David Cameron se veut l'avocat de l'adhésion de la Turquie à l'UE

David Cameron est en visite pour 2 jours en Turquie.

Le Premier ministre britannique David Cameron a exprimé sa "colère" face aux entraves à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, lors d'une visite officielle mardi à Ankara. L'Europe se dit ravie de cette position.

"Quand je pense à ce qu'a fait la Turquie pour défendre l'Europe en tant qu'alliée de l'Otan et ce que la Turquie fait maintenant en Afghanistan aux côtés des alliés européens, cela me met en colère de constater que votre marche vers une adhésion à l'Union européenne peut être découragée de la façon dont elle l'a été", a-t-il dit dans un discours devant des hommes d'affaires.

"Je pense que c'est une erreur de dire que la Turquie peut monter la garde devant le camp, mais sans être autorisée à entrer dans la tente. Aussi, je resterai votre avocat le plus déterminé pour une adhésion à l'Union européenne et pour une plus grande influence à la table de la diplomatie européenne", a ajouté Cameron.

Les négociations pour une adhésion turque à l'UE, entamées en 2005, avancent au ralenti, du fait notamment de l'opposition de la France et de l'Allemagne. Ces pays redoutent l'arrivée dans le club européen d'un pays de 73 millions d'habitants, presque tous musulmans.

Europe ravie

La Commission européenne a salué la volonté clairement affichée parCameron de promouvoir l'entrée de la Turquie dans l'UE, réaffirmant que le pays avait une "perspective" d'entrée dans le bloc comptant aujourd'hui 27 pays.

Le commissaire à l'élargissement Stefan Füle et la diplomate en chef de l'UE Catherine Ashton étaient en Turquie le 13 juillet et y ont "réaffirmé la perspective d'une entrée dans l'UE de la Turquie", a indiqué mardi un porte-parole de la Commission.

"A cet égard, nous ne pouvons que saluer la volonté qu'a le Premier ministre Cameron de faire avancer cette procédure", a-t-il ajouté.

Il réagissait à des déclarations faites à Ankara par David Cameron, qui s'est dit "en colère de constater que votre marche vers une adhésion à l'UE peut être découragée de la façon dont elle l'a été". Une accusation à mots couverts contre Paris et Berlin, qui défendent un "partenariat privilégié" plutôt qu'une adhésion entière de la Turquie à l'UE.

"La Commission a aussi exprimé l'espoir que davantage de chapitres dans les négociations puissent être ouverts cette année, si la Turquie remplit les conditions nécessaires", a encore dit son porte-parole.

"Bien sûr, le moteur de toute cette procédure, ce sont les réformes qui ont lieu en Turquie", a-t-il souligné.

Ankara a entamé des négociations d'adhésion à l'UE en 2005, mais le processus n'avance que très lentement, du fait des réticences allemandes et françaises à voir un pays musulman de 73 millions d'habitants entrer dans l'Europe. Mais aussi de l'impasse à Chypre et de la lenteur des réformes en Turquie.

L'UE a fait un geste fin juin en ouvrant un nouveau "chapitre" concernant les aspects de sécurité alimentaire, le 13e. Cependant un seul chapitre, sur les 35 prévus dans les négociations, a été bouclé à ce jour.

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