Emmanuel Macron prépare "l'acte II" de son quinquennat

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Le Président français revient aux affaires après avoir fait sa rentrée internationale. Son gouvernement annonce la seconde phase de son train de réformes. Si le contexte semble plus serein, la rentrée politique de l’opposition risque de se faire dans le fracas.

Il aura fallu un an à Emmanuel Macron pour enfin lancer l’acte II de son quinquennat. Affaire Benalla, crise des gilets jaunes, démissions de ministres de premier plan, l’année écoulée à fortement esseulé le Président français, auparavant engagé dans un train de réformes à toute vitesse. Après une année passée à essayer à reconquérir une opinion publique de plus en plus hostile envers la majorité présidentielle, l’exécutif français se met en ordre de bataille pour passer à la seconde phase de son projet.

Réformes, acte deux

"Nous aurons le souci constant du respect des différentes parties prenantes et de la concertation."
Sibeth Ndiaye Porte-parole du gouvernement

Fort d’une popularité remontée à 30% d’opinion favorable et restée stable depuis juin dernier, le couple exécutif Macron-Philippe a lancé le top départ d’une "transformation du pays" via de "nouvelles méthodes". Petite référence aux mouvements de contestations sociales des derniers mois, il entend "répondre par la concertation aux craintes des Français", tout en exerçant un "devoir de vigilance face à leurs inquiétudes". Or il n’est pas certain que l’opposition ne se réveille pas compte tenu de la teneur des réformes que le gouvernement d’Édouard Philippe compte mettre en œuvre à partir du 4 septembre, date du séminaire gouvernemental qui sera organisé afin de lancer les grands chantiers des mois à venir.

Joseph Zimet nommé à la communication de l'Elysée

Après sept mois d’atermoiements, le président français Emmanuel Macron a finalement choisi comme nouveau conseiller pour sa communication nationale Joseph Zimet. à 46 ans, celui qui dirigeait depuis 2012 l’organisme chargé des commémorations de la Grande Guerre, succède à Sylvain Fort, parti le 25 janvier pour gérer la collection d’œuvres d’art du milliardaire François Pinault.

"Au sein du cabinet du Président de la République, il sera en charge de la presse et de la communication nationale du Président", a précisé l’Elysée. Joseph Zimet prendra ses fonctions dès cette semaine. Historien de formation et ancien militant socialiste proche de la mouvance strauss-kahnienne, il a été marié à Rama Yade, ancienne Secrétaire d’Etat chargée des Droits de l’homme puis des Sports sous l’ère Sarkozy, entre 2007 et 2010.

Il a organisé "l’itinérance mémorielle" d’Emmanuel Macron dans le nord et l’est de la France en novembre 2018. D’après le quotidien français Le Monde, les deux hommes se seraient d’ailleurs rencontrés sur les bancs de l’université, à Sciences Po. La nomination de Joseph Zimet intervient au moment où le Président de la République entend pacifier ses relations avec la presse, houleuses depuis son élection.

Outre la réforme du système des retraites, qui risque de faire grand bruit, c’est la ministre de la Transition écologique et solidaire Élisabeth Borne qui est particulièrement attendue au tournant. En poste depuis juillet, elle reste toujours en charge du ministère des Transports. Une multitude de dossiers l’attendent donc, tandis que l’écologie reste un thème de préoccupation affiché du gouvernement et au sujet duquel l’opposition ne lui offrira aucun répit. D’autant plus que la bataille autour de la signature du Ceta en plein mois de juillet a divisé jusque dans les rangs de la majorité.

L’ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée), la loi sur la bioéthique, la réforme de la fonction publique qui reste à être précisée auprès des syndicats… Autant de pierres d’achoppement qui pavent la route de la République en marche. Surtout à un moment où, outre les écologistes, la plupart des partis d’opposition se cherchent de nouveaux chevaux de bataille après des résultats désastreux aux élections européennes. Une manifestation est d’ailleurs déjà programmée contre la loi sur la bioéthique le 6 octobre à Paris, et la réforme des retraites fera descendre dans la rue la CGT et Force ouvrière les 21 et 24 septembre prochains.

C’est principalement le Premier ministre Édouard Philippe qui aura la charge de mener à bien le nouveau train de réformes engagé par son gouvernement. Emmanuel Macron pourra pour sa part profiter d’un calendrier international particulièrement chargé en sujets sensibles afin de limiter sa présence sur la scène intérieure.

Le Président sur la scène internationale

Alors que c’est à Biarritz que s’organisera ce week-end le sommet du G7, Emmanuel Macron en aura profité pour inviter en marge du sommet son homologue russe Vladimir Poutine, et pour rencontrer ce jeudi les chefs des gouvernement britannique, grec et indien ainsi que le chef de la diplomatie iranienne.

Tentant de ressusciter le dialogue pour résoudre la crise ukrainienne, Emmanuel Macron profite également du vide laissé par une Angela Merkel fragilisée et en fin de mandat pour prendre le leadership au niveau européen. Une présence accrue sur la scène internationale pour le président Macron qui devra néanmoins garder à l’œil le contexte politique français toujours tendu à l’heure où toutes les forces politiques du pays sortent de leur torpeur estivale.

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