Démission surprise du gouvernement russe, Poutine désigne un nouveau Premier ministre

Vladimir Poutine se tenait aux côtés de Dmitri Medvedev lors de l'annonce. ©REUTERS.

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a annoncé la démission de son gouvernement. Juste avant, Vladimir Poutine faisait part de son intention de réformer la constitution russe. Le président russe a proposé le patron du fisc comme nouveau Premier ministre

Le gouvernement russe a remis sa démission, a annoncé ce mercredi le Premier ministre Dmitri Medvedev. Medvedev a fait cette annonce à la télévision d'Etat russe, assis à côté du président russe Vladimir Poutine qui l'a remercié pour son travail. "Nous, en tant que gouvernement de la Fédération de Russie, devons donner au président de notre pays les moyens de prendre toutes les mesures qui s'imposent. C'est pour cela (...) que le gouvernement dans son ensemble donne sa démission", a dit, selon les agences russes, Medvedev.

Dans la foulée, Vladimir Poutine a désigné comme nouveau Premier ministre le patron du fisc russe, Mikhaïl Michoustine, inconnu du grand public. En poste à la tête du Service fédéral des impôts depuis 2010, Michoustine, homme chauve au visage épais, est une nomination inattendue. Il a néanmoins la réputation d'être un haut fonctionnaire efficace.

Poutine propose des réformes constitutionnelles

Cette démission surprise est intervenue après un discours de Vladimir Poutine annonçant des réformes de la Constitution. Le président russe a proposé la tenue d'un référendum sur ces réformes devant renforcer les pouvoirs du Parlement, tout en préservant le caractère présidentiel du système politique qu'il pilote depuis 20 ans.

"Je juge nécessaire de soumettre au vote des citoyens du pays l'ensemble des révisions de la Constitution proposées", a-t-il déclaré dans son allocution annuelle devant les membres du Parlement et les élites politiques, sans pour autant préciser le calendrier.

La Russie doit rester une république présidentielle forte.
Vladimir Poutine

La principale mesure annoncée vise à renforcer le rôle du Parlement dans la formation du gouvernement, lui donnant la prérogative d'élire le Premier ministre que le président sera alors obligé de nommer. Actuellement, la Douma confirme le choix du chef de l'Etat. Selon M. Poutine, il s'agit d'un changement "significatif" pour lequel il a jugé la Russie assez "mûre".

Les deux Chambres du Parlement sont aujourd'hui dominées par des forces pro-Poutine et ne s'opposent jamais aux volontés du Kremlin. Les propositions de réformes exposées par M. Poutine visent aussi à renforcer les pouvoirs des gouverneurs régionaux, à interdire aux membres du gouvernement et aux juges d'avoir des permis de séjour à l'étranger et à obliger tout candidat à la présidentielle à avoir vécu les 25 dernières années en Russie.

Quel avenir pour Poutine?

Néanmoins, Vladimir Poutine, dont l'actuel mandat s'achève en 2024 et qui en l'état actuel de la législation n'a pas le droit de se représenter, a souligné que la Russie devait rester dirigée par un système présidentiel. "La Russie doit rester une république présidentielle forte, c'est pourquoi le président, bien sûr, gardera le droit de fixer les missions et les priorités du gouvernement", a-t-il prévenu.

Ainsi, le président conservera le droit de limoger tout membre du gouvernement, nommera les chefs de toutes les structures sécuritaires, et pourra écarter les présidents des Cours suprême et constitutionnelle. Sans apporter de précisions, M. Poutine a aussi évoqué la question d'un changement de l'article qui limite le nombre des mandats présidentiels "à deux mandats successifs".

L'ensemble de ces annonces va continuer de nourrir les interrogations quant à son avenir au-delà de 2024, la fin de son mandat présidentiel actuel. 

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