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Début du procès Bygmalion, sans Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy n'était pas présent à l'audience ce 20 mai. Il ne devrait assister qu'à celles le concernant, notamment, la semaine du 14 juin. Il encourt cette fois un an d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende. ©REUTERS

Du 20 mai au 22 juin, l'ancien président français sera jugé aux côtés de 13 autres personnes dans l'affaire de financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012.

Après sa condamnation à trois ans de prison – dont un ferme – dans l'affaire des "écoutes", Nicolas Sarkozy est de retour au Tribunal. Cette fois, l'ancien président français comparaît aux côtés de treize autres prévenus dans l'affaire dite "Bygmalion", du nom de la société de communication qui, en 2012, était en charge de sa campagne présidentielle.

À l'époque, Nicolas Sarkozy, candidat à sa réélection, a besoin de redorer son blason. Et sa cote de popularité.

À l'époque, Nicolas Sarkozy, candidat à sa réélection, a besoin de redorer son blason. Et sa cote de popularité. Pour combler son retard, l'ex-président occupe l'espace médiatique, multiplie les meetings innovants et coûteux. Comme cette retransmission d'un meeting à Toulouse dans 7 villes en même temps. À tel point que les dépenses s'emballent finissant par dépasser le plafond autorisé (22,5 millions).

42,8
Millions d'euros
Au total 42,8 millions d'euros auraient ainsi été dépensés dont près de la moitié de manière illégale. Une somme que l'agence Bygmalion aurait camouflée par la mise en place d'un système de fausses factures.

Au total 42,8 millions d'euros auraient ainsi été dépensés dont près de la moitié de manière illégale. Une somme que l'agence Bygmalion aurait camouflée par la mise en place d'un système de fausses factures.

Pourquoi les alertes des experts-comptables n'ont-elles pas été entendues? Ce sont toutes ces zones d'ombre que les juges vont devoir éclaircir.

Un habillage des factures

Poursuivi pour "financement illégal" de campagne électorale, Nicolas Sarkozy a toujours nié les faits. Au même titre que les cadres de l'UMP (ancien nom du parti Les Républicains) poursuivis pour "faux et usage de faux", "complicité de financement illégal", "escroquerie", ou "abus de confiance". Lesquels savaient? Pourquoi les alertes des experts-comptables n'ont-elles pas été entendues? Ce sont toutes ces zones d'ombre que les juges vont devoir éclaircir. 

"Il y a eu un engrenage irrésistible d'un train qui filait à grande vitesse. Les personnes qui auraient dû tirer sur le signal d'alarme ne l'ont pas fait."
Jérôme Lavrilleux
Ancien directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, en 2014 sur les plateaux de BFMTV

D'autant qu'au sein de Bygmalion certains ont d'ores et déjà reconnu un "habillage" des factures. Tandis que Jérôme Lavrilleux, l'ancien directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, a lui-même confessé être au courant des faits. "Il y a eu un engrenage irrésistible d'un train qui filait à grande vitesse", avait-il révélé en 2014 sur les plateaux de BFMTV. "Les personnes qui auraient dû tirer sur le signal d'alarme ne l'ont pas fait", avait-il ajouté en dédouanant au passage Nicolas Sarkozy. Témoin clé dans cette affaire, ce dernier avait alors également un pied au sein de l'UMP où il était directeur de cabinet de Jean-François Copé, à l'époque président du parti. 

Des moyens bien supérieurs

S'il n'est pas mis en cause dans l'orchestration de cette double comptabilité, l'accusation reproche néanmoins à l'ancien président français d'avoir "incontestablement" bénéficié de la fraude qui lui aurait permis de disposer de "moyens bien supérieurs" à ce qu'autorisait la loi. Pour se défendre, Nicolas Sarkozy n'était toutefois pas présent à l'audience aujourd'hui. Il ne devrait assister qu'à celles le concernant, notamment, la semaine du 14 juin. Il encourt cette fois un an d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende.

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