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Baisse historique des émissions des gros pollueurs européens en 2019

Vue d'une centrale électrique au charbon à Neukieritzsch, en Allemagne. Un secteur en recul sous l'augmentation du prix de la tonne de CO2. ©EPA

Les émissions de CO2 des industries à haute intensité carbone ont reculé de 8,7% l’an dernier. Cette baisse s'explique par l'efficacité du système européen de quotas d'émissions pour le secteur de la production d'énergie. Mais elle n'est pas générale: en Belgique, les émissions des grands émetteurs ont augmenté.

On n’avait pas vu une telle baisse depuis la crise financière de 2009. À l'époque, les émissions des industries très polluantes, qui sont soumises à des quotas d'émissions, avaient baissé de 11% en raison de la récession économique. Dix ans plus tard, l'économie européenne était en croissance, pourtant leurs émissions ont baissé de 8,7% par rapport à l'année précédente, selon des chiffres publiés mardi par la Commission européenne.

-15%
Chute des émissions de la production énergétique
Les émissions générées par la production d'énergie ont baissé de 15% sur un an, en raison du recul du charbon, dont la rentabilité décroît avec l'augmentation du prix de la tonne de CO2.

Ce chiffre englobe centrales thermiques, cimenteries, sidérurgie, usines chimiques ou encore aviation: tous les secteurs soumis au système ETS (European Trading System), par lequel les gros émetteurs se voient octroyer des quotas d'émissions. Ils peuvent revendre ceux dont ils n'ont pas besoin ou en acheter d'autres sur le marché s'ils dépassent leurs droits de polluer (au prix de 19 euros la tonne, ce mardi). Ces secteurs couvrent environ 45% des émissions européennes de gaz à effet de serre, et notamment pas le transport, les bâtiments ou l'agriculture.

La plupart des États membres de l'Union ont contribué à la baisse historique observée en 2019. La Belgique fait partie des cinq pays dans lesquels les émissions du secteur étaient en hausse (+0,86%), tandis que les émissions baissaient substantiellement dans des pays qui utilisent encore le charbon pour produire leur énergie, comme l'Allemagne (-13,8%) ou la Pologne (-8,12%).

Le rôle des quotas

La forte baisse observée en 2019 est pour l’essentiel le résultat de changements dans la production d’énergie. Ce secteur a vu ses émissions baisser de 15% sur un an, en raison de la baisse de la production d’énergie au charbon au profit de l'énergie au gaz ou renouvelable. Les émissions des industries manufacturières à haute intensité énergétique ont pendant ce temps baissé de 2%, tandis que celles de l'aviation augmentaient de 1%.

"[Au prix de la tonne de CO2], il est devenu moins cher de produire de l’électricité à partir de gaz qu’à partir de charbon."
Sam Van den plas
Carbon Market Watch

"La réforme du système ETS a fait monter le prix de la tonne de CO2 à 25 euros à partir de la mi-2018. À ce prix, il est devenu moins cher de produire de l’électricité à partir de gaz qu’à partir de charbon", explique Sam Van den plas, directeur chez Carbon Market Watch, une ONG spécialisée. Le système de quotas joue donc son rôle, mais en partie seulement, tempère-t-il, soulignant la faible inflexion des émissions des industries manufacturières. Celles-ci, contrairement aux producteurs d'énergie, bénéficient de quotas pour l'essentiel gratuits, censés les prémunir contre une perte de compétitivité face à leurs concurrentes étrangères.

©Mediafin

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