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Compromis sur Nord Stream 2

©BELGA

La France et l’Allemagne se sont mises d’accord ce vendredi sur un compromis au sujet de la réforme d’une directive européenne consacrée au gaz qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur le gazoduc Nord Stream 2 en construction.

Le pipeline reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique doit livrer 55 milliards de mètres cubes de gaz russe à l’UE à partir de 2020. Le projet qui contourne l’Ukraine et la Pologne prive ces deux pays d’importants droits de transit. La France et l’Allemagne mettent ainsi fin à un conflit qui avait surpris, alors que Paris était jusqu’alors considérée comme un allié de Berlin sur ce dossier sensible.

"Le tandem franco-allemand n’est plus considéré comme si important à Berlin."
henrik enderlein
institut jacques delors

Le compromis stipule que l’application des règles européennes pour les gazoducs avec des pays tiers comme la Russie incombe au pays de l’UE où ils sont reliés pour la première fois au réseau européen. Dans le cas de Nord Stream 2, ce sera l’Allemagne. Le texte, qui a été dans la foulée approuvé par les autres membres de l’UE, permet d’éviter une crise entre la France et l’Allemagne, dont les relations se sont rafraîchies ces derniers temps, malgré la signature fin janvier du traité d’Aix-la-Chapelle qui doit renforcer la coopération bilatérale, notamment en matière de sécurité et de défense.

L’annonce jeudi que Paris ne soutiendrait pas l’Allemagne face au reste de l’Union sur le dossier gazier avait fait l’effet d’une douche froide à Berlin où Nord Stream 2 est perçu comme une garantie pour la sécurité énergétique. D’autant que le même jour, Emmanuel Macron confirmait qu’il ne se rendrait pas samedi prochain à la conférence sur la sécurité de Munich, où il devait s’exprimer aux côtés d’Angela Merkel. L’Elysée avance que le chef de l’Etat doit se consacrer davantage aux questions intérieures qu’internationales, avec le mouvement des gilets jaunes.

L’annulation de la rencontre est "un signal symbolique", regrette Henrik Enderlein, le directeur du think tank franco-allemand Institut Jacques Delors, réputé proche d’Emmanuel Macron, qui perçoit "une aliénation rampante" entre les deux partenaires. L’éclat autour de Nord Stream 2 viendrait s’ajouter à une longue liste de ratés, tels que la réforme sans cesse ajournée de la zone euro, le blocage de l’impôt sur les Gafa souhaité par Macron ou la poursuite des livraisons d’armes françaises à l’Arabie saoudite. "Le tandem franco-allemand n’est plus considéré comme si important à Berlin, et c’est une erreur dans le contexte actuel. Les populistes en Hongrie, en Italie et Poutine peuvent sortir les pop-corn", poursuit Enderlein sur son compte Twitter. 

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