Des nouvelles ambitions européennes au rabais

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, aura-t-elle les moyens des deux grandes politiques qu'elle porte, le Pacte Vert et la révolution numérique ?

La base de négociation des Vingt-Sept équivaut à une baisse quasi généralisée de l'ambition sur les "nouvelles politiques" de l'Europe.

Climat, numérique, frontières, défense... L'Europe de l'après-Brexit s'est fixé un agenda stratégique ambitieux: mettre l'accent sur de "nouvelles" politiques, à côté des deux grands postes traditionnels d'investissement de l'Union, la politique agricole et la politique de cohésion. Ces ambitions trouveront-elles un financement à la hauteur? "Il y a un divorce entre le verbe et l'action, et même pour un vieux cynique comme moi, c'est dur", déplore un haut diplomate.

Petit florilège. Défense: la Commission demandait un peu plus de 17 milliards, Charles Michel n’en propose que 8,5. Pour la gestion des frontières, l'ambition fond de 9 milliards. Recherche et innovation? Près de 4 milliards de moins. Les investissements stratégiques? Sept milliards de moins.

Cas particulier, le climat fait office d'exception. Alors que la proposition de la commission a été déposée deux ans avant l'annonce du Pacte vert, Michel propose de s'aligner – en ajoutant la proposition d'un fonds de transition juste de 7,5 milliards d’euros pour soutenir les régions les plus lourdement carbonnées. Restera à préciser la question de la conditionnalité de l'accès au fond, alors que la Pologne a refusé d'engager son pays dans l'objectif européen de neutralité carbone pour 2050.

Se donnera-t-elle les moyens de ses ambitions? "Sans les ressources nécessaires, le Green Deal, la transition numérique et l'Europe géopolitique ne seront que des slogans vides", a commenté le président du Parlement européen, David Sassoli, à l'ouverture du sommet.

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