Dix milliards d'euros de baisses d'impôts en Italie

Le Premier ministre italien Matteo Renzi, mercredi à Rome (photo: Remo Casilli / Reuters) ©REUTERS

Le Premier ministre italien, Matteo Renzi, a annoncé mercredi son premier plan économique d'envergure.

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a annoncé mercredi un évènement de "portée historique" avec l'abaissement des impôts pour 10 millions de personnes, représentant un coût de 10 milliards d'euros pour l'Etat italien, ainsi qu'une série d'autres mesures (lire par ailleurs).

"Pour nous, il est évident que mettre dans les poches des Italiens 1.000 euros en plus (sur un an) aidera à la consommation: c'est une mesure d'attention, d'équité, une mesure de portée historique", a annoncé M. Renzi, dans une conférence de presse présentant les toutes premières mesures concrètes de son exécutif.

M. Renzi a assuré que l'Etat italien dispose "des moyens de financer" ces réductions d'impôts, qui bénéficieront essentiellement à la classe moyenne (gagnant moins de 25.000 euros net par an) et aux couches les plus pauvres, tout en respectant la norme d'un déficit par rapport au PIB de 3%, exigé par l'Union européenne.

Les pouvoirs du Sénat italien rabotés et les provinces supprimées

Matteo Renzi a aussi annoncé mercredi une réforme constitutionnelle réduisant très fortement les pouvoirs du Sénat. Lors d'une conférence de presse présentant ses premières mesures concrètes, le président du Conseil italien a dévoilé "un projet de loi constitutionnel", qui prévoit qu'"il n'y aura plus jamais de vote de confiance, plus jamais de loi de stabilité budgétaire" à l'ordre du jour du Sénat. "Cela veut aussi dire une réduction du nombre des parlementaires, 315 salaires en moins", a-t-il ajouté, à propos du fait que les néo-sénateurs seront des élus régionaux bénéficiant déjà d'un salaire. Le projet sera remis aux représentants des maires et des conférences régionales et à toutes les institutions intéressées par la question, a-t-il ajouté. Un délai de quinze jours "sera donné à tous pour apporter des améliorations" au projet, et "puis nous le présenterons devant le parlement". M. Renzi a annoncé aussi la suppression à terme des provinces. Par ailleurs, le chef du gouvernement a annoncé la vente aux enchères de "plus de 1.500 voitures de fonction" entre le 26 mars et le 16 avril, toujours pour réduire le coût de la politique.

"J'ai lu des polémiques (dans les journaux) sur la +couverture+ de ces dépenses. C'est incroyable qu'on en doute. L'argent pour remettre ces 10 milliards dans les poches des Italiens est là", a-t-il indiqué.

Il a expliqué ensuite que le conseil des ministres a réussi à trouver ces 10 milliards "sur la base des économies sur les dépenses (publiques), des conditions macroéconomiques générales (baisse des intérêts que doit payer l'Italie sur sa dette, ndlr), sans aucune augmentation des taxes".

Il a aussi annoncé pour les entreprises "une baisse de 10% de la taxe professionnelle Irap" qui sera financée par une hausse de 20 à 26% de la taxation sur les gains financiers, sauf celle sur les obligations d'Etat.

Ces allègements fiscaux entreront en vigueur dès le 1er mai, a-t-il précisé, regrettant de ne pas être parvenu à abaisser l'impôt sur le revenu dès le 1er avril pour des raisons techniques.

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