Di Maio démissionne de la présidence du M5S

Luigi Di Maio ©AFP

Malgré l’assurance affichée par le dirigeant et ministre des Affaires étrangères italien, Luigi Di Maio, son départ souligne les fragilités d’un parti à la recherche d’une nouvelle identité.

Il a peaufiné son discours d’adieu pendant un mois entier. Le ministre des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, a annoncé hier sa démission de la présidence du Mouvement 5 étoiles (M5S). "Une ère s’achève. Ce moment est complexe pour notre projet visionnaire inédit. Il est temps de se réformer", a-t-il expliqué, sans aucun regret et avec son optimisme habituel.

Le renoncement de Di Maio est pourtant la conséquence directe de la progressive déliquescence de son parti. Le surprenant résultat obtenu par le M5S aux dernières élections législatives de 2018 (33% des voix) n’est qu’un lointain souvenir. Les douloureuses défections de plusieurs élus, l’expulsion controversée d’un sénateur et une crise identitaire de fond ont dénaturé et affaibli un mouvement anti-système qui, en prenant les rênes du pouvoir, a irrémédiablement trahi son âme inclassable et subversive.

"C'est le moment pour un pas en arrière du parti. Je suis fatigué, épuisé."
Luigi Di Maio

Malgré la mise en place du revenu de citoyenneté – adopté pour complaire une partie significative de l’électorat du M5S – les militants du parti s’amenuisent et succombent aux sirènes d’autres formations populistes, en l’occurrence la Ligue, vigoureusement dirigée par l’ancien ministre de l’Intérieur Matteo Salvini.

Dans l’actuel flou politique de la péninsule, l’opinion publique nationale recherche de plus en plus de clarté dans les discours politiques souvent rigides et simplificateurs, notamment pour ce qui concerne le défi migratoire, les relations avec l’Europe et la politique économique. Et, le M5S qui s’est toujours défini "ni de droite, ni de gauche" (tout en ayant accepté de gouverner avec les deux) ne semble plus à même d’offrir une orientation idéologique et une réponse politique définies et efficaces face aux grandes thématiques qui inquiètent les Italiens.

Or, cette crise interne du M5S menace désormais la survie du gouvernement de Giuseppe Conte, fruit du singulier mariage de convenance entre le Mouvement et le Parti démocrate (PD, centre-gauche).

Pour qui bat le cœur électoral?

Dimanche prochain, d’importantes élections régionales auront lieu en Émilie-Romagne et en Calabre. Leurs résultats seront déterminants pour comprendre pour qui bat le cœur de l’électorat. Et si la Ligue devait confirmer les avancées réalisées au dernier scrutin régional en Ombrie, Salvini réclamera, avec une légitimité renouvelée, l’organisation d’immédiates élections nationales.

Ce dernier, qui risque un procès pour avoir, "séquestré des migrants" en 2019, sur un navire des garde-côtes italiens, mène ainsi, depuis des semaines, une campagne électorale effrénée, notamment en Émilie-Romagne. Se faisant immortaliser aux côtés d’immenses jambons et roues de parmesan, ou arborant la casquette de la Ferrari, il s’est transformé en un ardent défenseur de l’économie locale. Et, face aux tergiversations existentielles du M5S et du PD, Salvini n’a jamais été plus sûr de remporter la faveur des urnes.

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