Baisse d'impôts, retraites augmentées, référendums: voici les mesures que Macron devait annoncer

Emmanuel Macron ©REUTERS

Emmanuel Macron devait prononcer une allocution hier/lundi pour dévoiler la série de mesures qu'il comptait mettre en place pour mettre un terme à la crise des gilets jaunes. L'incendie de Notre-Dame à Paris l'en a toutefois empêché. On vous expose 6 mesures qui devaient être dévoilées par le président français.

L'allocution d'Emmanuel Macron devait intervenir hier/lundi soir à 20h, au terme du grand débat national mis en place en janvier et qui devait répondre à la colère des gilets jaunes exprimée depuis plusieurs mois au moyen d'un mouvement de contestation chaque samedi dans les plus grandes villes de France.

Celle-ci a toutefois dû être annulée en dernière minute après le violent incendie qui a touché la cathédrale Notre-Dame en plein centre de Paris. Les médias français ont toutefois pu se procurer les 6 principales mesures qui devaient être dévoilées par le président français. L'Elysée refuse de les commenter et précise que le chef de l'Etat français a souhaité reporter leur annonce pour "respecter un temps de recueillement et avoir la responsabilité qui s’impose dans ce moment de grande émotion nationale."

1/ Baisser les impôts des classes moyennes

Macron souhaite "baisser les impôts des classes moyennes" en finançant cette mesure notamment par la "suppression de certaines niches fiscales". Le président français demande aussi une "évaluation objective" de l'ISF dès le début de l'année 2020, sur la base de laquelle il s'engage "à apporter toutes les modifications et corrections nécessaires".

"La meilleure méthode pour répondre au besoin de justice fiscale n'est pas d'augmenter les impôts de tels ou tels mais plutôt de baisser les impôts des classes moyennes."

Le chef de l'Etat part du constat que "le besoin de justice fiscale s'est exprimé fortement pendant tout ce débat". Mais pour lui, "la meilleure méthode" pour y répondre "n'est pas d'augmenter les impôts de tels ou tels mais plutôt de baisser les impôts des classes moyennes" qui ont été "largement mises à contribution durant les dernières décennies".

Emmanuel Macron veut donc demander au gouvernement de mettre en oeuvre cette baisse d'impôt "en la finançant par la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique". Il précise que cette baisse "sera une réalité dès le début de l'année prochaine".

2/ Les retraites de moins de 2.000 euros réindexées en 2020

Le président français est pour la réindexation des "retraites de moins de 2.000 euros" sur l'inflation à partir du 1er janvier 2020. "Je sais tous les malentendus qu'il y a eu sur le sujet des retraites dans ces deux années. Je le regrette. Les retraites de moins de 2.000 euros seront réindexées sur l'inflation dès le 1er janvier prochain".

"L'effort qui leur a été demandé était trop important et n'était pas juste."

Par mesure d'économie, le Premier ministre Edouard Philippe avait annoncé fin août que la hausse des pensions de retraites serait plafonnée à 0,3% en 2019 et 2020, une mesure impopulaire qui s'ajoutait à l'effet de la hausse de la CSG pour certains retraités. Le 10 décembre, lors d'une allocution télévisée après trois semaines de crise des gilets jaunes, Macron avait déjà annoncé l'annulation, pour 2019, de la hausse prévue de la CSG pour les retraités touchant moins de 2.000 euros par mois.

"L'effort qui leur a été demandé était trop important et n'était pas juste", a-t-il dit. Jusque-là, seuls les retraités gagnant moins de 1.200 euros environ étaient exemptés. En la réindexant sur l'inflation à partir de 2020, la progression des pensions sera plus rapide l'an prochain.

3/ Un référendum d'initiative partagée plus accessible, des RIC locaux

Macron souhaite des référendums d'initiative citoyenne (RIC) limités à des sujets locaux, un référendum d'initiative partagée simplifié et une convention citoyenne tirée au sort. Jugeant "qu'il y a de nouveaux équilibres à trouver", il estime en outre dans ce texte que le parlement d'un côté, "le peuple des citoyens" de l'autre, doivent chacun "trouver la plénitude de (leurs) droits et être respecté(s)".

"Nous devons, pour nos élections, en particulier au Parlement, avoir moins d'élus et un scrutin plus juste et significativement plus proportionnel."

"Vous voulez, je l'ai entendu, être mieux représentés", devait-il dire, en assurant "partager cette conviction". Tout en estimant que "nous devons, pour nos élections, en particulier au Parlement, avoir moins d'élus et un scrutin plus juste et significativement plus proportionnel". Le chef de l'Etat est "favorable à ce que les référendums d'initiative citoyenne puissent être organisés sur certains sujets d'intérêts locaux", et "à ce qu'on puisse rendre plus accessible, en en simplifiant les règles", le référendum d'initiative partagée (RIP), prévu par la Constitution mais extrêmement compliqué à mettre en oeuvre.

Pour permettre aux Français de "participer plus fortement à la décision", "une convention de 300 citoyens tirés au sort" sera installée "dès le mois prochain", en mai, avec la tâche de "travailler à la transition écologique et aux réformes concrètes à prendre", devait-il annoncer. 

4/ La pérennisation de la prime exceptionnelle de fin d'année

Le chef de l'Etat français doit également annoncer que la prime exceptionnelle de 1.000 euros défiscalisée et sans cotisations sociales décidée fin décembre 2018 face au mouvement des gilets jaunes va être "pérennisée" et ouverte aux employeurs "chaque année".

"La prime exceptionnelle que nous avons créée à la fin de l'année dernière, sera pérennisée chaque année", selon le verbatim du projet de discours. Cette prime, annoncée en décembre et dont le versement était possible jusqu'au 31 mars, est dans son format actuel ouverte aux salariés touchant jusqu'à 3.600 euros mensuels net.

5/ Un moratoire sur les fermetures d'écoles et d'hôpitaux

Macron ne veut plus "aucune fermeture d'école et d'hôpital jusqu'à la fin du quinquennat", "sauf demande des maires". Prenant acte que "beaucoup de nos concitoyens ont le sentiment que leur territoire est abandonné" et du "besoin de proximité, d'enracinement", le chef de l'Etat souhaite "assurer la présence des services publics".

"Jusqu'à la fin du quinquennat, sauf demande des maires, il n'y aura plus aucune fermeture d'école, aucune fermeture d'hôpital sur notre sol."

"Jusqu'à la fin du quinquennat, sauf demande des maires, il n'y aura plus aucune fermeture d'école, aucune fermeture d'hôpital sur notre sol", selon le texte. Pour les mêmes raisons, Macron veut "ouvrir un nouvel acte de notre décentralisation", expliquant: "Je crois en l'État, qui en France a construit la Nation. Mais nous avons besoin sur tous les sujets du quotidien, de décider plus vite, plus simplement, plus clairement, au plus près de nos concitoyens".

6/ La suppression de l'ENA

Le président français est favorable à un changement de "la formation, la sélection, les carrières en supprimant l'ENA et plusieurs autres structures". "Nous avons besoin d'une élite, de décideurs", estime Emmanuel Macron, qui souhaite qu'on donne "à tous nos jeunes leurs chances en fonction uniquement de leur mérite et pas de leur origine sociale ou familiale", selon le document.

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