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Emmanuel Macron et Giuseppe Conte travaillent "main dans la main"

Le président du Conseil italien Giuseppe Conte et le président français Emmanuel Macron sont, apparemment, sur la même longueur d’onde. ©REUTERS

Après quelques jours "tumultueux", les deux chefs de gouvernement sont convenus de la nécessité de traiter la question migratoire à la source.

Ils avaient des choses à se dire. Au point que la conférence de presse qui devait conclure le déjeuner entre Giuseppe Conte et Emmanuel Macron a débuté vendredi avec un gros retard. Si des migrants prêts à s’embarquer sur la Méditerranée avaient pu suivre leur intervention en direct, ils en seraient sûrement arrivés à la conclusion que la solution à leurs problèmes immédiats était à la veille de voir le jour. Alors que l’Aquarius, au cœur d’un différent aigu entre les deux pays voguait vers l’Espagne après avoir été refoulé par l’Italie et la France. Évoluant à une allure de 10 nœuds, le bateau est attendu ce samedi à Valence.

Devant la presse, le chef du gouvernement italien et le président français se sont employés à répondre sans trop de précision aux questions brûlantes posées par la presse sur les relations tendues entre Paris et Rome quant à l’accueil des migrants.

"La solidarité européenne actuelle, en particulier ces dernières années à l’égard de l’Italie, n’a pas été au rendez-vous."
Emmanuel Macron
Président français

Giuseppe Conte, qui a reconnu quelques "jours tumultueux" entre les deux pays au point que le déjeuner d’hier a été un temps en sursis, a ainsi affirmé que sa seule présence à Paris matérialisait la fin du conflit. De son côté Emmanuel Macron a déclaré vouloir travailler "main dans la main" avec son homologue italien, et signifié en substance que les positions dures du ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini étaient même une chance pour l’Europe dès lors qu’elles pourraient favoriser des discussions avec des pays hostiles à l’immigration comme la Hongrie et l’Autriche. Matteo Salvini avait martelé en milieu de semaine que l’Italie n’avait de leçon à recevoir de personne et "certainement pas de la France qui n’a admis sur son territoire que 340 migrants venus d’Italie sur les 9.816 qu’elle s’était engagée à prendre en trois ans".

Traiter le problème à la source

Mais dans l’immédiat, et dans l’attente d’un sommet européen qui doit se tenir à la fin du mois, force est de constater que derrière les belles paroles, l’Italie continuerait de porter un fardeau lié à la longueur de ses côtes en Méditerranée. Le président français a proposé pour la question migratoire la même approche mécanique que celle qu’il a proposée cette semaine à l’égard des pauvres.

Pour Emmanuel Macron, qui a reconnu en guise d’apaisement que la solidarité européenne à l’égard de l’Italie "n’avait pas été au rendez-vous", il faut en effet traiter le problème des migrants à la source et non pas quand un bateau s’approche des côtes de l’Europe. Giuseppe Conte n’a pas répondu autrement en confirmant qu’il fallait agir dès le pays d’origine, y compris auprès des pays de transit.

Dans ce contexte, les deux dirigeants ont eu un peu de mal à faire passer le deuxième sujet de leur réunion en prônant de la même voix qu’une décision soit prise au conseil européen de juin pour finaliser l’union bancaire de la zone euro grâce à un mécanisme de garantie collective, et défendant par ailleurs l’introduction d’un budget commun. Bien loin des préoccupations des migrants qui, en gilet de sauvetage orange, ne cherchent que des points d’accostage dans des pays fiers de leurs valeurs humanistes.

 

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