Coronavirus: pourquoi l'Europe durcit les mesures... alors que la Belgique les assouplit?

La commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, estime que les États européens sont à "un tournant" et doivent intensifier leurs efforts pour éviter que ne se répète le scénario du printemps dernier. ©EPA-EFE

Un nouveau rapport européen constate une hausse des cas d'infections en Europe lors des dernières semaines. La Belgique, comme d'autres pays, passe de la situation de "stable" à "préoccupante".

La Commission européenne a appelé les États de l'UE à intensifier leurs efforts afin d'éviter l'apparition de nouveaux foyers de coronavirus, alors qu'un rapport publié jeudi montre une "hausse inquiétante" des cas d'infections en Europe. "Au vu de la situation dans certains États membres, où le nombre de cas enregistrés est plus élevé que lors du pic de la crise en mars, il ne fait aucun doute que cette crise n'est pas derrière nous", a averti Stella Kyriakides, la commissaire à la Santé. "Il faut éviter une répétition de ce qui est arrivé au printemps, c'est notre dernière chance."

"Il faut éviter une répétition de ce qui est arrivé au printemps, c'est notre dernière chance."
Stella Kyriakides
Commissaire européenne à la Santé

Selon le rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le nombre de cas de coronavirus dans l'ensemble de l'UE est en augmentation. "Même si les tests sont devenus plus fréquents, on voit au-delà une augmentation du nombre de transmissions locales", a dit Andrea Ammon, directrice de l'ECDC. Dans certains États européens, la majorité des nouveaux cas concerne les jeunes, ce qui diffère de la pandémie de mars. La tranche d'âge de 15 à 49 ans représente 44% des cas les plus graves.

La Commission recommande d'augmenter les tests, de réduire les contacts, d'améliorer la surveillance sanitaire, de permettre un meilleur accès aux équipements de protection personnelle, de prévoir une capacité suffisante en soins intensifs.

"La crise n'est pas passée, de plus, l'automne est une période de grippe", a ajouté Stella Kyriakides. Craignant "un effet cocktail" du coronavirus et de la grippe saisonnière, elle a insisté sur la nécessité d'accroître le campagnes de vaccination.

Situation "préoccupante" en Belgique

L'ECDC classe les États européens en trois groupes. Sept pays se retrouvent dans un premier groupe suscitant une "grande inquiétude" (Espagne, Roumanie, Bulgarie, Croatie, Hongrie, République tchèque et Malte).

La Belgique fait partie des pays dont la tendance est considérée comme "préoccupante", alors que l'elle était jugée "stable" lors du dernier rapport. Notre pays et la Suède rejoignent un groupe intermédiaire où se trouvent déjà 10 pays (France, Autriche, Danemark, Estonie, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie, Slovénie).

Ce groupe se caractérise par un nombre de cas plus élevé, détectés suite à l'augmentation des tests. La transmission s'y fait surtout entre jeunes, avec une faible proportion de notifications de cas graves et de décès.

Un troisième groupe comporte les pays où le risque est jugé "faible" (Allemagne, Italie, Pologne, Finlande, Grèce, Chypre, Lituanie).

"Nous nous attendons à ce que les États membres mettent en place le nécessaire afin d'être prêts."
Stella Kyriakides
Commissaire européenne à la Santé

Certaines voix critiquent l'assouplissement récent des règles sanitaires en Belgique. "Nous nous attendons à ce que les États membres mettent en place le nécessaire afin d'être prêts", a répondu la commissaire Kyriakides, interrogée sur la situation belge. "Soyons cohérents dans les communications, soyons aussi prévisibles que possible, pour que les citoyens et les entreprises puissent contrôler la situation."

"Le risque est réel de devoir à nouveau imposer des règles plus strictes. Il est essentiel que chacun prenne ses responsabilités."
Sophie Wilmès
Première ministre belge

La Première ministre Sophie Wilmès a contesté jeudi le fait que les mesures prises mercredi par le Conseil National de Sécurité aient été "excessivement" assouplies, citant notamment le secteur des mariages. À propos de l'assouplissement des règles des contacts sociaux, la Première ministre a indiqué préférer une règle plus souple, mais mieux respectée à des mesures trop strictes, mais peu observées. "Cela nous avait été reproché avec la règle de la bulle", a-t-elle illustré. Toutefois, "le risque est réel de devoir à nouveau imposer des règles plus strictes. Il est essentiel que chacun prenne ses responsabilités", a-t-elle conclu.

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