D'ici 2050, l'Europe veut absorber autant de gaz à effet de serre qu'elle en émet

©EUREKA

Le commissaire européen au Climat, Miguel Arias Cañete, a fixé comme objectif pour l'Union un bilan neutre en termes d'émission de gaz à effet de serre d'ici 2050. Il vient de présenter sept axes stratégiques en vue de réduire nos émissions, mettant notamment l'accent sur les efforts que le secteur des transports ou que les industries du continent devront consentir.

Le plan européen est ambitieux et se veut être une réponse forte au dernier rapport spécial du Giec qui préconise, trois ans après l’Accord de Paris, de contenir le réchauffement climatique à +1,5°C. La Commission européenne a présenté ce mercredi sa stratégie pour ne pas dépasser ce plafond, soulignant que le 'Vieux continent' se doit de "monter l'exemple" lors du sommet de la COP24 qui s'ouvre la semaine prochaine à Katowice, en Pologne.  

L'Europe veut donc passer à la vitesse supérieure en montrant la voie à suivre pour atteindre la neutralité climatique. La deadline que les Européens se fixent: 2050. Mais l'exécutif communautaire précise que "l'objet de cette stratégie à long terme n'est pas de fixer des objectifs à atteindre, mais de créer une vision et de fixer un cap, de planifier le chemin à parcourir". Pour le commissaire européen au Climat, Miguel Arias Cañete, "cela vaut la peine de devenir la première grande économie à atteindre le zéro absolu en matière d'émissions. Cela demandera beaucoup d'efforts, mais c'est faisable". 

Comment l'Europe va-t-elle s'y prendre alors?  La Commission a présenté sept axes stratégiques en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre.   

- L'efficacité énergétique;
- Le déploiement des énergies renouvelables; 
- Une mobilité propre, sûre et connectée;
- La compétitivité industrielle et l'économie circulaire; 
- Les infrastructures et les interconnexions; 
- La bioéconomie et les puits de carbone naturels;
- Le captage et le stockage du carbone pour prendre en charge les émissions résiduelles. 

Un projet ambitieux ou "une nouvelle occasion manquée"?

Dans la précédente feuille de route pour l'énergie à l'horizon 2050, qui date de 2011, l'Union européenne s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 80% à 95% en 2050 par rapport aux niveaux de 1990. Et l'Accord de Paris est passé par là, renforçant la nécessité d'accroître l'ambition pour contenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C en tendant vers l'objectif de le limiter à 1,5°C. L'UE s'est engagée à réduire de 40% d'ici 2030 ses émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990. Les mesures déjà prises laissent prévoir que cette baisse sera de 45% d'ici 2030 et de 60% d'ici 2050.

"Cette ambition peut être concrétisée grâce aux technologies actuelles et à celles qui sont sur le point d'être déployées", rappelle le commissaire Cañete, pour qui "il est dans l'intérêt de l'Europe de mettre un terme aux dépenses d'importation de combustibles fossiles et de réaliser des investissements permettant réellement d'améliorer le quotidien de tous les Européens".

L'objectif zéro émission nette proposé par la Commission a été salué par les grandes organisations environnementales, qui appellent les États membres à valider un objectif de ce type. Mais qui considèrent cependant que l'échéance avancée par le Berlaymont est insuffisante. "Il est temps pour les gouvernements européens d'arrêter de parler de leadership climatique et de prendre les mesures nécessaires pour devenir neutre en carbone pour 2040", a déclaré Tara Connolly, directrice climat chez Greenpeace EU, au diapason avec le WWF. Côté politique, les verts européens considèrent le plan de la Commission comme "une nouvelle occasion manquée": le parti écologiste aurait voulu voir la Commission proposer des objectifs chiffrés aux États membres.

Ces derniers présenteront à la Commission européenne, d'ici la fin de 2018, leurs projets de plans nationaux en matière d'énergie et de climat. Le but est d'arriver avec des propositions concrètes lors du Sommet européen qui se déroulera le 9 mai 2019 à Sibiu en Roumanie, le dernier avant les élections européennes. 

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