Buckingham Palace pris au piège de la surenchère médiatique

Harry et Meghan lors de leur interview avec Oprah Winfrey. ©AFP

Un peu plus d'un an après le Megxit, la famille royale est ciblée par le récit acide livré par Meghan et Harry dans une interview à CBS.

Pensées suicidaires de Meghan, allusions équivoques d'un membre de la famille royale sur la couleur de peau du premier enfant du couple, privation de ressources financières: le tableau dépeint par le Prince Harry et son épouse Meghan, dans une interview-fleuve de deux heures menée par Oprah Winfrey sur CBS, est accablant pour la monarchie britannique.

La famille royale est prise au piège: répondre ne ferait qu'alimenter et dramatiser davantage la telenovela, et garder le silence laisserait planer le doute sur la véracité des faits rapportés par le Duc et la Duchesse de Sussex.

La Reine Elizabeth, qui traverse par ailleurs une épreuve personnelle avec la longue hospitalisation de son époux, le Prince Philip, depuis trois semaines, fait face à une situation similaire à celle qui a prévalu dans les dernières années de la vie de Diana. En 1997, il n'y a qu'en brisant le silence et en s'exprimant dans un émouvant discours, cinq jours après la mort de la mère des princes William et Harry, qu'elle avait pu mettre fin à la colère populaire contre la monarchie.

La donne est différente cette fois, l'image de Meghan n'étant pas tout à fait comparable à celle de la princesse de Galles. Mais les similarités sont de plus en plus nombreuses, notamment lorsque Meghan évoque ouvertement les souffrances psychiques que lui ont causées certains membres de la famille - par exemple sa belle-sœur Kate -, ou que Harry déclare que son père et son frère sont tombés dans le même piège que lui, particulièrement dans les rapports avec les médias.

Le risque de détérioration existe, d'autant plus que Buckingham Palace a ouvert une enquête sur de possibles faits de harcèlement de Meghan à l'encontre de membres du personnel royal, dans la foulée du mariage princier de 2018.

Cette interview est de loin la plus dommageable pour la monarchie, que ces accusations soient justifiées ou pas.

Cette interview est de loin la plus dommageable pour la monarchie, que ces accusations soient justifiées ou pas. Les confidences se font de plus en plus à cœur ouvert, laissant libre cours à des suggestions particulièrement graves. En premier lieu celle de la couleur de peau de leur premier enfant, avant sa naissance.

Au bord des larmes, Meghan Markle a rapporté l'existence de plusieurs "inquiétudes et conversations" sur le degré de pigmentation de la peau du futur bébé, auxquelles seul Harry a assisté, avec un membre de la famille qu'il a déclaré ne jamais vouloir nommer. "À ce moment-là, c'était embarrassant", a-t-il indiqué. "J'étais un peu choqué". Il a affirmé ne pas vouloir donner plus de détails sur ces échanges.

Le biographe royal Jonathan Dimbleby s'est montré dubitatif sur la possibilité de biais racistes au sein des membres éminents de la monarchie, et a évoqué l'hypothèse d'une simple maladresse. "Je ne suggère pas que Meghan torde délibérément les faits ou raconte des mensonges, mais il y a des façons de s'exprimer qui peuvent induire des personnes en erreur en leur faisant croire que l'on dit quelque chose de plus grossier et de plus primaire que ce que l'on pensait dire."

Au cours d'une interview de 3 h 20, réduite à 2 h pour la télévision, le Prince Harry a pointé l'"intolérance" de la presse britannique, "particulièrement les tabloïds". Il a déploré le manque de support de la famille royale à propos de la question raciale. "Ce n'était pas seulement à propos d'elle, mais à propos de tout ce qu'elle représente. Cela n'affectait pas seulement mon épouse, cela affectait bien d'autres personnes. (...) La famille royale a eu plein d'opportunités de montrer son soutien."

Même si les relations avec son père et son frère restent fraîches, le Prince Harry espère "tirer un trait" sur ces différends et doit d'ailleurs être au côté du Prince William le 1er juillet à l'occasion du dévoilement d'une statue de leur mère, à Kensington Palace.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés