Au Mont-Blanc, Macron tancé pour son "greenwashing"

Emmanuel Macron a visité la Mer de glace, glacier qui serpente autour du Mont-Blanc.

À un mois des élections municipales, le Président français confirme qu'un arrêté préfectoral protégera le site naturel menacé par la surfréquentation. L'opposition dénonce une opération de com' pour masquer son faible bilan environnemental.

"Une meringue qui a désépaissi, grisâtre avec beaucoup de pierres." Voici ce qu'il reste aujourd'hui de la Mer de glace, glacier qui serpente autour du Mont-Blanc et qui, comme l'indique Jean-Marc Peillex, le maire de Chamonix, régresse de 8 à 10 mètres par an.

"Je n’imaginais pas une fonte aussi rapide, c’est impressionnant."
Emmanuel Macron
Président français

C'est sur ce site emblématique du réchauffement climatique que s'est rendu ce jeudi Emmanuel Macron, en guise de conclusion au conseil de défense écologique qui s'est tenu mercredi. "Je n’imaginais pas une fonte aussi rapide, c’est impressionnant. On se rend compte comment les non-décisions ont fait en arriver là", s’est exclamé le chef d'État, en tenue de ski, accompagné de guides.

En marge de son expédition, il a confirmé l'entrée en vigueur d'un arrêté préfectoral de protection naturelle qui renforcera les règles sur la fréquentation du site. Ces derniers étés, le plus haut sommet d'Europe occidentale, qui attire près de 20.000 visiteurs par an, a été le théâtre de nombreuses incivilités. Des alpinistes suisses y ont par exemple fait atterrir un avion de tourisme non loin du sommet, un artiste italien a envisagé de peindre la cime en rouge, etc.

"Sommet de la foutaise"

Ce voyage intervient au lendemain d'une rencontre entre Emmanuel Macron et les députés de la majorité. Occasion au cours de laquelle le Président a réitéré les deux piliers de son quinquennat : la sécurité et l'écologie. "Le régalien pour les électeurs de droite et l'écologie pour ceux qui ont été heurtés par sa droitisation", résume un éditorialiste parisien.

Cette visite est "un sommet de la foutaise et de l'hypocrisie".
François Ruffin
Député de La France Insoumise

À un mois des élections municipales, où les verts semblent bien positionnés, la démarche présidentielle suscite sans surprise de nombreuses critiques de l'opposition, qui pointe la faiblesse du bilan environnemental de Macron. Cette visite est "un sommet de la foutaise et de l'hypocrisie", a cinglé François Ruffin, député de La France Insoumise (LFI). "Je demande à Emmanuel Macron, qui est Président de la République, pas président du conseil départemental de Haute-Savoie, non pas de légiférer sur qui va pouvoir grimper en haut du Mont-Blanc (mais des) mesures structurelles sur comment on fait moins de gaz à effet de serre dans ce pays et pour ça, il faut qu'il y ait moins de camions qui le traversent."

Nouveau projet autoroutier

Interpellé à ce sujet sur la pollution des vallées de Chamonix et de l'Arve, Emmanuel Macron a déclaré qu'il n'était pas en mesure "d'interdire aux camions de passer". Comme ailleurs, le Président français préconise une politique européenne de renouvellement du parc afin de ne pas pénaliser les seuls routiers français. Une posture d'écologie compatible avec l'économie de marché qui a le don d'hérisser les militants écolos.

Le président Emmanuel Macron lors d'une visite de la Mer de Glace avec des scientifiques à Chamonix.

"L'air devient irrespirable. C'est une question de santé publique", s'insurge Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, qui dénonce un double discours. "Dans le même temps, il autorise la construction d'un nouveau projet autoroutier entre Thonon-les-Bains et le lac Léman, là où on aurait besoin de développer le ferroviaire. Lutter contre le dérèglement climatique n'est pas juste un arrêté sur le Mont-Blanc. Là, c'est vraiment se moquer du monde."

Réduction des émissions

La Mer de glace, glacier qui serpente autour du Mont-Blanc.

Arnaud Gauffier, le président du WWF, a quant à lui salué ce déplacement mais regretté que les "annonces ne soient pas à la hauteur des enjeux". "Ce qui fait disparaître les glaciers, c'est le réchauffement climatiqu. Si ça ne s'assortit pas d'une politique ambitieuse de réduction des émissions, ça ne sert à rien, et dans ce domaine, on n'est pas du tout dans les clous."

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés