Ce que prévoit exactement le testament de Johnny Hallyday

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Johnny Hallyday avait organisé aux États-Unis sa succession par le biais d'une structure juridique 'trust'. "Libération" a pu consulter ses statuts et ses zones d'ombres.

À la veille de l'audience du tribunal de grande instance de Nanterre, le quotidien "Libération" dévoile les détails sur le "trust" qui détient l'héritage de Johnny Hallyday. Cette entité de droit californien a été constituée par le chanteur en juillet 2014. Elle intègre "tout ce qu'il possède, à l'exception notable des biens immobiliers situés en France".

Ses statuts confirment bel et bien sa veuve Laeticia comme l'unique bénéficiaire du patrimoine artistique et immobilier. Si cette dernière venait à disparaître, l’ensemble reviendrait à ses deux filles Jade et Joy, voire à leurs enfants via un entrelacs de "sous-trusts", lit-on dans le quotidien. 

Un trust, c'est quoi?

Un trust, c'est donc une structure juridique qui remonte au temps des croisades afin de permettre aux chevaliers -qui avaient peu de chance de revenir- d'organiser leur héritage. Elle permet donc à des personnes physiques ou des sociétés de transférer des actifs vers une personne de confiance, appelée dans le jargon "trustee". C'est elle qui aura la gestion en main et devra respecter les consignes données.

Les biens placés dans le trust n'apparaissent donc plus dans le patrimoine de leur propriétaire. IL en est effectivement "juridiquement dépossédé" et ce jusqu'au jour où lui ou ses héritiers les récupéreront. Ce système est souvent soupçonné d'évasion fiscale.

Ses deux autres enfants, David Hallyday et Laura Smet, se sont lancés dans une procédure pour faire reconnaître qu'ils ont été lésés par les dispositions testamentaires. Ils arguent qu'ils sont déshérités, ce qu'interdit le droit français. Les représentants de la veuve du chanteur, Laeticia Hallyday, et de ses deux filles font valoir la loi américaine, qui permet de léguer librement ses biens.

Le TGI avait intimé à ces derniers de produire le testament, de divulguer le "périmètre" précis des avoirs du trust élaboré au bénéfice de la dernière épouse et aux filles de Johnny Hallyday, et de révéler "le nom du ou des trustees" (gestionnaires du trust).

D'après Libération, l'audience de vendredi risque de frustrer les avocats de David Hallyday et Laura Smet. "Depuis le décès du premier titulaire du poste, aucun trust n'a été déclaré", avance le journal, qui pense que "ce petit jeu du chat et de la souris peut durer encore longtemps".

L'avocat de Laeticia Hallyday, Ardavan Amir-Aslani, avait affirmé à "Paris Match" qu'aucun membre de la famille de la veuve n'avait de rôle dans le trust.

Que trouve-t-on dans ce trust?

Ce trust est appelé JPS (pour Jean-Philippe Smet). Il contient deux autres trusts:

"Credit Trust": chargé de solder les frais de succession  (les droits d’héritage, les frais d’administratifs, les obsèques, les différentes taxes tant aux États-Unis qu'à l'étranger).

"Marital Trust": il a pour objectif d'assurer à Laeticia un niveau de vie "conforme" à celui auquel elle était habituée durant sa vie commune avec Johnny; et ce, quitte à entamer le patrimoine, quoi qu'en dise l'avocat de la veuve de Johnny qui déclarait à Paris Match que compte tenu de la fin des tournées de son mari, son train de vie serait "forcément réduit".  

Reste une question: que pourra faire Laeticia de ce trust dont elle n'est que la bénéficiaire, pas la gestionnaire?

Les statuts détaillent enfin le financement de l'"éducation (...) scolaire, artistique ou autre" des deux filles, Jade et Joy. Celles-ci pourront se séparer de leurs trusts une fois l'âge de 40 ans passés.

Qui trouve-t-on derrière ce trust?

À l'origine de ces trusts, un nom: Jean-Philippe Smet. Il est ainsi qualifié de "constituant". Derrière le gestionnaire de ces trusts, aussi un seul nom: Jean-Philippe Smet, "pourtant peu connu pour ses talents de gestionnaire", souligne Libé. 

Et d'ajouter: "Ce simple détail démontre qu’entre la création du JPS Foreign Assets Trust, en juillet 2014, et le décès du constituant, en décembre 2017, cette structure n’était que de façade. Les choses sérieuses ont vraiment commencé avec la désignation d’un nouveau trustee en lieu et place du chanteur décédé. 

Selon les statuts, le trustee a le droit de désigner un ou plusieurs trustee(s) pour gérer avec lui ou lui succéder. À ce jour, l'avocat de la veuve de Johnny est resté flou sur ce successeur. Il évoque une grande banque américaine "dont la légitimité et l'indépendance sont incontestables."

Enfin, Libé évoque un troisième acteur dans le trust: le protecteur qui réside en la personne de Gregory Boudou, frère de Laeticia. Pourtant alors que s'ouvre la procédure devant le tribunal de Nanterre, il a été "subrepticement" remplacé, on ne sait par qui. Seule certitude depuis la mort de Johnny une seule personne peut effectuer ce remplacement: Laeticia. 

 

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