Chypre: des casinos pour relancer l'économie?

(© Yiannis Kourtoglou) ©AFP

Le gouvernement chypriote planche sur un plan de relance de l'économie. Parmi les mesures évoquées, l'autorisation des casinos et des avantages fiscaux pour les investisseurs étrangers. Le président chypriote a par ailleurs annoncé que l'enquête sur les scandales financiers qui s'ouvrira cette semaine touchera tout le monde, y compris les personnes proches du pouvoir.

Chypre envisage de lever l'interdiction sur les casinos et d'offrir des avantages fiscaux aux entreprises dont les bénéfices sont réinvestis sur l'île dans le cadre d'un programme de réformes visant à relancer une économie mal en point, a annoncé ce lundi le président Nicos Anastasiades.

Le pays vient de négocier in extremis avec ses partenaires de la zone euro une aide d'urgence de dix milliards d'euros dont la sévèrité des conditions risque d'approfondir la récession, de rétrécir le secteur bancaire et de coûter au final des milliers d'emplois.

Un plan dans 15 jours

Le chef de l'Etat, qui a fait le point de la situation économique devant ses ministres lors d'une rencontre informelle, a précisé que ce plan de croissance en 12 points serait soumis à l'approbation du gouvernement d'ici 15 jours.

Le programme comprend également des mesures propices à attirer les investissements sur cette île, qui constitue déjà un important centre financier pour la région, ainsi que des dégrèvements fiscaux pour les bénéfices des entreprises réinvestis sur place et de plus grandes facilités de paiement et de taux d'intérêt sur les emprunts.

Dans le but d'attirer les touristes étrangers, la République de Chypre espère aussi lever l'interdiction frappant l'existence de casinos qui, pour le moment, n'opèrent dans la légalité que dans la partie nord de l'île, contrôlée par la Turquie.

Une enquête sans tabous

Le président chypriote Nicos a par ailleurs assuré que l'enquête sur tous les scandales liés à la tourmente financière dans laquelle Chypre est plongée n'épargnerait personne, ni même sa propre famille. 

Le gouvernement a nommé la semaine dernière une commission d'enquête composée de trois anciens juges de la Cour suprême chargés de déterminer les responsabilités -y compris pénales- dans la crise et de relever d'éventuels délits d'initiés ou favoritismes. Ces juges devront prester serment demain, mardi. Or, les médias chypriotes bruissent de rumeurs sur des transferts effectués par des proches d'Anastasiades, de son prédécesseur communiste Demetris Christofias, dont le mandat s'est achevé il y a un mois, hors du pays peu avant que n'éclate la crise. 

La commission, mise en place pour trois mois renouvelables une fois, doit aussi enquêter sur une liste remise par la presse grecque de personnalités politiques et de leurs proches auxquels les banques ont effacé des prêts, pour un total se chiffrant en millions d'euros au cours des cinq dernières années.

 

 

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