Cinq fois plus d'argent dans le FESF

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La capacité d'intervention du Fonds européen de stabilité financière (FESF) devrait être portée à 2.000 milliards d'euros lors du sommet à Bruxelles dimanche, a-t-on appris mercredi de source diplomatique. Alors que, jusqu'ici, Paris et Berlin semblaient divisées sur son renforcement.

À quelques jours d'un sommet crucial pour la zone euro, Berlin semble se faire prier pour accepter un très net renforcement de la capacité d'intervention du Fonds européen de stabilité financière, via un effet de levier.

"Il y a des discussions pour augmenter la capacité d'intervention du FESF. Le montant défini sera entre 1.000 et 2.000 milliards d'euros", a indiqué une source diplomatique européenne. Sans nouvelle garantie des États.

Le président français Nicolas Sarkozy s'est dit prêt mercredi à se rendre à Berlin rapidement pour faire avancer la conclusion d'un accord avant le sommet de l'UE, ont rapporté des députés Nouveau Centre à l'issue d'un déjeuner à l'Élysée.

"Le président a fait état de difficultés", qui semblent porter sur les liens entre la Banque centrale européenne (BCE) et le FESF, ont-ils indiqué, sans donner plus de précisions.

À Berlin, un porte-parole du gouvernement allemand a affirmé que les discussions préparatoires au sommet de dimanche à Bruxelles étaient "extrêmement intenses", "productives" et "positives".

Des sources européennes avaient fait savoir la semaine passée que la zone euro réfléchissait à multiplier par cinq, soit à terme jusqu'à 2.500 milliards d'euros, la puissance de feu du FESF. Un montant aujourd'hui revu à la baisse.

Selon le quotidien Financial Times Deutschland, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a évoqué le chiffre de 1.000 milliards d'euros pour sa capacité de prêt élargie.

Mardi, un article du quotidien britannique The Guardian avait lui évoqué la somme de 2.000 milliards d'euros.

Parallèlement aux discussions sur le FESF, l'Allemagne insiste pour que les banques créancières de la Grèce acceptent d'effacer une proportion plus importante que prévu initialement de la dette du pays, mais la France est réservée, car elle redoute de devoir ensuite recapitaliser ses banques.

"On envisage une décote (pertes) de 50% pour les banques" créancières de la Grèce, a indiqué cette même source diplomatique. Dans le cadre du second plan d'aide à la Grèce, décidé en juillet dernier, les banques avaient accepté de perdre 21% de la valeur des titres grecs qu'elles possèdent.

→ Une source de haut rang au sein de la zone euro a cependant indiqué à Reuters qu'un tel accord n'avait pas été mentionné. Des sources diplomatiques européennes ont également démenti.

L'annonce du Guardian a entraîné une hausse des marchés d'actions américains en fin de séance mardi, ainsi qu'une remontée de l'euro. De nombreux traders indiquaient toutefois préférer attendre des annonces plus concrètes.

Selon l'article, Paris et Berlin se sont mises d'accord pour que les banques européennes soient suffisamment recapitalisées pour qu'elles atteignent le ratio de fonds propres de 9% demandé par l'Autorité bancaire européenne.

Si les banques françaises et allemandes disent pouvoir atteindre cet objectif sans aide, ce n'est pas le cas de tous les établissements européens. Certains pourraient devoir demander l'aide du FESF.


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