analyse

En Biélorussie, l'Europe ne reconnaît pas Loukachenko

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Les députés européens ont exigé des sanctions importantes contre le régime de Loukachenko. L'UE devrait prendre ces sanctions la semaine prochaine, lors d'un sommet extraordinaire.

L'Union européenne ne reconnaît pas Alexandre Loukachenko comme président de la Biélorussie et se prépare à prendre des sanctions importantes contre son régime en raison de la répression menée contre l'opposition par le KGB et la police d'État. C'est ce qui ressort d'un débat mené au Parlement européen, ce mardi en séance plénière. Le coup d'envoi est venu de Josep Borrell, le Haut représentant de l'Union européenne aux Affaires étrangères. "Le président Loukachenko n'est pas le président légitime de la Biélorussie", a martelé le chef de la diplomatie européenne. "Les élections du 9 août sont frauduleuses", a-t-il ajouté, "nous sommes en train d'adopter des sanctions pour un nombre important de responsables de violences, de répressions et de falsifications des résultats des élections." Ces sanctions devraient être adoptées lors d'un Conseil européen extraordinaire prévu les 24 et 25 septembre. La décision devrait être prise lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères, lundi prochain.

"Le président Loukachenko n'est pas le président légitime de la Biélorussie."
Josep Borrell
Haut représentant de l'Union européenne aux Affaires étrangères

Josep Borrell a regretté qu'Alexandre Loukachenko ait rejeté la voie du dialogue. "L'entêtement de Loukachenko à rester au pouvoir, avec le soutien apparent de Vladimir Poutine, rend difficile toute négociation", a-t-il dit, rappelant que plus de 7.000 personnes ont été arrêtées et plus de 500 d'entre-elles torturées depuis le début des manifestations en août.

Une condamnation quasi unanime

Les eurodéputés, avec une quasi-unanimité, ont rejeté l'élection de Loukachenko et réclamé des sanctions, insistant à plusieurs reprises sur la nécessité pour le dirigeant biélorusse de se retirer. "J'en appelle au président de Biélorussie d'accepter la volonté de son peuple", a dit le député allemand Michael Gahler (PPE), "Madame Tikhanovskaïa a la légitimité pour négocier. Nous condamnons les mesures prises par le KGB et la police d'État contre les manifestants."

"Madame Tikhanovskaïa a la légitimité pour négocier. Nous condamnons les mesures prises par le KGB et la police d'Etat contre les manifestants."
Michael Gahler
Eurodéputé allemand du PPE

Libéraux, Verts, conservateurs et socialistes étaient à l'unisson avec la famille démocrate-chrétienne. "Le S&D propose qu'on remette le prix Sakharov aux opposants de Biélorussie", a dit Iratxe Garcia Perez, la cheffe du groupe socialiste, dénonçant "les milliers d'emprisonnements et les centaines de cas de torture". L'Espagnole a insisté sur le rôle joué par les femmes à la tête de la révolte. "Le moment des femmes est arrivé en Biélorussie", a-t-elle ajouté.

"Le S&D propose qu'on remette le prix Sakharov aux opposants de Biélorussie."
Iratxe Garcia Perez
Cheffe du groupe socialiste au Parlement européen

Dacian Ciolos, le leader de Renew Europe (libéraux), a dénoncé "les menaces pesant contre Svetlana Tikhanovskaïa", saluant "une leçon de courage et de liberté donnée par les citoyens se regroupant derrière un leadership féminin". "Loukachenko réagit comme au temps soviétique et s'imagine des ennemis, qu'il s'agisse de l'Otan ou de l'UE", a-t-il dit. Les libéraux ont invité à placer Loukachenko "en tête de la liste de sanctions".

"Loukachenko réagit comme au temps soviétique et s'imagine des ennemis, qu'il s'agisse de l'Otan ou de l'UE."
Dacian Ciolos
Président du groupe libéral au Parlement européen

"C'est la résistance des femmes qui nous impressionne. Cette révolution est féminine", a renchérit l'Allemande Viola Von Cramon-Traubadel (Verts).

Plusieurs élus des pays voisins de la Biélorussie sont montés au créneau. "Les Biélorusses luttent pour une meilleure Europe, ce sont les héros de l'Europe", a jugé l'eurodéputée lituanienne Rasa Juknevičienė (PPE).

Le coup d'estoc est venu du Français Bernard Guetta (Renew Europe), qui s'est adressé au président russe Vladimir Poutine. "Vous avez le choix, Monsieur Poutine, mais faites-le bon. Vous allez perdre ce pays si vous soutenez Loukachenko. Vous vous grandirez et vous grandirez la Russie et vous vous ferez faiseur de paix en soutenant les Biélorusses".

"C'est la résistance des femmes qui nous impressionne. Cette révolution est féminine."
Viola Von Cramon-Traubadel
Eurodéputée allemande (Verts)

Seuls les eurodéputés de gauche radicale (GUE), plaidant pour "le dialogue" sont restés en retrait de cette condamnation.

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