Bras de fer européen sur la neutralité carbone en 2050

©EPA

Une large majorité d’États membres est favorable à un objectif zéro CO2 pour 2050. Une décision à prendre cette semaine si l’Union veut aller au prochain sommet climatique de l’ONU avec cette ambition.

C’est la dernière chance pour l’Union européenne de se fixer un objectif climatique chiffré pour 2050 avant le sommet "de l’action climatique", convoqué en septembre par le secrétaire général des Nations unies. Jeudi après-midi, les Vingt-Huit parleront climat lors de leur sommet à Bruxelles. Et ce qui devait être un point parmi beaucoup d’autres pourrait se muer en une discussion de fond plus longue que prévu, indique une source au Conseil.

Le groupe de pays qui demandent de fixer le cap clair de "zéro émissions nettes" de gaz à effet de serre pour 2050 s’est en effet agrandi ces derniers jours.

Le groupe de pays qui demandent de fixer le cap clair de "zéro émissions nettes" de gaz à effet de serre pour 2050 s’est en effet agrandi ces derniers jours. Alors que la Belgique s’y était jointe le mois dernier – malgré les protestations de la Flandre –, l’Allemagne, puis des pays du sud comme l’Italie, la Grèce, Chypre et Malte ont également suivi le mouvement. On s’attendait ce lundi soir à une prise de position dans le même sens de l’Irlande, portant à 18 le nombre de pays favorables à l’objectif proposé l’an dernier par la Commission européenne.

Une majorité est loin d’être suffisante, puisque le Conseil européen prend ses décisions par consensus. La plupart des autres États membres n’ont pas exprimé de position claire sur le sujet. Les plus ostensiblement opposés sont la Pologne, la Hongrie et la Bulgarie. Selon une source diplomatique, les pays d’Europe de l’Est plaident par ailleurs au Conseil pour figer le cadre des ambitions européennes pour 2030, alors qu’une révision à la hausse de ces ambitions est attendue.

"Je compte sur vous pour démontrer une fois de plus le leadership de l’Union européenne."
Antonio Guterres
Secrétaire général de l’ONU

"Je compte sur vous pour démontrer une fois de plus le leadership de l’Union européenne", indiquait le secrétaire général de l’ONU dans une lettre au président du Conseil, datée du 23 mai. Alors que l’Union vise pour l’heure 40% de réduction en 2030, Antonio Guterres l’enjoignait à se fixer pour objectif une réduction de 55% des émissions à cette échéance, avant le sommet climatique de septembre. Et ajoute: "J’accueillerais également l’annonce de l’adoption de sa vision stratégique à long terme pour une économie neutre en carbone pour 2050."

Le "momentum" est-il suffisant pour que la discussion au Conseil, ce jeudi, aboutisse? La pression est toujours plus grande sur le fil de la date limite. On y est si l’Europe veut s’afficher en leader au rendez-vous politique de septembre. Mais elle a encore jusqu’à la fin de l’année pour mettre à jour ses ambitions si elle veut simplement respecter le calendrier administratif fixé par les Nations unies.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect