En état de semi-confinement, l'Italie plonge dans la révolte

Des Italiens protestent à Turin contre les nouvelles restrictions imposées par le gouvernement pour faire ralentir l'épidémie. ©REUTERS

De violentes manifestations ont éclaté dans le pays après l’adoption de nouvelles restrictions face à la crise sanitaire qui s'amplifie à nouveau.

Après la miraculeuse accalmie estivale, l’Italie est à nouveau plongée, à l’instar de ses voisins européens, dans le cauchemar épidémique. Avec une moyenne d’environ 17.000 nouveaux cas quotidiens de Covid-19 et 37.500 décès depuis le début de l’année, la péninsule se retrouve aujourd’hui dans un état de semi-confinement.

Déboussolé et agité d’orientations contradictoires, le gouvernement de Giuseppe Conte vient, en effet, de «faire un choix très ardu mais inéluctable».

«La fatigue, l’angoisse, la rage et la frustration de nos concitoyens sont naturelles mais nous sommes appelés à faire de nouveaux sacrifices», a déclaré le président du Conseil.

Alors que la Lombardie risque de plonger encore dans le chaos sanitaire et que de grandes régions, comme le Latium et la Campanie, ont largement dépassé le pic de la première vague, les dirigeants politiques viennent ainsi d’imposer une longue série de nouvelles restrictions pour essayer de circonscrire l’incendie épidémique.

Face à l’impuissance du système de traçage mais aussi à la réticence gouvernementale d’assigner à nouveau la totalité de la population à résidence, l’exécutif a imposé, jusqu’au 24 novembre prochain, un blocus national aux activités de loisir, ordonné la fermeture de salles de sport et de concert, cinémas et théâtres. De même, les bars et les restaurants devront arrêter leur service à 18 heures. Les déplacements «non nécessaires» sont fortement déconseillés et l’hypothèse de la création de «zones rouges», voire de la mise en quarantaine de régions entières, devient chaque jour plus concrète.

Nouvelle phase d’asphyxie pour l'économie

Conscient «du drame que ces mesures représentent pour des milliers de personnes et de petits entrepreneurs», Conte avait, néanmoins, tout essayé pour éviter de condamner entreprises et commerces nationaux à une nouvelle phase d’asphyxie.

«J’ai du mal à comprendre la direction prise par le gouvernement. Il est nécessaire d’avoir une vraie négociation sur les mesures à adopter puisque personne mieux que les entrepreneurs ne sait aujourd’hui ce qui est préférable», a déclaré, au cours d’une interview télévisée, Carlo Bonomi, président de la Confédération générale de l’industrie italienne.

Après le dernier décret du gouvernement, le troisième en onze jours, la grogne ne cesse de monter dans tout le territoire national. Depuis dimanche dernier, des manifestations de protestation, souvent pacifiques mais parfois aussi très violentes, sont organisées dans les grandes villes de la péninsule pour dénoncer les conséquences économiques du semi-confinement, la «dictature sanitaire» et les atteintes à la liberté individuelle. Or, les manifestants «no-lockdown» qui, au cours des dernières nuits de Turin jusqu’à Naples, ont pillé des magasins, incendié des voitures et lancé des bombes artisanales contre les forces de l’ordre constituent une hétéroclite et insidieuse galaxie de contestataires. Négationnistes, adeptes de la guérilla urbaine, militants «no-mask», néofascistes, infiltrés venus du crime organisé, tous se sont donné rendez-vous pour – comme l’indique l’un des messages postés en ligne pour lancer les révoltes – «traiter à coups de pied dans le derrière dirigeants politiques et agents de police».

Une explosion sociale, aux contours inquiétants, que le ministère de l’Intérieur avait anticipée dès la fin de la première vague mais qui risque, aujourd’hui, face à l’augmentation du chômage et des faillites, de faire de plus en plus de partisans.

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