Charles Michel tente de rallier les "frugaux" au plan de relance

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Le président du Conseil européen a mis sur la table une proposition budgétaire qui sera discutée lors du prochain sommet européen, les 17 et 18 juillet.

A une semaine d'un sommet européen crucial, le président du Conseil européen Charles Michel a exhorté vendredi les 27 pays de l'UE à l'action pour qu'ils approuvent un plan de relance massif, et tenté d'amadouer des Etats "frugaux" très réticents.

"Il est temps d'agir, il est temps de décider", a déclaré Charles Michel, qui anticipe de "difficiles discussions" lors de ce sommet extraordinaire les 17 et 18 juillet.

Chef d'orchestre de cette réunion, il a présenté vendredi une proposition qui doit servir de base aux négociations.

Il a dit compter sur le "courage politique" des chefs d'Etat et de gouvernement, qui se rencontreront pour la première fois en face-à-face depuis le début de la pandémie.

Cette aide massive et sans précédent, qui créera une dette commune entre les 27, est un pas de plus vers l'intégration européenne.

Il a repris la proposition de la Commission européenne d'un plan de relance de 750 milliards d'euros, composé de 250 milliards de prêts, et surtout de subventions à hauteur de 500 milliards, qui n'auront pas à être directement remboursées par les Etats bénéficiaires. Elles devraient l'être grâce à de nouvelles ressources, comme une taxe sur le plastique, que l'UE prévoit de créer.

Cette aide massive et sans précédent, qui créera une dette commune entre les 27, est un pas de plus vers l'intégration européenne, que certains considèrent comme une nouvelle étape historique.

Apaisement

Charles Michel a en revanche légèrement révisé à la baisse le projet de budget pluriannuel de l'UE (2021-2027), sur lequel ce plan s'adosse, à 1.074 milliards euros, contre 1.094 milliards dans sa proposition de février.

Un geste à l'intention des quatre pays "frugaux" de l'Union: Autriche, Pays-Bas, Suède et Danemark.

Ces derniers sont très méfiants à l'égard de ce plan de relance, qui profitera surtout aux pays du sud - Italie et Espagne en tête - les plus touchés par la pandémie et ses conséquences économiques et sociales dévastatrices. Mais que les quatre Etats jugent aussi moins respectueux de l'orthodoxie budgétaire.

Autre signe d'apaisement: un maintien des rabais dont bénéficient les "frugaux", ainsi que l'Allemagne, qui leur permet de contribuer un peu moins que les autres au budget de l'UE (en pourcentage de leur PIB), car ils donnent plus que ce qu'ils reçoivent.

Enfin, sur le dossier difficile du Brexit, actuellement dans l'impasse, Michel suggère de créer une "réserve" de 5 milliards d'euros, mobilisable pour amortir le choc du divorce. Cette somme irait aux Etats membres et aux secteurs les plus concernés.

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