Arrestation humiliante de lycéens, la France sous le choc des images

L'arrestation humiliante de lycéens risque d'attiser un peu plus la colère. ©AFP

Une vidéo de lycéens tenus en respect par la police à Mantes-la-Jolie choque la France. Et met de l'huile sur le feu à la veilles des manifestations à haut risque prévues ce samedi par les gilets jaunes.

Voilà une image qui ne va pas faire baisser la tension à la veille d'un samedi de tous les dangers. La vidéo puis la photo de lycéens à genoux et mains sur la tête, encadrés par des policiers en tenue matraque à la main, ont très vite pris d'assaut les réseaux sociaux.

La scène s'est passée le jeudi 6 décembre à Mantes-la-Jolie. A la suite de nombreuses dégradations, quelque 150 lycéens de cette ville de la grande banlieue parisienne ont ainsi été parqués en rang, certains face à un mur. Quelques-uns avaient les mains entravées derrière le dos. Le plus jeune avait 12 ans. Selon le commissaire de la ville, ils ont été interpellés pour "participation à un attroupement armé". Il s'agissait en les maîtrisant de la sorte d'interrompre "un processus incontrôlé".

Mais la posture unanimement jugée humiliante a choqué, d'autant que sur la vidéo on entend ce commentaire teinté d'ironie : "Voilà une classe qui se tient sage..." Ces arrestations ont eu lieu après des incidents à proximité du lycée Saint-Exupéry où deux voitures ont été incendiées le jour-même et après que des heurts se sont produits avec la police, a ainsi constaté une journaliste de l'AFP.

Encerclés par les forces de l'ordre, les jeunes ont été conduits vers un espace dégagé où les autorités les ont immobilisés dans la posture qui fait polémique, avant qu'ils soient répartis vers les différents commissariats de la région. Le ministère de l'Intérieur a officiellement réagi à ces images en rapportant, selon le journal Libération, que "37 des présents, la plupart encagoulés, étaient trouvés porteurs de bâtons, battes de base-ball et conteneurs de gaz lacrymogène."

Le ministre de l'éducation a également réagi en évoquant un "contexte" mais en concédant que les images pouvaient être "choquantes". "Glaçant", "inadmissible", "invraisemblable", les réactions d'indignation se sont multipliées vendredi matin.

Les images largement diffusées ne peuvent qu'accroître la crainte des autorités à l'égard des manifestations de samedi à Paris et en province, puisque les lycéens ont depuis peu emboîté le pas aux gilets jaunes.

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