Berlin veut baisser l'impôt sur les sociétés

Le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier. ©REUTERS

Le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier, envisage cette mesure pour contrer les effets d’une possible récession.

Le ministre allemand de l’Économie, Peter Altmaier, entreprend en cette fin de semaine la tournée des PME leaders de leur secteur en Basse-Saxe, Rhénanie et en Saxe-Anhalt. À la veille de son départ jeudi, il a précisé les grandes lignes de l’offensive PME qu’il entend entamer dans les prochains mois alors qu’une récession technique menace l’économie allemande. L’Allemagne, très dépendante de ses exportations, souffre particulièrement de l’incertitude autour du Brexit et des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.

25%
Peter Altmaier s’est déclaré jeudi favorable à l’instauration d’un "couvercle fiscal", qui garantirait que, sur le long terme, le taux d’imposition des PME ne dépassera pas le taux de 25%.

Membre du parti chrétien démocrate d’Angela Merkel, ce proche de la Chancelière se préoccupe tout particulièrement du sort des PME, des entreprises souvent familiales, comptant plusieurs centaines de salariés et représentant 60% de l’emploi dans le pays. Alors que les chiffres du chômage indiquent une légère tendance à la hausse, il est urgent aux yeux du ministre de soulager les tissus des PME en matière de charges sociales, de bureaucratie et surtout d’imposition.

Le ministre réclame donc la suppression par étapes de l’impôt solidarité, une taxe créée en 1990 pour financer la Réunification. Cette taxe très impopulaire pèse sur les particuliers comme sur les sociétés. Surtout, Peter Altmaier s’est déclaré jeudi favorable à l’instauration d’un "couvercle fiscal", qui garantirait que sur le long terme le taux d’imposition des PME ne dépassera pas le taux de 25% tandis que le montant des cotisations sociales serait maintenu sous la barre des 40%. Altmaier réclame notamment une baisse à court terme du montant des cotisations chômage de 0,3 à 0,4 points.

Principal concurrent de la Belgique

"Notre économie dépend de PME orientées à l’exportation, comme presqu’aucun autre pays au monde, rappelle le ministre. Un des axes de ma politique en direction des PME est de réduire le niveau d’imposition." Les compétences en matière de fiscalité relevant du ministère des Finances, aux mains du social démocrate Olaf Scholz, les propositions de Peter Almaier, qui vont au-delà du contrat de coalition signé entre les deux partis au printemps 2018, sont de nature à relancer les tensions au sein du gouvernement allemand.

La stratégie fiscale du ministre, s’il parvenait à imposer sa ligne au sein du gouvernement allemand, pourrait désavantager les entreprises installées en Belgique. L’Allemagne est le principal concurrent de la Belgique en termes de sites de production. Les propositions présentées hier par le ministre ont été bien accueillies par la fédération des chambres de commerce et d’industrie, DIHK. "La conjoncture se refroidit clairement, rappelle le président du DIHK, Eric Schweizter. Les propositions du ministre arrivent à point nommé."

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