Aux Pays-Bas, les entreprises mises à contribution dans la lutte en faveur du climat

Eric Wiebes et Mark Rutte ©ANP

Décriés pour sa politique laxiste envers le climat, les Pays-Bas décident de taxer les entreprises sur leurs émissions de CO2.

Virage à 180 degrés en matière de lutte contre le réchauffement climatique aux Pays-Bas. Pointé du doigt à plusieurs reprises pour sa politique environnementale laxiste, La Haye rectifie le tir en annonçant une taxe sur les émissions de CO2 qui va frapper les entreprises. Dans le même temps un allègement des charges pour les ménages dans la lutte contre les changements du climat, est au programme.

"Nous allons mettre en place une taxe sur les émissions de CO2 de l'industrie", a annoncé le Premier ministre libéral Mark Rutte, ajoutant toutefois que cette taxe devra être "raisonnable". "Nous ne voulons pas non plus que les entreprises partent en courant, il faut garder les emplois aux Pays-Bas, mais cette taxe doit rapporter des centaines de milliers d'euros", a-t-il expliqué alors qu'il s'était jusqu'à présent prononcé contre une telle fiscalité.

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En l'état, l'objectif des Pays-Bas est de réduire de 49% leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 1990.

Le montant de cette imposition sera communiquée en avril, lorsque le gouvernement présentera son plan "pour le climat" revu et corrigé. Selon cette mesure-phare annoncée à moins d'une semaine d'élections délicates pour le gouvernement, la facture énergétique nécessaire pour rester dans les clous de l’accord de Paris devrait être acquittée aux deux tiers par les entreprises et pour un tiers par les citoyens. "Il s'agit d'une répartition plus équitable", a estimé le chef du gouvernement.

En l'état, l'objectif des Pays-Bas est de réduire de 49% leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 1990. Reste que dans le cadre de l'accord-cadre sur le climat néerlandais qui prévalait jusqu'à présent, cet objectif n'avait aucune chance d'être atteint, comme en ont récemment conclu les rapports de plusieurs instituts économiques. De plus, les ménages aux revenus modestes s’avéraient plus sollicités financièrement que les autres dans le texte adopté en décembre dernier par la coalition.

"Nous allons réduire les charges dans le portefeuille des ménages et exiger une plus grande part de l'industrie afin de trouver un équilibre dans l'effort de lutte contre le réchauffement climatique", a précisé le ministre de l’Économie et du Climat, Eric Wiebes, en traçant les mesures du futur plan pour la climat. Le gouvernement prévoit ainsi de diminuer les subventions pour l’achat de voitures électriques neuves et en revanche de soutenir le marché des voitures électriques d'occasion.

De même, une hausse prévue de l'imposition pour les propriétaires d'automobiles à essence et diesel passe à la trappe. Outre la perspective de perdre les élections du 20 mars, plusieurs revers ont incité le gouvernement à changer son fusil d'épaule face à une opinion publique dénonçant le laxisme de sa politique de lutte anti-pollution.

Une manifestation d'une ampleur inattendue a ainsi rassemblé plus de 35.000 personnes le week-end dernier à Amsterdam. Mais surtout, dans le cadre d'une action en justice historique intentée par une ONG, la justice néerlandaise a condamné en appel l’État en octobre dernier à réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020.

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