Climat: la bataille de l'objectif 2030 n'est pas terminée

Peu avant le sommet, des activistes de Greenpeace avaient mené une action dans le parc du Cinquantenaire pour presser l'Union d'adopter des objectifs ambitieux. ©AFP

Le relèvement de l'objectif climatique de l'Union pour 2030 va faire l'objet de négociations serrées entre le Parlement européen et le Conseil des ministres.

Cinq ans après l’Accord de Paris, le Conseil européen doit fixer un nouveau cap pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, lors d’une discussion entamée jeudi et qui est toujours en cours ce vendredi matin, après une nuit de débat. L'objectif pour 2030 doit être porté à -55%. Mais la discussion est compliquée. "Certains font des interprétations au rabais, ce qui est de mauvais augure, j'espère qu'on arrivera à maintenir les ambitions telles qu'elles le sont", déclarait le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel à son arrivée au Conseil. Pensait-il à la Belgique ? 

"Certains font des interprétations au rabais, ce qui est de mauvais augure, j'espère qu'on arrivera à maintenir les ambitions telles qu'elles le sont."
Xavier Bettel
Premier ministre luxembourgeois

 Lundi, un accord intra-belge est intervenu pour défendre le chiffre de -55%. Mais la Flandre y pose des exigences. D'une part, la répartition de l'effort entre États membres devra tenir compte du coût-efficacité des mesures de réduction - "on est riches, c'est vrai, mais ça ne veut pas dire qu'on peut payer n'importe quoi", traduit un diplomate. D'autre part, pour atteindre son objectif national, la Belgique devra pouvoir acheter des réductions réalisées dans d'autres États-membres, voire hors de l’Union européenne. Si ces conditions ne sont pas satisfaites, il n'est pas à exclure que la Belgique soit une nouvelle fois forcée de s'abstenir quand le texte législatif atterrira sur la table des ministres responsables.

"Nous espérons avoir un dialogue qui permettra au Parlement de satisfaire à ses propres ambitions."
David Sassoli
Président du Parlement européen

Car si les chefs de gouvernement peuvent donner les grandes orientations, les modalités résulteront d’une négociation entre les co-législateurs européens: Conseil des ministres et Parlement européen. Ce dernier demandait un objectif plus ambitieux (-60% pour 2030) et se positionne dans ce dossier en champion de l’ambition. "Avec la présidence tournante, nous espérons pouvoir organiser un bon calendrier de travail, et avoir un dialogue qui permettra au Parlement de satisfaire à ses propres ambitions", a indiqué le président du Parlement, David Sassoli, à l’issue de sa traditionnelle rencontre avec les Vingt-Sept.

Dans le cadre de l'Accord de Paris sur le climat, l'Union européenne s'est engagée à réduire ses émissions de 40% pour 2030. Tous les cinq ans, les parties sont invitées à mettre leurs ambitions à jour pour tendre vers l’objectif commun de limiter le réchauffement à 1,5°C.

Pour y parvenir, les émissions devraient baisser de 7,6% chaque année au long de cette décennie, selon les Nations unies. Un objectif de réduction nette de 55% des émissions européennes se traduirait selon l'ONG Greenpeace par une réduction annuelle de 4,1% des émissions effectives de l’Union.

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