Brexit: "Si le Royaume-Uni veut devenir une république bananière, c'est son choix"

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Les députés européens se sont inquiétés ce mercredi à Strasbourg du sort des 3,8 millions d'Européens vivant au Royaume-Uni après le Brexit. L'obligation d'obtenir un statut de résident permanent était au coeur des débats.

Un air de colère et tristesse pesait ce mardi sur le Parlement européen à Strasbourg. En premier lieu, parce que cette première session de l'année 2020 devrait être la dernière pour les 73 députés britanniques qui prendront la porte de sortie le 29 janvier, le jour du Brexit. Pour beaucoup, c'est la fin de dizaines d'années de collaboration, parfois d'une amitié profonde. Pour d'autres, les pro-Brexiters, c'est l'occasion de pousser un dernier râle sur l'Europe. 

Lors d'un débat musclé, les eurodéputés ont fait état de leurs craintes sur la gestion des droits des citoyens européens vivant au Royaume-Uni. L'obligation d'obtenir le statut de résident permanent, en particulier, hérisse les élus. Ils s'alarment aussi de la possibilité de voir le gouvernement britannique supprimer l'autorité indépendante chargée de surveiller le respect de ces droits.

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"Une mesure stupide"

"C'est une mesure stupide, a lancé l'eurodéputée libérale Sophie in 't Veld (RE, Pays-Bas), aucun gouvernement n'a le droit de retirer des droits à des citoyens".

"C'est irresponsable de faire peur aux citoyens, a dit le démocrate chrétien Jeroen Lenaers (PPE, Pays-Bas), si le Royaume-Uni veut devenir une république bananière, c'est son choix".

"Nous sommes très inquiets, d'autant que le gouvernement britannique s'est donné le droit de supprimer unilatéralement l'autorité gardienne de droits des citoyens", a renchéri Philippe Lamberts, le coprésident des Verts.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, devant le parlement à Strasbourg. ©REUTERS

La Commission européenne, elle-même, est apparue dubitative. "Le statut de résident pourrait être beaucoup plus commode", a dénoncé Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, "il est essentiel d'avoir un document physique apportant plus de crédibilité".

Urgence

Je prie Boris Johnson de faire preuve d'un peu de souplesse. Peut-être pourrait-il s'inspirer de la Reine qui a offert une période de transition à Megan et Harry.
Guy Verhofstadt
député européen (RE)

Pour les élus, il y a urgence, car le statut des citoyens pourrait poser problème dès le début du Brexit, après le 29 janvier. "Si nous n'agissons pas maintenant, cela risque de rester comme cela jusqu'à la fin de l'année, s'est inquiété le Belge Guy Verhofstadt (RE)je prie Boris Johnson de faire preuve d'un peu de souplesse. Peut-être pourrait-il s'inspirer de la Reine qui a offert une période de transition à Megan et Harry".

Pour rappel, l'accord du Brexit stipule que les citoyens européens vivant au Royaume-Uni, et vice-versa, conserveront leurs droits à la santé, la retraite, au travail aux prestations sociales. Mais les Britanniques, contrairement à leur promesse, ont ajouté l'obligation pour les citoyens européens vivant sur leur sol de s'enregistrer et d'obtenir un statut de résident permanent.

Cette procédure, jugée lourde et humiliante, pose de graves problèmes. À ce jour, sur 3,8 millions de citoyens européens vivant au Royaume-Uni, 2,6 millions l'ont demandé. À peine 59% d'entre eux l'ont obtenu, tandis que 41% d'entre eux n'ont obtenu qu'un statut de résident provisoire. De plus, aucun papier officiel, sinon un simple mail, ne permet d'attester du titre de résident. 

Le Parlement européen votera ce mercredi une résolution appelant les États de l'UE et le Royaume-Uni à respecter leurs promesses, prévues dans l'accord sur le Brexit, sur la protection des droits de ces citoyens pendant et après la période de transition.


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