Des députés européens prudents sur le cas Reynders

Didier Reynders. ©Photo News

La prudence est de mise au Parlement européen sur le cas de Didier Reynders, candidat commissaire visé par une enquête préliminaire en Belgique.

C’est à la commission parlementaire "LIBE", en charge des Libertés civiles et de la Justice, qu’il reviendra d’auditionner le candidat commissaire Didier Reynders, à une date qui doit être annoncée jeudi. Sans nouveaux éléments d’ici-là, l’information révélée par L’Echo et De Tijd samedi qu’une enquête préliminaire a été ouverte à l’endroit du Belge pourrait agiter son grand oral. Mais pour l’heure, les eurodéputés se montrent généralement prudents.

C’est à lui de voir dans quelle mesure il doit faire ou non un pas de côté.
Saskia Bricmont Eurodéputée Ecolo

"C’est beaucoup trop tôt", indique cette élue d’un parti national-conservateur, membre de la commission LIBE, qui ne souhaite pas à ce stade être citée sur ce dossier. Chez les Verts, la Belge Saskia Bricmont, également membre de la commission parlementaire, craint que la situation puisse être préjudiciable au futur commissaire à la Justice, tout en insistant sur la présomption d’innocence. "C’est à lui de voir dans quelle mesure il doit ou non faire un pas de côté", réagit-elle.

Sur les bancs des socialistes et des libéraux de la commission LIBE, les élus que nous avons sollicité sur cette question n’ont pas donné suite, signe de la prudence qui règne encore à ce stade. Au rang des réactions spontanées, on peut citer celle de la Française de gauche radicale Manon Aubry, qui parle d’une "nouvelle casserole dans l’équipe Von der Leyen".

"Pétard mouillé"

La presse européenne et internationale a largement relayé l’information, après sa confirmation par le parquet. "L’enquête en est à un stade très préliminaire mais intervient alors que Reynders est candidat pour devenir commissaire à la Justice de l’UE, qui est responsable pour assurer l’état de droit à travers le bloc", constate sobrement l’agence Reuters. "C’est peut-être un pétard mouillé, mais l’affaire tombe au plus mal pour le Belge", écrit pour sa part Le Monde, selon qui l’épisode "pourrait évidemment le handicaper" lors des auditions.

L’épisode "pourrait jeter le doute sur un autre membre du collège proposé" par Urusla von der Leyen, indique de son côté le média spécialisé Euractiv, alors que deux des candidats font déjà l’objet d’une enquête de l’Office européen antifraude (OLAF). "Si l’enquête […] devait se poursuivre sérieusement, les eurodéputés pourraient refuser de donner leur aval à sa nomination."

Après avoir indiqué, samedi matin, ne pas être au courant de l’enquête, Didier Reynders a dit espérer que la clarté soit faite "aussi vite que possible". Les travaux des enquêteurs trouvent, pour rappel, leur origine dans les accusations portées par un ex-membre de la Sûreté de l’État, qui parle notamment de pots de vin versés pour des contrats comme la construction de l’ambassade belge à Kinshasa. Le porte-parole du vice-Premier ministre avait évoqué "un homme malveillant qui tente sans cesse de nuire".

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