Bertrand.
Mardi le président devra pourtant affronter à nouveau la grogne sociale lors d'une journée nationale de grèves et de manifestations organisée à l'appel de plusieurs syndicats pour protester contre la politique sociale et économique du gouvernement.


La colère gronde également au sein d'une partie de la droite qui réclame une révision des priorités.
L'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a demandé un "vote de confiance" au Parlement sur les réformes. Le leader des députés UMP Jean-François Copé a appelé à "revenir aux fondamentaux" de la droite traditionnelle.
Le quotidien Le Figaro lui-même, très proche du pouvoir, voit dans le vote de dimanche l'"exaspération de nombreux électeurs de droite qui pêle-mêle ne comprennent pas l'ouverture à gauche, la surenchère écologique symbolisée par la taxe carbone, l'empilement de réformes (...) insuffisamment expliquées".


Parmi les dossiers "sensibles" à venir, le quotidien mentionne la réforme des retraites, celle de la justice, qui doit mener à la suppression du juge d'instruction, ou le projet de taxe écologique frappant les émissions de CO2, qui doit en principe entrer en vigueur à l'été.
De leur côté, les socialistes, divisés et dépourvus de tout projet cohérent depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy en 2007, sont relancés. "Jour de gauche", proclame le quotidien Libération.


Leur dirigeante, Martine Aubry, trouve aussi dans cette victoire la légitimité qui lui faisait défaut pour incarner une alternative au président de droite qu'elle a appelé lundi à "changer de politique". Elle pourrait prétendre à la candidature socialiste en 2012, avec le directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal, qui a triomphé dans sa région de Poitou-Charentes (ouest).
Après ces régionales, la gauche dirigera 21 des 22 régions de France métropolitaine (hors outre-mer). La droite a réussi à conserver l'Alsace (est). En outre-mer, elle a remporté la Réunion (océan Indien) et la Guyane (Amérique du Sud).

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