Des produits labellisés "durables" associés à la destruction d’écosystèmes

Zone de forêt détruite pour des plantations d'huile de palme en Indonésie (juillet 2019). ©EPA

Greenpeace appelle l’Europe à ne plus s’appuyer sur les systèmes de certification volontaires pour valider le respect d’obligations légales.

Les macarons pullulent sur les emballages pour assurer au consommateur que son achat ne contribue pas à la destruction d'écosystèmes. Mais l’efficacité de ces systèmes de certification laisse à désirer, selon une enquête que l’organisation de protection de l’environnement Greenpeace International publie ce mercredi. "Des produits liés à la destruction de forêts et d'écosystèmes et atteintes aux droits humains continuent d'entrer sur le marché de l'UE labellisés comme 'durables' par de nombreux systèmes de certification", dénonce-t-elle. Appelant au passage les législateurs à ne plus s’appuyer sur ces systèmes pour assurer le respect de contraintes légales.  

"Des produits liés à la destruction de forêts et d'écosystèmes et atteintes aux droits humains continuent d'entrer sur le marché de l'UE labellisés comme 'durables' par de nombreux systèmes de certification."
Greenpeace International

Mais malgré leur existence et leur succès depuis la fin des années 1980, les systèmes de certification n’ont pas permis d’enrayer la déforestation, constate l'ONG. Elle passe au crible les grands systèmes de certification de cinq secteurs: les biocarburants (ISCC), le cacao et café (Fairtrade, Rainforest Alliance), l'huile de palme (RSPO, ISPO), le soja (RTRS, ProTerra) et le bois (FSC). Et conclut que même quand les standards ne valident pas simplement des modes de production qui participent à la dégradation des écosystèmes, les certifications pèchent en termes de gouvernance, transparence, mise en œuvre ou audit. À l'image, pour prendre un exemple, du bois "FSC": reconnu comme le plus crédible de sa catégorie, ce label présente des "faiblesses fondamentales", estime Greenpeace, mêlant notamment sous son label des sources certifiées et non-certifiées.

Une nouvelle législation

Conclusion selon Greenpeace: la certification est un outil faible et ne devrait donc pas être acceptée comme une manière de démontrer le respect d'obligations légales liées à la protection des forêts, écosystèmes et droits humains. Pour assurer que les biocarburants mis sur le marché européen sont durables, la directive sur l'énergie renouvelable s'appuie déjà sur des systèmes de certification comme l'International Sustainability and Carbon Certification (ISCC).

À l’approche de la conférence internationale de Kunming (COP15), qui pourrait devenir à la biodiversité ce que la conférence de Paris fut au climat, la Commission européenne prépare une législation pour réduire l'impact de la consommation des Européens sur la déforestation. Un rapport de la Rainforest Foundation Norway publié mardi, 45% des forêts tropicales encore existantes sont dégradées, alors que depuis le début de ce siècle, une surface équivalente à la France a été détruite.

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