De plus en plus d'Allemands cumulent plusieurs emplois

La chancelière allemande Angela Merkel ©Michael Kappeler/dpa

En un an, le nombre d'Allemands cumulant plusieurs emplois a augmenté de 3,62%. Les femmes et les personnes issues de l’immigration sont sur-représentées.

3,5 millions d’Allemands cumulent plusieurs emplois, selon l’Agence fédérale pour l’Emploi. Ils sont éducateurs de jeunes enfants, aide-soignants ou policiers et touchent le salaire minimum. Pendant leur temps libre, ils font des ménages, donnent des cours de soutien ou entraînent les enfants du club de foot voisin, la plupart pour des raisons financières. Les femmes et les personnes issues de l’immigration sont sur-représentées. La moitié de ces personnes travaillent ainsi plus de 50 heures par semaine; un tiers d’entre elles plus de 60 heures par semaine.

En un an, le nombre des personnes cumulant plusieurs emplois a augmenté de 3,62%, soit 123.600 personnes de plus. En 2017, ils étaient 3,3 millions. D’après l’Agence pour l’emploi, le nombre des personnes occupant plusieurs jobs a doublé entre 2003 et 2017. En clair, l’introduction du salaire minimum dans le pays en 2015 (9,35 euros brut par heure depuis le 1er janvier) n’a pas interrompu cette évolution.

Beaucoup de mini-jobers connaissent de grosses difficultés financières.
Anja Weber
Syndicat DGB

La moitié des personnes concernées disent ne pas gagner suffisamment pour vivre de leur emploi principal, selon les résultats d’une étude réalisée par la Fondation Hans-Böckler, proche de la confédération syndicale DGB. 24% disent ne pas trouver d’emploi stable.

La plupart – trois millions de personnes – occupent à côté d’un emploi salarié faiblement payé ou à temps partiel un "mini-job", ces emplois précaires rémunérés 450 euros par mois et exemptés de cotisations sociales. 260.700 cumulent plusieurs de ces mini-jobs. "Beaucoup de mini-jobers connaissent de grosses difficultés financières, parce qu’ils ne gagnent pas assez avec leur emploi principal pour vivre décemment. C’est un scandale", s’indigne la présidente du DGB en Rhénanie, Anja Weber. Le syndicat dénonce le fait que de plus en plus d’entreprises allemandes refusent de payer leurs salariés selon les grilles tarifaires par branche négociées à intervalles réguliers par le patronat et les syndicats. 

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