La France entame un déconfinement à pas de loup

"La crise économique va vraisemblablement s'aggraver", a reconnu Emmanuel Macron. ©AFP

Alors que le pic de la deuxième vague est passé, Emmanuel Macron a dévoilé ce mardi soir des allègements progressifs du confinement avec la mise en œuvre d'un couvre-feu dès le 15 décembre.

C'était la huitième intervention télévisée d'Emmanuel Macron depuis le début de la pandémie, et a priori, ce ne devrait pas être la dernière. Échaudé par les ratés du premier déconfinement, au printemps dernier, et la virulence de la deuxième vague, le président français balise cette fois, avec prudence, la sortie de ce (deuxième) confinement, entamé le 28 octobre. Car, si les indicateurs s'améliorent - le nombre de contaminations est en baisse (20.000 cas par jour en moyenne) et l'étau se desserre sur les services de réanimation - le virus continue de circuler dans l'hexagone comme dans tout l'hémisphère Nord et l'hiver n'est pas fini. 

"Nous avons freiné la circulation du virus mais il nous faut poursuivre nos efforts", a affirmé Emmanuel Macron. La démarche se fera donc en plusieurs étapesLa première, le 28 novembre. À cette date, les petits commerces non essentiels -librairies, agences immobilières, boutiques de vêtements, coiffeurs, etc -. seront autorisés à rouvrir jusqu'à 21h, dans le cadre d'un protocole sanitaire plus strict, au même titre que les lieux de culte avec une jauge limitée à 30 personnes. Les déplacements pour promenades et activités sportives seront autorisés dans un rayon de 20 km. 

"Nous avons freiné la circulation du virus mais il nous faut poursuivre nos efforts."
Emmanuel Macron
Président français

Deuxième étape : le 15 décembre. À cette date, "le confinement pourra être levé", a indiqué Emmanuel Macron, à condition que les objectifs sanitaires soient atteints : "Nous pourrons alors nous déplacer sans autorisation y compris entre régions, passer Noël en famille. Il faudra toutefois au maximum limiter les déplacements inutiles", a indiqué le chef d'État français,ajoutant qu'un couvre-feu de 21h à 7h serait mis en place. "Nous pourrons circuler librement les soirs des 24 et 31 décembre mais il n'y aura pas de rassemblements sur la voie publique."

Enfin, troisième échéance : le 20 janvier 2021. Si le nombre de contaminations demeure en dessous de 5.000 cas par jour, les cours au lycée pourraient reprendre en présentiel puis 15 jours plus tard dans les universités. Pour leur part, les salles de sport et les bars et restaurants pourront rouvrir. Une décision tardive jugée sage par nombre d'épidémiologistes et médecins qui voient en ces lieux - où l'on ne porte pas de masque - des zones de circulation intense du virus responsables du rebond. Mais elle est jugée injuste par les restaurateurs qui ont, ce mardi, saisi le Conseil d'État en vue de contester - études scientifiques à l'appui - leur fermeture qu'ils jugent "disproportionnée". 

"La crise économique va vraisemblablement s'aggraver"a reconnu Emmanuel Macron. Mais le fonds de solidarité pour les entreprises devrait être renforcé et les aides aux entreprises fermées seront augmentées jusqu'à 20% du chiffre d'affaires. Également frappés par la crise, les saisonniers, les travailleurs précaires et les étudiants - candidats de plus en plus nombreux dans les banques alimentaires - bénéficieront d'une "réponse exceptionnelle", selon le gouvernement, en vue de les aider à trouver un emploi. 

Côté campagne de vaccination, celle-ci pourrait démarrer à partir de fin décembre-début janvier, avec en priorité les personnes âgées, les plus fragiles. "Des étapes seront présentées pour permettre la vaccination du plus grand nombre", a indiqué le président en précisant qu'elle ne serait pas obligatoire. Les Français figurent parmi les plus réticents au monde à la vaccination. Près de 60% montrent des signes de méfiance à son égard. En vue d'éviter une troisième vague, les personnes positives au Covid pourraient en revanche être contraintes à l'isolement.  

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