Boris Johnson annonce jusqu’à six mois de restrictions

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Confronté à une hausse spectaculaire du nombre de cas de Covid-19 depuis la rentrée, le Premier ministre britannique a annoncé de nouvelles mesures, et de sévères sanctions pour les contrevenants.

Les nouvelles mesures de restrictions annoncées par Boris Johnson mardi au Parlement puis lors d’une allocation télévisée solennelle marquent le recul le plus spectaculaire depuis le début du déconfinement au mois de mai. Les pubs, bars et restaurants devront cesser de prendre des commandes à partir de 21h30 chaque soir et fermer leurs portes une demi-heure plus tard. Le port du masque sera obligatoire dans les taxis et dans les magasins. Les sports de salle avec plus de six personnes seront désormais interdits, dans le cadre de l’interdiction annoncée il y a quelques jours des rassemblements de plus de six personnes. Le retour du public dans les stades de football est également repoussé. Johnson demande aussi aux travailleurs de bureau de rester chez eux s’ils le peuvent, alors qu’il les incitait à retourner sur leur lieu de travail il y a encore trois semaines.

"A moins de progrès significatifs, ces restrictions seront en place pour six mois", a-t-il indiqué.

Au cœur de l’été, Boris Johnson avait comparé la possibilité d’un second confinement à la dissuasion nucléaire. "Je ne veux vraiment pas l’utiliser", avait-il ajouté, "et je ne pense pas que nous serons de nouveau dans cette situation".

"A moins de progrès significatifs, ces restrictions seront en place pour six mois."
Boris Johnson
Premier ministre britannique

S’il n’est pas encore question de demander à l’ensemble des citoyens de rester chez eux, le principe de la dissuasion reste cher au Premier ministre, qui a confirmé mardi que ceux qui ne respecteraient pas les nouvelles restrictions seront sévèrement sanctionnés par des amendes maximales de 10.000 livres (10.800 euros) pour ceux qui refusent de s’auto-isoler et pour les entreprises qui ne respectent pas les règles. Boris Johnson se dit prêt à aller plus loin, et "donner à la police et aux autorités locales les moyens supplémentaires dont elles ont besoin, une plus grande présence policière dans nos rues, et l’option de faire appel au soutien militaire là où ce sera nécessaire".

3,4/1.000
Tests
Le Royaume-Uni est le pays occidental qui pratique le plus grand nombre de tests (3,4 / 1.000 habitants au 18 septembre), dont moins de 2% sont positifs.

Johnson s’est dit "profondément, spirituellement réticent" à limiter les libertés individuelles, mais a insisté sur l’urgence d’agir rapidement, afin de ne pas être dans l’obligation "d’appliquer des mesures plus dures plus tard". En Ecosse, il est déjà interdit pour des membres de deux foyers différents de se rendre visite.

Le principal organisme patronal, la CBI, a sévèrement critiqué ces mesures pour "l’impact dévastateur" qu’elles pourraient avoir sur la reprise. A gauche, Keir Starmer, le président du Parti travailliste, a estimé que la raison première de l’explosion du nombre de nouveaux cas était le "quasi-effondrement" du système Test and Trace.

Le Royaume-Uni est le pays occidental qui pratique le plus grand ratio de tests mais il est défaillant sur l’exploitation des résultats et le suivi des contacts, ce qui l’expose à une poussée comparable à celles observées en Espagne et en France malgré des taux de positivité situés seulement entre 1,5% et 2%.

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