"Des médias pro-russes sèment la panique en Europe sur le coronavirus" (UE)

La Commission européenne invite les utilisateurs des réseaux sociaux à ne pas propager les fausses nouvelles sur le coronavirus. ©EPA

Fausses nouvelles sur le coronavirus, théories du complot... des médias pro-Kremlin intensifient leurs campagnes de désinformation sur le coronavirus, selon la Commission européenne.

La Commission européenne a dénoncé mercredi une campagne de désinformation en cours provenant de médias russes pro-Kremlin visant à "semer la panique et la confusion en Europe" sur l'épidémie de coronavirus.

Des médias comme Sputnik News et Russia Today, diffusés dans plusieurs langues en Europe, répandent sur les réseaux sociaux des contre-vérités sur le coronavirus, affirme un rapport du Service européen pour l'action extérieure (SEAE/EEAS)

Les autorités russes, de leur côté, nient toute implication dans ces campagnes et accusent certains médias occidentaux de mener de telles campagnes en Russie pour déstabiliser l'opinion publique.

Une "arme bactériologique"

Les exemples de désinformation, parfois de conspirationnisme, sont nombreux. Dans un article de Sputnik, on accuse les États-Unis d'avoir "créé une arme bactériologique". Dans d'autres publications, ce sont les Britanniques, l'opposition biélorusse qui sont mis en cause, voire l'Otan qui chercherait à "imposer un ordre militaire". Certains médias accusent les grands groupes pharmaceutiques d'avoir organisé la propagation du coronavirus pour "accroître leurs ventes".

"Ceux qui relaient cette info jouent avec la vie des gens."
Un porte-parole de la Commission européenne

Le site "ukraina.ru" affirme que la pandémie aurait été "prévue par Nostradamus". Sur le média "geopolitica.ru", le philosophe russe nationaliste Alexander Dugin compare le coronavirus à "une punition de dieu" et affirme qu'il s'agit d'un événement qui "mettra fin à la civilisation telle que nous la connaissons", dénonce le rapport du SEAE.

La multiplication de ces contre-vérités vise non pas à en imposer une seule, mais à créer la confusion au sein des populations européennes. "Les médias pro-Kremlin ne tentent pas de vendre une idée, mais plutôt de semer la confusion", résume le SEAE.

"Il y a une hausse de l'infotox extra-européenne et la Russie joue un rôle là-dedans, ou alors des prestataires basés en Russie", avertit un porte-parole de la Commission européenne, "ceux qui distribuent cette info jouent avec la vie des gens". "La Russie ne serait pas la seule impliquée dans ces campagnes de désinformation", précise-t-il.

"Les médias pro-Kremlin ne tentent pas de vendre une idée, mais plutôt de semer la confusion."
Le Service européen d'action extérieure

La Commission européenne invite les utilisateurs des réseaux sociaux à ne pas propager ces informations. Elle insiste également auprès des plateformes, comme Facebook, pour qu'elles filtrent les contenus. Un processus dit "volontaire" est en cours, où les réseaux sociaux font état régulièrement aux autorités européennes de leurs progrès dans la lutte contre les fausses nouvelles. Mais, à ce jour, il est encore loin de porter ses fruits.

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