Boris Johnson souhaite une sortie "totale" de l'Union douanière

©REUTERS

Quitter l'Union douanière sans condition. C'est ce que préconise, le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, pour le Royaume-Uni. Une position qui divise au sein même du gouvernement et déplaît à l’Écosse.

En vue de redonner au Royaume-Uni son statut de puissance commerciale mondiale, Boris Johnson, chef de la diplomatie britannique, prône de quitter "totalement" l'Union douanière européenne après le Brexit. Et propose de se tourner vers l'Amérique latine.

Se replacer au cœur du commerce international

"Le moment est venu pour nous, non pas d'être moins Européens-nous pouvons conclure un accord de libre-échange avec l'UE qui profitera aux deux parties-, mais d'être à nouveau véritablement (un acteur) mondial." C'est en ces termes que Boris Johnson, chef de la diplomatie britannique, a insisté sur une ligne rigide à l'égard de l'union douanière, dans The Daily Telegraph.

"Si nous voulons être un partenaire commercial valable, alors nous devons reprendre le contrôle de nos tarifs douaniers et conclure des accords sans entrave ni complication"
Boris Johnson
Secrétaire d'Etat britannique aux Affaires Etrangères

Une décision mise à profit d'une ambition: redevenir une nation commerçante à l'échelle mondiale. Boris Johnson a considéré qu'il était "temps" de conclure des accords avec les "pays dynamiques" d'Amérique latine comme l'Argentine, le Pérou ou encore le Chili.

"Mais nos partenaires latino-américains sont catégoriques: pour que ça marche, nous devons totalement sortir de l'union douanière de l'UE", a nuancé le chef de la diplomatie britannique. "Si nous voulons être un partenaire commercial valable, alors nous devons reprendre le contrôle-comme la Première ministre a dit- de nos tarifs douaniers et conclure des accords sans entrave ni complication."

Si le Royaume-Uni doit quitter l'UE en mars 2019, il se maintiendra au sein de l'union douanière pendant une période de transition qui s'étendra jusqu'à fin 2020. Un délai qui devrait permettre de mettre en application un nouveau partenariat.

Cependant, le parti au pouvoir est divisé sur la question. Certains préconisent un maintien dans l'union douanière tandis que d'autres espèrent pouvoir élaborer un autre arrangement.

Seulement, Londres n'a pas encore tranché sur la solution qu'elle souhaite soumettre à l'UE, et ce, à peine un mois avant un important sommet se tenant à Bruxelles.

En mars, les Britanniques avaient accepté d’intégrer dans l’ébauche d’accord de retrait de l’UE l’option d’un " espace réglementaire commun" incluant l’UE et l’Irlande du Nord, au moins jusqu’à ce qu’une solution satisfaisante soit proposée pour résoudre le problème de la frontière irlandaise après la sortie de l’UE. Cela avait alarmé les partisans d’un Brexit dur, comme Boris Johnson.

Quid de l'Ecosse?

Quelle position du côté de l’Écosse concernant le post-Brexit? Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise, a précisé qu'elle avait indiqué au négociateur européen pour le Brexit, Michel Barnier, que l’Écosse souhaitait se maintenir au sein de l'Union douanière et du marché unique européens. La responsable politique est actuellement à Bruxelles pour consulter Michel Barnier.

En revanche, les autorités écossaises ont fait part de leur inquiétude à l'égard d'un accord qui, selon elles, donnerait un avantage compétitif certain à l'Irlande du Nord au détriment de l’Écosse.

Nicola Sturgeon a rapporté que son pays ne ferait pas le choix d'adopter l'euro. Elle a défendu sa posture en rappelant que l'appartenance à la zone euro n'était pas une condition indispensable à un maintien dans l'UE. "La livre est actuellement la monnaie de l’Écosse. La livre, comme tout le monde le sait, est une monnaie d'échange internationale. Il n'y a absolument aucune raison que l’Écosse cesse d'utiliser la livre", a assuré la Première ministre.

A noter que le pouvoir écossais a redonné récemment de la vigueur au débat sur l'indépendance de l’Écosse. "Une fois que nous aurons plus de clarté, ce qui avec un peu de chance sera le cas à l'automne de cette année, à propos de l'issue du Brexit et de la relation future entre le Royaume-Uni et l'UE, je considérerai de nouveau la question d'un référendum sur l'indépendance", avait expliqué Nicola Sturgeon ce dimanche sur ITV.

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