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D'un Brexit dur à un retour aux négociations, voici les scénarios pour le futur

Boris Johnson ©REUTERS

La conclusion d’un nouvel accord sur le Brexit ouvre plusieurs scénarios. La fin de la crise, marquée par un Brexit dur ou avec accord le 31 octobre. Ou le redémarrage du "carrousel du Brexit", avec un report de la date de sortie et un retour des négociateurs autour de la table. Suspense.

L’accord sur le Brexit conclu jeudi entre l’UE et le Royaume-Uni ne signe pas la fin de crise politique, loin de là. Le texte doit encore être ratifié par leurs assemblées respectives, avec les imprévus que cela représente. Un air de déjà-vu plane sur les scénarios futurs, qui pourraient aboutir à un Brexit dur ou sans accord, voire à un nouveau report de la date de sortie du Royaume-Uni. C’est le "carrousel du Brexit", avec ses nombreuses hypothèses, qui s’imposent depuis trois ans. Cette petite musique, désormais bien connue, peut ramener Britanniques et Européens à la case départ.

Quelle est l’issue envisageable? Pour le comprendre, il faut se rendre compte que certaines choses ont peu évolué. Le nouvel accord sur le Brexit ressemble fort à une première proposition qui avait été faite à Theresa May, et qu’elle avait refusé. Par contre, une variable de taille s’est ajoutée. Cette fois, c’est Boris Johnson, le "père" du Brexit, qui tient les commandes à Londres, plutôt qu’une May peu convaincue par l’intérêt de quitter l’Union. Pour les Brexiters, c’est "maintenant ou jamais".

Voici les différents scénarios possibles à partir de samedi.

Le Parlement britannique approuve l’accord

Si les élus britanniques valident le texte, ce sera au tour du Parlement européen de se prononcer. Dans ce cas, un vote sur l’accord du Brexit est prévu le jeudi 24 octobre à Strasbourg. Par prudence, ce vote aura lieu si, et seulement si, le Parlement britannique s’est prononcé sur l’accord.

Si les eurodéputés approuvent le texte, un Brexit avec accord aura lieu une semaine plus tard, le 31 octobre.

Si les eurodéputés approuvent le texte, un Brexit avec accord aura lieu une semaine plus tard, le 31 octobre.

Pourraient-ils rejeter l’accord? On imagine mal une majorité des 751 eurodéputés remettre en question le travail de Michel Barnier et de la Commission Juncker, auquel le Parlement a été associé par l’entremise de Guy Verhofstadt. Toutefois, certains partis ont promis de mener la vie dure aux partisans de l’accord. Des socialistes, des libéraux, des Verts et la gauche radicale sont prêts à en découdre.

Le rejet – peu probable – de l’accord par le Parlement européen empêcherait l’UE de le ratifier et conduirait à un Brexit dur le 31 octobre.

Le Parlement britannique rejette l’accord

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Si Boris Johnson ne parvient pas à réunir la majorité nécessaire samedi au Parlement, le Premier ministre britannique pourrait retourner vers les Européens pour réclamer un délai supplémentaire. Il pourrait aussi en rester là, et diriger inexorablement son pays vers un Brexit dur le 31 octobre.

Si "BoJo" en fait la demande, les Vingt-Sept peuvent accepter de jouer les prolongations, éventuellement après avoir convoqué un sommet d’urgence pour prendre cette décision.

"Je ne pense pas que de nouveaux délais puissent être accordés."
Emmanuel Macron
Président français

Une nouvelle date serait fixée pour le Brexit, probablement dans les trois mois. Le "carrousel du Brexit" redémarrerait, jusqu’à cette date ou, durant cette période jusqu’à ce que le Parlement britannique approuve l’accord. De nouvelles négociations pourraient aussi prendre place. Boris Johnson devrait probablement convoquer des élections afin de trouver de nouveaux députés lui assurant une majorité plus solide et sortir de l’impasse.

Si les Vingt-Sept refusent d’accorder un nouveau délai au Royaume-Uni, ce sera le Brexit dur le 31 octobre. Sur ce point, le président français Emmanuel Macron a été très clair. "Le délai du 31 octobre doit être tenu, a-t-il dit ce vendredi, je ne pense pas que de nouveaux délais puissent être accordés."

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