En France, la réforme des retraites passe une étape décisive

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L’arrivée du texte devant les ministres va coïncider avec une nouvelle journée de mobilisation d’ampleur nationale. Sur le terrain, la contestation ne cesse de se radicaliser.

Nouvelle journée de tension sociale en perspective ce vendredi en France. Après sept semaines de conflit, la réforme des retraites universelle à points du gouvernement Macron doit être présentée en conseil des ministres. Une étape clé qui va coïncider avec une septième journée nationale de grèves et de manifestations.

Alors qu’un retour à la normale commençait à poindre dans les transports, surtout en Ile-de-France, les syndicats prédisent une "journée noire" demain. "Quand on a raison face à une réforme dont plus personne au gouvernement n’est capable d’expliquer qu’elle est juste et simple, et bien la détermination, elle, ne faillit pas", a insisté Philippe Martinez, le secrétaire général du syndicat CGT.

"Jeter de robes noires"

Des pans entiers de l’économie font l’objet d’opérations de blocage.

Sur le terrain d’ailleurs, la contestation n’a jamais vraiment cessé, prenant la forme d’actions sporadiques, souvent spectaculaires, dans divers secteurs. Ainsi, ces derniers jours, on a assisté à de nouvelles coupures d’électricité dans plusieurs régions, à des "jeter de robes noires" par les avocats ou de "blouses blanches" par des personnels hospitaliers, à des "jeter de manuels scolaires" par des professeurs devant le rectorat à Clermont-Ferrand ou Créteil. Ou encore des lancers de "codes de la fonction publique, crayons et câbles d’ordinateur" par des fonctionnaires devant le ministère des Finances.

La liste des actes de résistance s’allonge. Des enseignants refusent par exemple de faire passer les épreuves communes de contrôle continu dans le cadre de la réforme du bac. Tandis que des experts-comptables et commissaires aux comptes envisagent de ne pas valider les comptes de campagne des candidats aux élections.

Opération "ports morts"

Par ailleurs, d’autres pans entiers de l’économie font l’objet d’opérations de blocage. Ce jeudi, plusieurs accès à des centrales nucléaires, comme celle de Paluel, Penly et Tricastin, ont été entravés tandis que les dockers poursuivent leur mouvement "ports morts" jusqu’à demain. Enfin, des actes malveillants se multiplient. Selon l’exécutif, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin et celui de l’Économie Bruno Le Maire auraient tous deux reçu des lettres de menaces de mort, l’une d’elles réclamant l’abandon de la réforme. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Six Français sur dix pour un retrait

6 sur 10
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Selon un sondage Elabe pour BFMTV, plus de six Français sur dix (61%) considèrent que le président Emmanuel Macron devrait la retirer plutôt que de s’obstiner.

Cette myriade d’actions reflète un sentiment de rejet grandissant à l’égard de cette réforme. Selon un sondage Elabe pour BFMTV, plus de six Français sur dix (61%) considèrent que le président Emmanuel Macron devrait la retirer plutôt que de s’obstiner. Pour l’heure, cependant, le gouvernement se montre inflexible. Une fois passés en conseil des ministres, les deux projets de loi devraient être transmis à l’Assemblée nationale où les débats débuteront le 17 février, en vue d’un premier vote début mars.

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