BCE: les critiques fusent

Le discours de Jean-Claude Trichet, président de la BCE est pointé du doigt. © Hannelore Foerster

Sur la forme et sur le fond, la Banque centrale européenne est contestée. Le discours de Jean-Claude Trichet n'a pas convaincu, pas plus que les mesures envisagées par la BCE.

"La Banque centrale européenne (BCE) doit arrêter de se cacher derrière son orthodoxie monétaire", a déclaré vendredi à l'Agence Belga l'économiste en chef d'ING, Peter Vanden Houte.

Des actions très fortes seront nécessaires pour sortir de la spirale négative actuelle, estime-t-il.

Jeudi, Jean-Claude Trichet  avait fait part de son intention de procéder à de nouveaux achats d'obligations d'Etats européens. Cette annonce de la Banque centrale européenne n'allait pas "assez loin", estime Peter Vanden Houte. "On espérait que cela pourrait rassurer les marchés, mais le fait que Jean-Claude Juncker ait indiqué qu'il n'y avait pas d'unanimité au sein de la BCE, c'est-à-dire peu d'enthousiasme et trop de résistance de la part des Etats, a eu un effet négatif."

Pour sortir de cette spirale, des actions très fortes sont nécessaires, estime l'économiste. "Pour sauver l'union monétaire, une 'obligation européenne' devrait être la prochaine étape, mais cela prendra du temps. A court terme, il faut des déclarations fortes. La BCE doit arrêter de se cacher derrière son 'orthodoxie monétaire' et se rappeler que s'il n'y a plus d'union, il n'y plus de BCE non plus."

La ministre espagnole de l'Economie Elena Salgado a aussi critiqué vendredi le discours tenu la veille par le gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), estimant que celui-ci a créé "une certaine confusion" sur les marchés.


"Je dois reconnaître que cela n'a pas été la meilleure conférence de presse de Jean-Claude Trichet que j'ai suivie", ce qui a entraîné "une certaine confusion sur les marchés", a-t-elle déclaré à la radio nationale RNE.


"Tout au long de cette conférence de presse qui a été très longue, anormalement longue, des nouvelles sont apparues selon lesquelles (la BCE) était en train d'acheter des bons irlandais et portugais", a-t-elle noté.
Ce sont "deux pays qui ont déjà des programmes d'aide financière, donc ce n'était pas prévu qu'une telle intervention soit nécessaire", a-t-elle critiqué, alors que les marchés attendaient plutôt un geste envers les obligations espagnoles ou italiennes, en vain.

A ce propos, un économiste en chef londonien, Holger Schmieding, demande que la BCE fasse preuve d'un peu de sérieux. Selon lui, se limiter aux seuls achat de bons irlandais et portugais revient à “préparer une brigade de pompiers afin qu'elle réponde à une urgence majeure pour ensuite l'amener  à la mauvaise place et ne pas éteindre le feu réel". 

Ce vendredi, la BCE s'est dit toutefois prête à racheter des obligations italiennes et espagnoles si Silvio Berlusconi s'engage à mettre en place des réformes spécifiques. A l'heure actuelle, les dirigeants européens sont donc en train d'exercer une forte pression sur le chef du gouvernement italien pour qu'il fasse une annonce.

Des rumeurs de marché vendredi laissaient toutefois entendre qu'elle avait finalement décidé de racheter des obligations espagnoles et italiennes, ce qui a fait repasser dans le vert la Bourse madrilène.

 

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