Charles Michel: "Nous allons bâtir une Europe plus forte"

Charles Michel, président du Conseil européen ©Photo News

Les trois présidents des principales institutions de l'Union européennes, Charles Michel (Conseil), Ursula von der Leyen (Commission) et David Sassoli (Parlement) sont apparus unis vendredi, à quelques heures du Brexit, pour plaider en faveur d'un renforcement de l'Union européenne.

"Je ne suis pas pessimiste, je ne suis pas optimiste, je suis déterminé", a dit un jour Jean Monnet. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a paraphrasé vendredi ce père fondateur de l'Europe pour résumer l'élan avec lequel l'Union veut transformer l'échec du Brexit en opportunité pour se renforcer.

"L'expérience nous a montré que la force ne réside pas dans un splendide isolement, mais dans notre Union"
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

"L'expérience nous a montré que la force ne réside pas dans un splendide isolement, mais dans notre Union", a dit Ursula von der Leyen, appartenir à l'Union européenne compte, l'Union fait la force".

Le trio présidentiel au diapason

Aux côtés de l'Allemande, les présidents du Conseil européen, Charles Michel, et du Parlement, David Sassoli, étaient au diapason. Un fait rare tant les institutions furent divisées ces dernières années. L'objet de ce point presse, le jour du Brexit, était l'avenir de l'Europe.

"Nous sommes la veille d'une révolution, la révolution numérique, l'avenir de l'Europe, et a question de savoir comment nous allons développer l'Europe dans un cadre géopolitique."
David Sassoli
Président du Parlement européen

"La journée d'aujourd'hui est une blessure pour chacun d'entre nous, a lâché David Sassoli, mais nous sommes à la veille d'une révolution, la révolution numérique, l'avenir de l'Europe, et la question de savoir comment nous allons développer l'Europe dans un cadre géopolitique".

Le chemin sera long pour que l'Europe ne devienne un acteur géopolitique, d'autant que l'un de ses grands États, doté de l'arme nucléaire, prend le large. "Ce n'est jamais heureux quand quelqu'un s'en va, mais nous ouvrons un nouveau chapitre, a dit Charles Michel, nous allons concentrer notre énergie à renforcer l'Europe"

Il faudra, pour y parvenir, créer une défense européenne. Un rêve aussi vieux qu'une Europe véritablement unie. Le président français Emmanuel Macron a montré la voie d'une Union de la défense. Mais l'Élysée caresse le secret espoir que la France, désormais seule puissance nucléaire de l'UE, soit le moteur de cette défense. 

Renforcer l'Europe

Pour écrire leur partition de crise, les trois présidents s'étaient réunis la veille dans la maison de Jean Monnet pour une journée "mise au vert", à Bazoches-sur-Guyonne, en France. L'idée n'était pas de débattre du Brexit, mais de préparer la Conférence sur l'avenir de l'Europe, les transitions climatique et numérique ainsi que le développement géopolitique de l'Union.

"A l'avenir nous devons davantage prendre en compte les attentes des citoyens", a plaidé Charles Michel. Ce sera le but de la Conférence sur l'Avenir de l'Europe qui démarre le 9 mai, pour deux ans, et doit aboutir à une réforme de l'Union.

Si la montagne accouche d'une souris, la désillusion sera grande. Pour l'instant, le rapprochement inédit des trois institutions laisse entendre une volonté réelle de progresser. Mais il faudra que l'Union se détache de ses défauts, a laissé entendre Charles Michel, citant "la bureaucratie" et "le jargon" européen. 

Il faudra surtout que la Conférence sur l'avenir de l'Europe ne devienne jamais un contre-feu au Brexit, une opération de communication dont les conclusions sont déjà écrites, mais son antidote.

"Plus le Royaume-Uni essayera de dépasser les normes européennes, moins il aura accès au marché unique".
Charles Michel
Président du Conseil européen

Relation future avec Londres

Le Brexit occupera les devants de la scène européenne au moins durant un an. L'UE et le Royaume-Uni négocieront leur relation future, le morceau dur étant un accord de libre-échange

Lundi, la Commission présentera son mandat de négociations. "Nous sommes arrivés à la fin d'un chapitre, a dit Ursula von der Leyen, ce n'est pas la fin, mais un commencement".

Charles Michel a averti les Britanniques. "Nous voulons garder la relation la plus étroite possible, a-t-il lancé, mais plus le Royaume-Uni essayera de dépasser les normes européennes, moins il aura accès au marché unique".

David Sassoli, président du Parlement européen ©EPA

David Sassoli a attaqué frontalement les partisans de la dérégulation, visant Londres en particulier. "Demandez-vous ceci: pourquoi tout le monde souhaite nous diviser aujourd'hui? C'est la question fondamentale! Car quand il existe des règles communes, nous vivons mieux et nous défendons les plus faibles", a-t-il dit. 


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