Emmanuel Macron sous haute pression

Rentré du G20, Emmanuel Macron doit tenter de sortir de la crise des gilets jaunes. ©Photo News

L’exécutif français bouleverse son agenda afin de reprendre le contrôle de la situation sociale. Les contestataires attendent que le gouvernement lâche enfin du lest.

Signe que les événements s’accélèrent alors que la France traverse une crise sociale qui semble toujours hors de contrôle, Emmanuel Macron s’est décidé à toucher à son sacro-saint programme international. Son voyage officiel en Serbie prévu pour jeudi a été annulé. Tandis qu’une réunion ministérielle était en cours lundi soir à l’Élysée sur la crise des gilets jaunes, l’entourage du Premier ministre a annoncé qu’Édouard Philippe annoncerait rapidement "des mesures" afin de permettre le "déroulement serein" d’une concertation de trois mois.

Une réunion avec les gilets jaunes à Matignon a également été rayée de l’emploi du temps du Premier ministre à la suite d’une décision des contestataires. Même l’agenda parlementaire a été bouleversé puisqu’un débat aura lieu à l’Assemblée nationale demain et au Sénat jeudi, chacun étant précédé d’une déclaration gouvernementale. C’est manifestement le branle-bas le combat à la tête de l’exécutif français après un week-end particulièrement violent, comportant après plusieurs semaines de nombreux blessés et des morts. Funeste séquence qui a conduit l’Assemblée nationale à auditionner le ministre de l’intérieur et son secrétaire d’Etat.

Lourdes conséquences économiques

Sous haute pression et en forte chute de popularité, Emmanuel Macron tente avec son Premier ministre (qui a reçu hier les principaux chefs de parti) de reprendre le contrôle d’une situation qui leur échappe.

Il leur faut se pencher sans attendre sur les questions de sécurité au cas où un quatrième front de manifestations s’ouvrirait pour samedi et élaborer les réponses concrètes que la France attend avec notamment l’épineux problème de l’augmentation du prix à la pompe. Et ce, alors que les conséquences économiques du mouvement des gilets jaunes (qui semble vouloir s’étendre à d’autres secteurs de la population), se comptent désormais en centaines de millions d’euros. L’hôtellerie parisienne a souffert avec l’annulation de milliers de nuitées pour la période des fêtes.

Quant à la grande distribution qui a subi de nombreux blocages, elle aurait cumulé quelque 315 millions de pertes rien que pour les week-ends des 17 et 24 novembre, d’après le magazine spécialisé LSA. Selon le ministère des Finances, les petits commerçants ont également vu ces temps derniers baisser leur chiffre d’affaires avec des chutes de 60 à 70% de leur activité.

Exaspération

Quelque chose s’est déréglé au sein de l’exécutif français depuis le début de l’été. Il apparaît que ni Emmanuel Macron lourdement contrarié dans sa dynamique de succès initial, ni Edouard Philippe, n’ont su repérer qu’un seuil de tolérance aux réformes menées grand train depuis 2017 avait été atteint.

Des réponses décalées sur le terrain de l’écologie au lieu du pouvoir d’achat, des promesses d’écoute au lieu de réponses concrètes, un "cap" politique maintenu mordicus, l’attitude du Président de la république comme de son Premier ministre n’ont fait qu’exaspérer l’attente des contestataires. Lesquels attendent que le gouvernement lâche enfin du lest. Car plus le temps passe, "plus le prix politique sera élevé" faisait valoir hier un observateur.

 

 

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