Démocratie, justice sociale, migration: les réponses de Macron aux gilets jaunes

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Emmanuel Macron a dévoilé, lors d'une conférence de presse très attendue, l'ensemble des mesures que le gouvernement français va mettre en place pour mettre un terme à la crise des gilets jaunes. Organisation démocratique, justice sociale, climat et migration: on vous détaille tout ce qu'il faut retenir de l'allocution du président français.

"Aujourd'hui, l'ordre public doit revenir avant tout et je ne veux pas que les dérives de quelques-uns gâchent des demandes légitimes qui sont à la base du mouvement des gilets jaunes", a déclaré, en préambule d'une conférence de presse très attendue pour clôturer le grand débat et répondre à la crise des gilets jaunes, le président français. "Il y a un profond sentiment d'injustice fiscale, sociale,... Il faut y répondre", a ensuite affirmé Emmanuel Macron, parlant aussi d'un sentiment d'abandon et d'une perte de confiance envers les élites, "votre serviteur ici présent au premier chef". 

"A-t-on fait fausse route depuis 2 ans? Non, les transformations de notre pays sont justes. Et les premiers résultats sont là: nous avons créé 500.000 emplois ces deux dernières années", a-t-il ensuite indiqué, avant d'aborder les orientations du tournant qu'il veut donner à son quinquennat. 

L'organisation démocratique

"Il y a 4 orientations que je veux donner aujourd'hui. La première, c'est notre organisation démocratique. Les citoyens veulent être mieux représentés. Je crois aux élus de la République, dont les maires sont les visages au quotidien. Je veux conforter leur rôle. Nous pouvons rendre représentatif le Parlement, avec la proportionnelle (autour de 20% pour ne pas que ce soit ingouvernable), le rendre plus efficace et plus rapide. L'efficacité, c'est aussi la réduction du nombre de parlementaires", a affirmé le président français, refusant également d'introduire l'obligation de vote et la prise en compte du vote blanc.

"J'ai conscience que le sentiment parmi les citoyens est que les lois viennent de Paris, faites par des technocrates."

"Nous devons donner plus de place au référendum", a ensuite affirmé Macron, parlant de simplifier le recours au référendum d'initiative partagée en abaissant à 1 million de signatures le seuil pour le convoquer, tout en écartant le "référendum d'initiative citoyenne" réclamé par les gilets jaunes. Cette mesure figurerait dans la réforme constitutionnelle que le chef de l'Etat veut voir revenir au Parlement "à l'été"

"Il y a également un besoin d'enracinement. J'ai conscience que le sentiment parmi les citoyens est que les lois viennent de Paris, faites par des technocrates. Il y aura donc un nouvel acte de décentralisation. Il y aura des transferts de compétences clairs afin que les citoyens sachent pour qui voter à quel étage. Je souhaite un geste de décentralisation et à une différenciation territoriale, l'outre-mer étant un cas à part par exemple", a ensuite déclaré le président français.

"Nous allons luter contre les déserts médicaux et empêcher les fermetures d'écoles et d'hôpitaux jusqu'à la fin du quinquennat sans accord du maire de la commune. Avoir des transports à quelques minutes de chez soi également", a énuméré Emmanuel Macron. "Le Premier ministre va présenter un plan de réorganisation pour que le pouvoir soit plus proche des citoyens", ajoute-t-il parlant de simplification à tous les niveaux. Edouard Philippe présentera en mai "une profonde réforme de l'administration" destinée donc à déployer "plus de fonctionnaires sur le terrain" tout en supprimant des postes "en administration centrale".

Emmanuel Macron a également annoncé qu'il souhaitait mettre fin aux systèmes des "grands corps" de la haute fonction publique, dont les membres sont actuellement selon lui "garantis d'une protection à vie". "On doit (...) mettre à l'épreuve les jeunes hauts fonctionnaires. Ils ne peuvent pas tout de suite accéder aux postes suprêmes et être garantis de ne jamais les quitter. Je souhaite que nous mettions fin aux grands corps", a dit le chef de l'Etat français, confirmant la suppression de l'ENA.

La justice sociale

"La deuxième orientation, c'est de remettre l'humain et la justice au centre des attentions. J'ai entendu un argument comme quoi l'ISF était une injustice fiscale. Cette réforme a conduit à un impôt immobilier, mais a supprimé la taxe sur la partie du capital investi dans l'économie. C'est une réforme pour produire, pas un cadeau pour les plus fortunés", a déclaré le chef d'Etat français.

"Je veux des baisses d'impôts significatives pour ceux qui travaillent."

"Je veux des baisses d'impôts significatives pour ceux qui travaillent. Nous pouvons faire aussi bien en dépensant moins", a ensuite indiqué Macron. "Il faut aussi donner à chacun les mêmes chances de réussir. Le dédoublement des classes fonctionne, il faut des classes de 24 élèves max, c'est un investissement dans nos enfants". Le président français a ensuite évoqué les investissements dans les formations.

"Pour corriger les injustices, il faut aussi que le travail paie. Outre les baisses d'impôts, il faut une meilleure association des salariés avec les performances des entreprises. Nous allons aussi au 1er janvier réindexer les retraites de moins de 2.000 euros. C'était injuste", a affirmé Macron. Pour financer la baisse d'impôts, Macron demande de "travailler davantage".

Le climat

"La troisième orientation, c'est l'investissement dans de grandes transitions. La première, c'est le climat. Il faut investir dans l'isolation des logements, définir d'autres mesures incitatives ou contraignantes pour aider les gens à s'adapter. Je veux aussi un conseil de défense écologique pour prendre les choix stratégiques et mettre au coeur de chaque décision politique le climat", a indiqué Macron.

Le projet français

"La quatrième orientation, c'est de réaffirmer les permanences du projet français, la trame de notre Nation. Il faut savoir dire ce qu'on veut préserver. Cet art d'être Français, c'est un attachement à la famille. Je veux une véritable politique familiale pour accompagner les situations familiales particulières comme les familles mono-parentales", a ensuite affirmé le président français.

"Schengen, ça ne fonctionne plus. Il faut refonder l'espace Schengen, même si c'est avec moins d'Etats."

"Une autre permanence, c'est la laïcité. Croire en Dieu ou pas et vivre ensemble, donc ne pas imposer sa religion à la société", a ensuite déclaré Macron. "Nous avons fermé des écoles qui ne respectaient pas les lois de la République, des associations,...", a indiqué le président français parlant ensuite de la menace de l'islam politique et du fait qu'il allait le combattre.

"Le deuxième grand combat européen avec le climat, c'est la migration. Schengen, ça ne fonctionne plus. Il faut refonder l'espace Schengen, même si c'est avec moins d'Etats. L'asile, c'est un devoir, mais pour bien accueillir ceux qui en ont le droit, il faut être plus dur avec ceux qui ne le peuvent pas. Il faut un patriotisme inclusif où chacun a sa part", a ensuite conclu Emmanuel Macron.

La conférence de presse s'est ensuite poursuivie avec une séance de questions-réponses avec les journalistes.


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