Controverse ukrainienne pour la commission "géopolitique"

Ursula von der Leyen dans un ascenseur du Parlement européen, mardi, où elle participait à une réunion des chefs de groupes politiques. ©AFP

Ursula von der Leyen a refusé une invitation du président ukrainien, allumant une double controverse sur le fond et la forme.

C'est une boulette protocolaire doublée d'un choix controversé de la part de la présidente de la Commission européenne. Dans une lettre signée du 7 avril et enregistrée comme document officiel de la Commission, son chef de cabinet, Bjoern Seibert, a répondu à une invitation du président ukrainien Volodymyr Zelensky adressée à Ursula von der Leyen. "Malheureusement, la présidente est dans l'incapacité de donner une réponse positive à votre invitation en raison d'un agenda particulièrement chargé", indique le texte.

La lettre, dont l'existence a été révélée par Libération et Politico, ressemble à une grosse bourde protocolaire: quand un Président signe une invitation, les usages veulent que la réponse soit signée par la personne invitée. La faute a cependant été évitée, a assuré la Commission jeudi, puisque la lettre en question n’est finalement pas parvenue à Kiev. Ursula von der Leyen devait en signer une autre, avec le même message.

La faute a cependant été évitée, a assuré la Commission jeudi, puisque la lettre en question n’est finalement pas parvenue à Kiev.

L’affaire n’en donne pas moins une impression de légèreté protocolaire au sommet de la Commission. Elle est révélée une semaine après le "Sofagate", qui avait vu Ursula von der Leyen marquer sa désapprobation face au protocole mis en place à Ankara alors qu’elle n'avait pas emmené de responsable de protocole pour préparer la réunion.

Soutien à l'Ukraine

Le second point de controverse est le contenu de la réponse de Seibert: sa cheffe l'a donc chargé de décliner l'invitation en raison d'un agenda "chargé". Le Crimean Platform Summit organisé à Kiev est prévu le 23 août – à une période de l’année où les institutions européennes tournent au ralenti. Qu'est-ce que la présidente de la Commission a de plus important au cœur de l'été que de marquer son soutien à l'Ukraine? La Commission se refuse à communiquer son agenda plus d'une semaine à l'avance.

"Décliner une invitation à participer au trentième anniversaire d'indépendance de l'Ukraine au moment précis où la Russie fait monter la pression géopolitique dans la région ne passe pas inaperçu."

Or, le fait de décliner une invitation à participer au trentième anniversaire d'indépendance de l'Ukraine au moment précis où la Russie fait monter la pression géopolitique dans la région ne passe pas inaperçu. L'Ukraine est au cœur de l'attention, alors que Moscou a massé 80.000 soldats à ses frontières avec l'Ukraine et que les accrochages entre soldats ukrainiens et séparatistes pro-russes armés par le Kremlin se multiplient.

En pleine polémique, le président du Conseil Charles Michel a eu une conversation téléphonique jeudi avec Volodymyr Zelensky, au cours de laquelle il a "réitéré ses remerciements pour l'invitation" - qu'il a lui aussi reçue, et qu'il avait acceptée lors de sa visite en Ukraine, le 2 mars.

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