Publicité

Boris Johnson affaibli par son principal conseiller

Des protestataires ont exigé l'éviction de Cummings en manifestant devant le 10 Downing Street. ©AFP

Le Premier ministre britannique refuse d’évincer Dominic Cummings, qui a enfreint les règles du confinement. Sa gestion de la crise du Covid-19 est désormais sévèrement jugée par les Britanniques.

Pour la deuxième fois depuis sa prise de pouvoir, Boris Johnson a été questionné par le Liaison Committee, une commission parlementaire qui rassemble les députés de différents bords. Le Premier ministre n’est plus le même homme depuis sa première audition, en juillet dernier, tant cette première année à Downing Street a été mouvementée. La dernière épreuve n’est pas la plus simple: sauver Dominic Cummings, son principal conseiller depuis la campagne du Brexit. Celui-ci a enfreint les règles du confinement alors qu’il était lui-même atteint du coronavirus. Il a refusé de s’excuser et de démissionner, malgré la campagne médiatique et la défiance de l’opinion, qui n’a pas adhéré à ses justifications. Près de 800.000 personnes ont signé une pétition pour demander son éviction.

Face au Liaison Committee, en direct sur les chaînes d’information, Boris Johnson a réitéré son soutien à son éminence grise. "Je comprends complètement l’indignation publique, mais j’ai dit ce que j’avais à dire à propos de cette affaire, et il est vraiment souhaitable que nous avancions."

Révolte tory

En début de semaine, il avait affirmé regretter "la confusion, la colère et la douleur" causées par cette polémique, et avait justifié sa non-intervention par le fait qu’il était lui-même tombé malade.

La révolte d’une quarantaine de députés tory, qui ont exigé le départ de Cummings, est toutefois une tempête dans un verre d’eau en comparaison du psychodrame de l’automne dernier, après la suspension du parlement, lorsqu’une vingtaine de députés majeurs avaient quitté le parti et dangereusement fragilisé son avenir. Les temps ont changé, puisque Johnson dispose quoiqu’il arrive d’une majorité confortable et a encore quatre ans devant lui pour préparer les prochaines élections.

"J’étais de plus en plus affaibli lorsque nous avons discuté avec Dominic Cummings, et qu’il m’a, je crois, indiqué où il était. Je dois vous dire qu’à ce moment précis, j’avais autre chose à gérer et que je n’y ai pas vraiment prêté attention jusqu’à ce que ces histoires émergent ces derniers jours."
Boris Johnson
Premier ministre britannique

Mais ce scandale laissera des traces, et interroge sur la dépendance que Johnson entretient vis-à-vis de Dominic Cummings, qui est beaucoup plus qu’un conseiller de l’ombre. Il a un rôle moteur dans la plupart des grandes décisions, et il est très connu du grand public puisqu’une série télévisée lui a été consacrée au lendemain du référendum sur le Brexit. Une série dans laquelle son côté froidement calculateur et cynique était mis en avant.

Alors qu’il bénéficiait jusqu’à présent d’une certaine mansuétude des Britanniques, Boris Johnson a vu sa popularité s’effondrer ces dernières semaines et passer à des niveaux négatifs. Ses hésitations, ses contradictions, ont semé le trouble, comme l’indique le récent report de la réouverture des magasins du 1er au 15 juin, alors que les commerçants se préparaient depuis deux semaines à lever leurs rideaux. Un report d’autant plus critiqué que la dynamique de contaminations s’est nettement affaissée et que l’épidémie semble désormais sous contrôle.

Tout savoir sur le coronavirus Covid-19

La pandémie de coronavirus Covid-19 frappe de plein fouet la vie quotidienne des Belges et l'économie. Quel est l'impact du virus sur votre santé et sur votre portefeuille? Les dernières informations et les analyses dans notre dossier. 

Par thématique:

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés